Snecma installe un second banc d'essai à l'air libre à Istres

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Sur ce nouveau site - que le motoriste assure être unique en Europe -, Snecma  va pouvoir effectuer des essais sur le moteur LEAP ainsi que sur le démonstrateur Open Rotor (sur la photo).
Sur ce nouveau site - que le motoriste assure être unique en Europe -, Snecma va pouvoir effectuer des essais sur le moteur LEAP ainsi que sur le démonstrateur Open Rotor (sur la photo). (Crédits : Snecma)
Le motoriste aéronautique et spatial a posé ce mardi la première pierre d'un nouveau centre d'essai qui comprendra un banc à l'architecture inédite en Europe ainsi qu'un bâtiment de contrôle. Un investissement - stratégique évidemment - qui s'élève à 15 millions d'euros.

En venant poser la première pierre de son futur centre d'essai sur la base d'Istres, Snecma (groupe Safran) envoie clairement un message sur son positionnement en matière d'innovation technologique. Car ce nouvel équipement est prometteur notamment pour ce qui concerne les moteurs du futur.

Unique en Europe

Installé sur 80.000 m2, l'ensemble comprend un banc d'essai à l'air libre ainsi qu'un bâtiment de contrôle. Si un premier banc d'essai à l'air libre est déjà installé à Istres et a été adapté pour accueillir le Silvercrest, le moteur du futur Falcon 5X de Dassault Aviation, cette seconde installation - que le motoriste assure être unique en Europe - va permettre à Snecma d'effectuer des essais sur le moteur LEAP ainsi que sur le démonstrateur Open Rotor.

Car l'enjeu, ce sont bien les moteurs du futur. Les exigences environnementales et les besoins des compagnies aériennes soucieuses de réduire leurs coûts de carburant représentent un axe de développement tout autant qu'un défi pour les motoristes. Ainsi les moteurs du futur comme le LEAP (développé conjointement par Snecma et General Electric au sein de leur co-entreprise CFM International) qui équipera les nouvelles générations d'avions tels le Boeing 737 Max ou l'Airbus A320Neo, promettent des gains de carburant de l'ordre de 25 % à 30 %.

Mais cela demande des années de maturation, et parmi les architectures actuellement étudiées pour y parvenir figure celle de l'Open Rotor qui sera justement testé sur le nouveau banc d'essai à l'air libre.

L'équivalent de 8 terrains de football

La nouvelle installation - opérationnelle en mai 2016 - est comme l'investissement : plutôt conséquente. En effet, la surface de chantier équivaut à rien de moins que 8 terrains de football tandis que le bâtiment de contrôle occupera 600 m2, pouvant accueillir 45 postes de travail.

La structure porteuse (autrement dit, le pylône) s'élèvera à 18 mètres alors que la plateforme le sera à 15 mètres. Le système sera composé de 3 conteneurs et d'une salle serveur soit environ 1.200 lignes de mesures, 4.500 mètres de tuyaux de mesure de pression et 9.200 mètres de liaison fibre optique. Avec un poids de plus de 100 tonnes, ce nouveau banc permettra grâce à une structure à deux têtes, d'installer des moteurs d'architectures différentes.

L'investissement, donc, n'est pas davantage négligeable puisqu'il s'élève à 15 millions d'euros, soutenu par une Prime d'Aménagement du Territoire venue de l'État alors que la Région PACA et le Département (Bouches-du-Rhône) ont également mis la main à la poche.

150 postes à l'horizon 2020

En prévision de cette nouvelle activité, Snecma a intensifié ses recrutements, faisant passer le nombre de ses collaborateurs de 45 en 2013 à 90 actuellement. Ils seront 150 à l'horizon 2020. Pour Istres et plus largement pour la région PACA, le choix de Snecma d'investir sur la base aérienne provençale est un signal fort de reconnaissance des compétences aéronautiques locales.

D'ailleurs, 40 % des lots liés aux travaux de ce nouveau banc ont été confiés à des entreprises de la région qui seront ensuite impliquées dans la maintenance de ce dernier. En juin dernier, Provence Promotion qui est l'agence de développement économique territoriale, recevait une délégation d'entreprises de l'aéronautique venues d'Allemagne, d'Israël, des Etats-Unis ou encore du Royaume-Uni.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2015 à 17:51 :
qui dit banc d'essai dit moteur et avion alors on peu se réjouir pour notre industrie aéronautique ; poursuivons l'effort !

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