Neuf ans après remporté l’appel d’offres pour la construction d’un parc éolien au large des îles de Noirmoutier et de l’île d’Yeu, la société Emyn lance les travaux d’un site dont la mise en service est programmée pour 2025. D’ici là, le département de Vendée, pionnier des énergies renouvelables et deuxième département touristique français, espère bien que la construction se fera « à la vendéenne »... gage d’acceptabilité locale, selon le président du département.Soixante-deux éoliennes, une puissance de 496 MW (mégawattheures) capable de fournir l'énergie nécessaire à la consommation annuelle de 800.000 personnes et un chantier de construction chiffré à hauteur de 2 milliards d'euros. « Il ne peut y voir un investissement de cet ordre sans retombées économiques pour le territoire Vendéen. Le parc a été accepté à condition qu'il profite aux entreprises vendéennes susceptibles de pouvoir y travailler. Le risque, c'est que l'on nous ignore mais je ne lâcherai rien », prévient Alain Leboeuf, président du Conseil Général de Vendée et de Vendée Energie, SEM de production et de distribution d'énergies renouvelables, entrée pour 0,5% au capital de la société EMYN (Eoliennes en mer Iles d'Yeu et Noirmoutier) détenue par Ocean Winds (Engie et EDPR), Sumitomo corporation, la Banques des Territoires...
« C'est symbolique, concède Alain Leboeuf, mais c'est un moyen d'affirmer l'engagement de la Vendée dans la transition énergétique... et que le projet se transforme en création d'emplois pour les familles vendéennes. C'est mon grand combat ! », défend-il, tapant du poing sur la table quand il fût, un temps, question d'équiper les éoliennes de couronnes chinoises -utilisées pour l'orientation des pâles- quand le fabricant numéro 1 en Europe, Rollix Desfontaines, qui équipe une éolienne sur quatre dans le monde, est présent... en Vendée. « Puisqu'il est implanté en Vendée, ce parc éolien devrait comporter des couronnes vendéennes ! », insiste Alain Leboeuf.
La question immobilière en période estivale
Les négociations seraient en cours, tout comme celles qui se sont poursuivies depuis la convention d'affaires organisée à l'initiative du département vendéen les 6 et 7 octobre dernier, entre EMYN, les fournisseurs de rang 1 (Siemens Gamesa, Jan de Nul group, Eiffage Métal, les Chantiers de l'Atlantique, Demé, Louis Dreyfus Travocean) et les entreprises locales. Cinquante-deux entreprises vendéennes et ligériennes étaient représentées donnant lieu à 136 rendez-vous. Une trentaine d'entreprises vendéennes seraient aujourd'hui mobilisées. Au-delà de la construction du parc, proprement dit, c'est surtout sur les à-côtés, comme l'immobilier, l'hôtellerie, le tourisme et bien entendu la maintenance que la Vendée entend se positionner. « Ma crainte est de savoir comment on va loger 25, 50 ou 100 techniciens et ingénieurs en juillet-août sur l'île Yeu ?», observe Aymeric Foucher, vice-président du cluster Neopolia, en charge de l'éolien offshore qui a déjà essuyé les plâtres sur le parc éolien du banc de Guérande. A l'époque, EDF avait fait appel à l'Acta Auriga, navire de services offshore de 93 mètres affrété par Alka Marine, capable de permettre le transport de matériel, l'hébergement et les services pour plus d'une centaine de personnes. Une solution coûteuse et très sollicitée...