Naissance du 1er site français d'essai en mer pour les énergies marines

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Cable soute René Descartes / Photo FThual.
Cable soute René Descartes / Photo FThual. (Crédits : Photo FThual)
Initié en 2006, le projet Sem-Rev a enfin abouti : le «René Descartes» de France Telecom pose un câble de 24 kilomètres au large du Croisic pour relier la terre à une zone de tests en mer d'un kilomètre carré. Un projet de 14 millions soutenu par la Région pour 9 millions

Encore balbutiante, la filière des Energies Marines Renouvelables bénéficiera très prochainement de son premier site d'essais en mer. Vont pouvoir être testés différents modes de récupération et de transformation de l'énergie de l'éolien flottant à la houlométrie. Ce site d'un kilomètre carré est implanté à 12 miles nautiques au large du Croisic. Dès le 9 mai elle sera relié à la terre avec un câble de 24 km de long et d'une puissance de 8 Megawatt. L'opération est délicate et elle a été confiée à France Telecom Marine : c'est le « René Descartes », l'un des six navires câbliers de la flotte de France Telecom spécialisée dans la pose et la maintenance de câbles sous-marins dans le monde qui s'en est chargé. Livré en quatre tourets de 6 km, le câble a été relié à bord. A terre, un forage dirigé de 340 mètres de long a été réalisé à trente-cinq mètres de profondeur. Il va permettre le passage du câble sous les rochers de la côte sauvage du Croisic. Il assurera également la connexion avec l'unité de transformation de l'énergie et un laboratoire de recherche de 350 m². Le déroulement du câble, l'enfouissement à 1,50 mètres et l'ensouillage, contrôlés par un robot sous-marin, devraient durer un à trois jours, sur une zone interdite à la pêche jusqu'au mois de juillet.

La recherche a un coût prohibitif pour un seul industriel

Initié en 2006, le projet aura mis plus de six ans à aboutir. Piloté par l'Ecole Centrale de Nantes, réputée pour son expertise en hydrodynamique, le projet Sem-Rev (Site d'Expérimentation en Mer de Récupération de l'Energie des Vagues) va offrir un bassin d'expérimentation grandeur nature aux chercheurs, ingénieurs et industriels. Installé sur un espace maritime de 20 km² concédé pour vingt ans par l'Etat, le Sem-Rev peut accueillir jusqu'à quatre dispositifs sur 1 km². « Les techniques sont encore assez méconnues. Et le coût serait vite prohibitif pour un industriel qui devrait mener ses propres recherches », observe Bertrand Alessandrini, chef du projet Sem-Rev à l'Ecole Centrale. Celle-ci s'appuie d'ailleurs sur sa filiale, Centrale Innovation, pour « commercialiser » et mettre à disposition ce nouvel outil.

Comment récupérer l'énergie de la houle

Deux partenariats sont en cours : l'un, porté par SBM (Single Buoy Moorings) Off-shore, société d'ingénierie pétrolière et gazière, qui entend modéliser un système de récupération de l'énergie de la houle et concevoir un prototype. Pour limiter la production de matériel coûteux, celle-ci cherche à mettre au point un système à base de polymères électro-actifs. Inspiré par les recherches menées pour remplacer le muscle, ce nouveau matériau serait utilisé pour la fabrication d'un immense boudin articulé, dont les efforts subis en mer pourraient permettre de récupérer l'énergie. Le second projet, baptisé Winflo, réunit la DCNS, la société Nass & Wind, le CNRS... et doit aboutir à la réalisation d'une éolienne flottante à l'échelle un demi. « Chaque essai devrait durer 18 mois », précise Bertrand Alessandrini. Prévu à l'origine pour une puissance de 2,5 mégawatts, le câble a finalement été conçu pour accueillir une puissance 8 mégawatts. Il répond ainsi à l'engouement vers les énergies renouvelables et aux perspectives de développement économique de cette nouvelle filière industrielle dans la Région des Pays de la Loire.

Un projet de 14 millions soutenu par la Région pour 9 millions

Mené dans le cadre du contrat de plan Etat-Région, le projet SEM-REV bénéficie du soutien de la région des Pays de la Loire (9 millions), de l'Etat (1,6 m) du département de Loire-Atlantique (0,65 m). Les fonds européens Feder ont été sollicités pour 2 millions.Le raccordement électrique devrait intervenir en septembre prochain et les premiers essais industriels démarreront dès 2013. Cerise sur le gâteau, l'électricité produite, une fois transformée et revendue à ERDF, pourrait générer un retour sur investissement de 0.5 à 1 millions d'euros par an.

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Commentaires
a écrit le 29/05/2012 à 14:46 :
Mais il y a bien longtemps qu'un site d'essai est en fonctionnement en Bretagne pour les hydroliennes non ?
a écrit le 10/05/2012 à 11:01 :
Ces gens n?ont que 20 années de retard ! ! ! ! ! Alors franchement il n'y a pas de quoi craner ! ! ! !
a écrit le 07/05/2012 à 21:39 :
C'est mieux ou moins bien que le trottoir électrique ( voir l'article)?
a écrit le 07/05/2012 à 14:31 :
du fait de leur situation géographique avec des hauts fonds intéressants ,les pays de la loire sont bien placés pour ce type d'énergie non polluante.
a écrit le 07/05/2012 à 13:16 :
Excellent ... Tous mes voeux de succès pour tous les tests à venir ... Cela est bien plus plausible et rentable que l'éolien terrestre ou encore le solaire ...
Réponse de le 07/05/2012 à 15:08 :
sans opposer ces sources d'énergies, on pourrait dire que tout est complémentaire et nous permettra de dépendre un peu moins du nucléaire... puis le bon côté c'est que Greenpeace ne pourra pas se poser en deltaplane sur cette installation sous-marine !!!

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