L'Aéroport de Nantes Atlantique franchit la barre des 4 millions de passagers

 |   |  737  mots
(Crédits : Frédéric Thual)
Deux millions de passagers en 2005, trois millions en 2010 et quatre millions cette année. En moins de dix ans, le trafic de l'aéroport Nantes Atlantique a doublé affichant, du même coup, la meilleure croissance des aéroports français. De quoi donner des ailes aux défenseurs de la construction d'un nouvel aéroport à Notre dame des Landes.

Le hasard fait parfois bien les choses. Deux jours après un entretien exclusif accordé au quotidien Ouest-France où le premier Ministre Manuel Valls indiquait "...qu'après l'épuisement d'une série de recours et des décisions de la justice administrative au premier semestre 2015, il faudra alors s'engager dans le construction de l'aéroport Notre Dame des Landes", Nicolas Notebaert, Président de Vinci Airports et président d'Aéroport du grand Ouest vient d'annoncer, avec une certaine satisfaction, que l'aéroport Nantes Atlantique venait d'accueillir son quatre millionième passager. Une augmentation de +6% malgré la grève des pilotes d'Air France.

En moins de dix ans, le trafic passagers aura doublé offrant à la plateforme aéroportuaire nantaise la première place en croissance des aéroports régionaux français très loin devant Bordeaux, Nice, Toulouse, Marseille et Lyon. "Mieux que la moyenne mondiale qui double tous les quinze ans. Et ce, sans cannibaliser l'aéroport Rennes Bretagne lui aussi en croissance (500.000 passagers)", précise Nicolas Notebaert.  Une dynamique due à la multiplication des destinations (87) et des compagnies (Volotéa, Ryanair, Easy jet, Vueling, HOP, Transavia...) passées de 10 à 19 dans le même laps de temps.

En 2014, Nantes Atlantique a vu arriver trois nouvelles compagnies (Tap Portugal, Sun Express et Aegean Ailines) et quatorze nouvelles lignes vers Bastia, Rome, Monastir Athènes, Séville... Plébiscités, depuis 2009, les destinations européennes ont doublé leur trafic. Car, c'est véritablement depuis l'arrivée du low-cost en 2005 que Nantes Atlantique s'est envolé. Aujourd'hui, ce secteur compte pour 44,6%, devant les compagnies régulières traditionnelles (41,9%) et les charters (13.5%), profitant notamment des hubs, comme celui de Vinci Airports au Portugal qui ouvre les portes de l'Amérique Latine.

Au départ de Nantes, les vols internationaux, représentent 10% des passagers. Si les jeunes et seniors sont de plus en plus présents sur les vols, seuls 24% des habitants du Grand Ouest prennent l'avion une fois par an pour leur déplacement. Sur un potentiel de huit millions d'habitants, ils seraient encore 50% à se rendre directement sur les aéroports parisiens. A elle seule, la clientèle d'affaires représente 25% du trafic "passagers.

Un clown triste qui bout...

Si la croissance des mouvements d'avions a fléchi "en raison de l'augmentation de la taille des avions et d'un bon taux de remplissage", justifie le patron de Vinci Airports, ce dynamisme commercial a aussi engendré une organisation plus contraignante avec un fonctionnement 24 heures sur 24 pendant quatre jours par semaine en période estivale.

"Pour optimiser le tarmac, de moins en moins d'avions peuvent venir directement au contact de l'aérogare pour débarquer les passagers, qui sont obligés d'emprunter un bus. Vu le nombre de passagers, ca demande parfois des prouesses techniques", précise Jean-François Gendron, Président de la Chambre de commerce et d'industrie.

Le nombre de jours à saturation est passé de 10 à 80 en deux ans, affectant 14.000 passagers. La suppression de certains vols les week-end aurait impacté le trafic de 1%.

En 2014, Nantes Atlantique aura réalisé un chiffres d'affaires d'environ 60 millions€. Selon l'accord conclu (pour 55 ans) entre le concédant (CCI) et le concessionnaire (Vinci) il y a cinq ans, les bénéfices (environ 10 millions€ /an) sont mis en réserve pour subvenir aux investissements du nouvel aéroport, voulu pour être évolutif. Le président de la CCI affirme :

 "Alors, aujourd'hui, j'ai la mine d'un clown triste. Je boue intérieurement. Il est temps de cesser les débats et les mascarades. Tout a été fait, tout a été dit. Il faut maintenant une action forte de l'Etat. A l'heure où nous atteignons les quatre millions de passagers, à un moment, ça va bloquer..."

D'autant que si Vinci Airports se dit prêt à investir dans un nouvel outil aéroportuaire au nord de Nantes, et même à le redimensionner pour accompagner le dynamisme du trafic aérien, Nicolas Notebaert n'a pas caché qu'il n'avait nullement l'intention de moderniser un outil vétuste devenu inadapté.

"Le site actuel exige des investissements de plus en plus lourds. Les parking ont été étendus autant qu'on le pouvait, les halls d'embarquement sont optimisés, pour le reste, l'environnement est trop contraignant. Aménager les heures creuses et la taille des avions ne suffiront pas pour accompagner la croissance de trafic. On pourra le gérer un ou deux ans, ensuite il faudra rejeter des avions.  Le territoire a besoin de capacité", dit-il.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/01/2015 à 5:47 :
L'institut universitaire, qui emploie 50 chercheurs et dont les programmes seront soutenus par la Région wallonne, vient de prendre ses quartiers sur le site de l'aéroport Notre Dame des Landes La création de ce nouveau centre en immunologie constitue une étape supplémentaire dans le développement du site de l'aéroport Notre Dame des Landes en tant que pôle d'activités biotechnologiques de pointe.
a écrit le 17/01/2015 à 5:43 :
SOCIÉTÉ SOUHAITE POURSUIVRE le développement de ses activités à l'aéroport Notre Dame des Landes de , ce qui pourrait conduire à la création d'un millier d'emplois mais aussi à la multiplication par deux des vols de nuit
a écrit le 03/01/2015 à 22:59 :
"Les parkings ont été étendus autant qu'on le pouvait".
Bizarre à Toulouse pour répondre à ce manque de place ils ont construit 2 parkings en silo (R+6 de mémoire) et le tramway va desservir l'aéroport ...
Ne serait il pas de mettre en place des trains reliant les aéroports de Nantes et Paris (combien de vols sont directs et ça mbien doivent repasser par Paris?)
a écrit le 01/01/2015 à 19:00 :
"Je bous intérieurement" svp.
A moins que vous ne bouilliez la boue.
a écrit le 31/12/2014 à 0:20 :
Le hasard.....de l'article qui fait bien les choses qu'on lui demande . L'auteur devrait jouer au loto.
a écrit le 30/12/2014 à 10:55 :
Les chiffres qui placent l aeroport tres loin devant Bordeaux notamment ... Quelle tromperie cet article . Quand on regarde et compare les chiffres 2012 2013 2014 des deux aéroports , il semble que les chiffres plaident plutôt pour Bordeaux dans le tres loin .. Voilà un article bien orienté pour les entrepreneurs et décideurs locaux et les naïfs qui ne se donnent pas les moyens de comparer vérifier pour ne pas se faire abuser ..
a écrit le 30/12/2014 à 8:47 :
rien à cirer je ne vais jamais dans ce coin.
a écrit le 29/12/2014 à 16:07 :
Qu'est-ce vous nous bassiner avec cet aéroport qui peut encore absorber quelques millions de passagers avec l'accroissement du volume des avions et pour longtemps.
Regardez Genève, aéroport franco-suisse, en ville, une seule piste et 15 millions de passagers en 2014. En comparaison Nantes est est un nain mal géré.
Vous remarquerez que pour augmenter la fréquentation Vinci Portugal et tout Vinci Airports est en action pour gonfler ce volume mais ça ne durera pas car ça a un coût ... alors que l'on vend Toulouse autrement profitable aux Chinois.
OU EST LE BON SENS Messieurs Ayrault et Valls ?
Réponse de le 30/12/2014 à 8:49 :
pour valls, il s'en fout il ne pense qu'à l'Espagne.
a écrit le 29/12/2014 à 14:36 :
Vite, Vinci, venez sauver les nantais !!!
a écrit le 29/12/2014 à 13:02 :
Quels sont les autres aéroports dans la région ? Fonctionnent-ils tous "à plein" ou sont-ils déserts ? Peut-être un problème d'interconnexions (autoroute, rail), dans des "déserts" faute d'aménagements réfléchis et organisés (maillage) ?
Si les plans qu'a vu le Canard (permis de construire) sont exacts, le nouvel aéroport sera plus petit que l'actuel, peut-être mieux organisé pour gérer un flux croissant ? Ça fera 55 ans de revenus à Vinci, ça c'est déjà sûr, le reste n'est que détails mesquins.
Réponse de le 29/12/2014 à 18:10 :
On nous a déjà fait le coup à Angers. L'aéroport de Marcé devait attirer les foules. A part Fillon lorsqu'il était premier ministre, qui le fréquente?
a écrit le 29/12/2014 à 12:18 :
"En 2014, Nantes Atlantique aura réalisé un chiffres d'affaires d'environ 60 millions€. "
La phrase qui démonte tout l'article. Clairement, un nouvel aéroport ne sera donc jamais rentable. Il y a quelques années, il y a eu une hystérie du même type pour un nouveau Roissy. Plus personne n'en parle aujourd'hui.
a écrit le 29/12/2014 à 11:15 :
Combien de centaines de millions d'investissements pour 60 millions de CA? pour promouvoir le low cost dévoreur d'empreintes? non merci..
Réponse de le 29/12/2014 à 12:53 :
J'en ai marre d'aller prendre l'avion à Roissy ou à Orly. Avec les marges nécessaires il faut compter 6 à 8 heures contre 2 heures à Nantes !
Réponse de le 29/12/2014 à 14:07 :
Ne vous enflammer pas, il n'y aura jamais de vol Nantes vers les Pays d'Asie ou du golf arabique et encore moins vers les Amériques à part les quelques qui existent actuellement.
Le futur de l'aviation est vers le les grands Hubs des capitales. (cf les experts de l'aviation)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :