Velco lève 3 millions d'euros pour doper son guidon de vélo connecté

Par Frédéric Thual  |   |  945  mots
(Crédits : DR)
Avec son guidon Wink Bar, Velco ambitionne devenir le leader européen de la mobilité connectée à vélo dans les 3 ans à venir. La start-up nantaise vient de lever 3 millions pour accélérer son développement dans l'hexagone et à l'export.

Avec le recrutement de cinq à six personnes d'ici la fin de l'année, l'ouverture d'un bureau à Cologne, la livraison -enfin- des 3.000 guidons connectés précommandés en ligne, Velco accélère. Auréolé d'une vingtaine de prix (Lépine, Smart City au CES de Las Vegas, Eurobike Awards...) depuis sa création en 2015, la jeune startup nantaise vient de lever 3 millions d'euros au gré d'un tour de table éclectique qui réunit le fonds Go Capital, la holding familiale d'investissement 3Cie, le fonds Pays de la Loire participation, les sociétés d'investissements Neil Venture, Mirai Venture, des membres de Paris Business Angel et des investisseurs privés vendéens proches d'Intersport.

« C'est notamment le fruit des contacts que nous avons pu tisser lors du CES de Las Vegas. Ces prix spécialisés, comme l'Eurobike Awards, dont le salon international est une référence sur le marché du vélo, nous permettent de rencontrer les investisseurs, les fabricants et d'entrer en relation et de signer des contrats avec des marques néerlandaises et allemandes.

Ça facilite l'entrée sur le marché d'une entreprise comme la nôtre, qui cumule les handicaps d'être à la fois jeune et française », indique Pierre Régnier, Président de Velco, fabricant du guidon connecté Wink Bar ; une solution tout-en-un, pensée pour sécuriser la pratique du vélo, grâce à un système de navigation, de géolocalisation, d'éclairage, d'antivol intégré.

 Le boom des marchés de l'Est

Intervenu un an après une première levée de fonds de 550.000 euros en 2017, ce nouvel appel d'air financier doit lui permettre « de réaliser de futurs produits de mobilité pour le vélo et d'autres moyens de transport comme la trottinette, ainsi que lancer les programmes de recrutement nécessaires, notamment de commerciaux pour accélérer à l'international ».

L'entreprise qui emploie quinze personnes à Nantes vient de recruter un directeur opérationnel et un directeur des ventes pour le marché national. Suivra une dizaine d'ingénieurs et de développeurs d'ici à l'été prochain. Hébergée par l'accélérateur nantais le Village by CA, Velco déménagera dans ses propres locaux (siège et R&D) à Nantes en octobre et ouvrira un bureau commercial à Cologne.

« Un moyen de nous ancrer sur le marché allemand et de rayonner vers les pays nordiques, l'Europe centrale et de l'Est où les questions de mobilité et l'utilisation du vélo sont en plein boom », observe le président de Velco, qui ambitionne de devenir le leader européen de la mobilité connectée à vélo, face à d'actifs concurrents allemands et canadiens.

Le BtoB d'abord

« Notre solution est très différente des leurs qui visent essentiellement le retail », dit-il. De fait, si le Wink Bar est commercialisé en ligne (279 euros) et via un réseau d'une cinquantaine de boutiques spécialisées comme l'enseigne Cyclable, Velco a déployé quatre solutions professionnelles ; Velco City à destination des collectivités (Keolis, Transdev, JC Decaux), Velco Delivery pour les services de livraison en ville (La Poste, Deliveroo...), Velco Tour avec des parcours intégrés pour le secteur du tourisme (Tours opérateurs, loueurs de vélos, chaine d'hôtels...) et Velco Product pour les fabricants de vélos (Peugeot, Arcade Cycles...).

« Pour eux, nous avons développé un ensemble de services comme un outil de gestion de flottes, une aide au diagnostic pour la détection de pannes et diminuer les coûts de maintenance ou encore des parcours thématiques, conçus avec des partenaires, pour visiter des lieux en suivant les indications de son GPS. Et, c'est bien à travers ces packages de services que nous comptons assurer notre croissance», détaille Pierre Régnier.

Ceux-ci devraient, à terme, générer plus de 50% du chiffre d'affaires que les associés de Velco préfèrent taire. Avec un retard de quelques mois, la startup finalise aujourd'hui la production des 3000 premiers guidons connectés pré-commandés en ligne. Ils devraient être livrés d'ici à octobre.

Les technos de l'automobile au secours du guidon

« Nous avons rencontré quelques soucis de production, reconnait Pierre Régnier. Car, personne ne savait construire un guidon connecté. Ça ne parait rien, mais insérer de nombreux composants électroniques dans un tube coudé s'avère très compliqué. Le guidon doit être communicant, étanche, solide, robuste, résister à des températures de +50°C et -30°C, etc.

Il met en jeu de nombreuses problématiques et, aujourd'hui, il est beaucoup plus complexe, de concevoir et de monter un guidon connecté que de fabriquer un vélo », reconnait le startuper, qui a dû se rapprocher d'industriels de l'automobile pour parvenir à ses fins et retrouver son cap.

La fabrication du guidon fait appel à quatre entreprises des Pays de la Loire et du centre de la France. Seul le tube en aluminium est importé.

Soutenue et challengée par l'incubateur régional Atlanpole sur les questions de propriété intellectuelle et d'export, Velco a déposé deux brevets, qui seront bientôt internationalisés pour couvrir cinquante pays (Europe, Chine, États-Unis, Corée, Canada...).

« Aujourd'hui nous sommes en train de conclure des partenariats avec des fabricants français et étrangers, notamment en Allemagne et Hollande, pour monter les Wink bar de série, ce qui nous assurera rapidement une couverture européenne.»

Velco, qui ambitionne de réaliser un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros en 2019, dont 70% à l'export, devrait dès l'an prochain lancer la production de 27.000 guidons connectés pour la France, la Suisse, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas, où des accords de distribution ont été passés avec un grossiste.