Proximea lance sa plateforme de crowdfunding régional avec la start-up 10-vins

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De gauche à droite :  Bruno Pain, directeur général de Crédit Maritime Atlantique; Olivier de Marignan, directeur général de Banque Populaire Atlantique; Antony Priou, investisseur; Ulric Le Grand, dirigeant de Proximea; Thibaut Jarrousse, co-fondateur de 10-Vins; Luis Da Silva, co-fondateur de 10-Vins; Jérôme Pasquet, co-fondateur de 10-Vins.
De gauche à droite :  Bruno Pain, directeur général de Crédit Maritime Atlantique; Olivier de Marignan, directeur général de Banque Populaire Atlantique; Antony Priou, investisseur; Ulric Le Grand, dirigeant de Proximea; Thibaut Jarrousse, co-fondateur de 10-Vins; Luis Da Silva, co-fondateur de 10-Vins; Jérôme Pasquet, co-fondateur de 10-Vins. (Crédits : Arnaud Briand)
Avec sa plateforme de crowdfunding, Proximea veut faire des particuliers des business angels prêts à investir en capital. Filiale de la banque populaire Atlantique, elle s'apprête à lancer sa première campagne voulue pour financer l'industrialisation du concept D-Vine Gravity imaginé par les trois fondateurs de la startup 10-vins.

"On n'a pas envie que cela se passe dans la Silicon Valley, mais plutôt ici dans l'Ouest...", explique Ulric Le Grand, un jeune entrepreneur, salarié de la Banque Populaire Atlantique qui a convaincu sa direction de fonder Proximea, la première plateforme régionale de financement participatif en capital dédiée aux entrepreneurs de Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée, Morbihan et Finistère.

Cette plateforme doit permettre à des projets prometteurs de startups ou de jeunes PME industrielles d'engager des levées de fonds de 150.000 euros à 1 million d'euros dans les domaines du transport, de l'énergie, de la santé, de l'immobilier ou... du vin.

"En France, on aime bien les entrepreneurs... mais c'est un peu comme les enfants: on aime bien les voir jouer dans le bac à sable, or, quand il en sortent, c'est plus gênant. Eh bien, nous, nous allons les aider à sortir du bac à sable", observe le créateur de Proximea.

Celui-ci a bénéficié d'un budget de 200.000 d'euros pour développer sa structure comme une véritable startup au sein de la Banque Populaire Atlantique, tout en étant filiale à 100% de cette dernière.

"Nous avons voulu une structure à l'échelle des startups et non un gros système industriel qui écrase tout. Avec Proximea, on retrouve l'esprit des débuts de la Banque Populaire, lorsque quelques entrepreneurs se mettaient autour de la table pour financer d'autres entrepreneurs", souligne Olivier de Marignan, directeur général de la Banque Populaire Atlantique, qui entend ainsi "mieux comprendre l'univers des startups qui fait trembler le monde l'entreprise. La Banque n'est pas un secteur protégé. Nous sommes une société de services, une société de plus en plus dématérialisée, et Proximea va participer à l'évolution de notre modèle et nous mettre un  pied en dehors du bac à sable..."

Un verre de vin toutes le 45 secondes

Fraîchement habilitée par la l'AMF (l'Autorité des marchés financiers), Proximea ambitionne de mener trois projets en 2015 pour un montant global de levée de 1,5 million d'euros.

Le plus mûr d'entre eux concernent la jeune société nantaise 10-Vins qui commercialise du vin au verre conditionné en flacon, à l'image de ce que d'autres font pour le café.

"Le format de la bouteille n'est plus vraiment adapté à l'évolution des modes de vie. Aujourd'hui, les gens ne mangent pas forcément tous la même chose, pas forcément tous en même temps", plaide l'un des concepteurs.

Ex-ingénieurs de formation dans une entreprise française de cosmétiques, Thibault Jarousse, Jérôme Pasquet et Luis Da Silva ont définitivement abandonné l'univers des parfumeries pour asseoir le concept de 10-vins et lancer l'industrialisation de la D-Vine Gravity. Plus qu'un simple distributeur, l'appareil, doté d'un système de nettoyage, est capable de servir un verre de vin rouge ou de vin blanc, aéré et à la température adéquate, en moins d'une minute.

Pour le trio, lancé par la Start-Up Factory à Nantes en 2012, incubé par HEC Paris, soutenu par Atlanpole, l'école de commerce et management Audencia, l'école Centrale et le laboratoire ABMI qui a validé le modèle thermique et le process industriel, il aura fallu près de deux ans de recherche, la mise au point de quinze versions, démontrer qu'il y avait un marché et finaliser le business model. Objectif : un chiffre d'affaires de 400.000 euros en 2015 et 1 million d'euros l'année suivante, contre 140.000 euros en 2014.

Concocté avec l'œnologue et restauratrice nantaise Béatrice Dominé, le catalogue devrait rapidement passer de 30 à 50 références. Chaque flacon est commercialisé de 2 à 16 euros. En deux ans, 10-Vins a convaincu 3.500 clients dont 40% à Paris. Destiné au marché des particuliers, le concept du vin au verre cible une clientèle plutôt féminine, urbaine et CSP+.

Concept store et export

"C'est un long travail d'évangélisation", reconnaît Jérôme Pasquet, l'un des co-fondateurs encouragé par deux premières levées de fonds de 250.000 euros en 2013 et 1 million d'euros en 2014. Lancée sur le site de financement participatif européen Ulule, une troisième levée de fonds a permis de décrocher 40.000 euros en quatre semaines (à comparer aux 15.000 euros escomptés) pour assurer la pré-industrialisation du modèle.

Cette fois, pour poursuivre l'aventure et lancer l'industrialisation de la D-Vine Gravity, 10-Vins entend lever de 600.000 euros à 800.000 euros via la plateforme de crowdfunding Proximea. Lancée dans les prochains jours, cette campagne devrait durer 30, 60 ou 90 jours avec des prises de participation minimales de 2.000 euros.

A l'instar du modèle américain, 10-vins vient d'ouvrir un concept store dans le quartier de l'île de Nantes sur une trentaine de mètres carrés, pour joindre le geste à la parole. Un second doit ouvrir très prochainement à Paris, puis un troisième à Londres. Car l'ambition de 10-Vins est bien d'aller prendre pied, d'une manière ou d'une autre, en dehors des frontières nationales. "En Grande-Bretagne, en Belgique et aux Etats-Unis...", projette Jérôme Pasquet.  Qu'importe le flacon...

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