Le low cost espagnol redonne espoir à l'aéroport de Grenoble

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L'aéroport low cost de Grenoble est vide les deux tiers de l'année.
L'aéroport low cost de Grenoble est vide les deux tiers de l'année.
Alors que l'aéroport low cost isérois vient d'être placé par le conseil général sous la menace d'un arrêt de ses subventions, la compagnie aérienne Volotea annonce l'ouverture de deux lignes intérieures. Un plan qui fait partie de la desserte de 12 capitales régionales

Enfin une bonne nouvelle pour l'aéroport de Grenoble Isère. La toute jeune compagnie low cost Volotea vient d'annoncer l'ouverture de deux liaisons, les mercredi et samedi, avec Bordeaux et Nantes, à partir du 8 décembre. Une nouveauté pour cet aéroport dont l'activité commerciale se résume au trafic saisonnier lié aux sports d'hiver : 340 000 passagers transportés depuis l'Europe du nord (essentiellement le Royaume-Uni) vers la capitale alpine du 15 décembre au 15 avril. Avec une fréquentation en baisse (le départ de Ryanair a fait perdre à l'aéroport quelques 150 000 voyageurs), cet aéroport sans ligne intérieure est quasiment à l'arrêt pendant huit mois. Il vit depuis plusieurs années grâce aux subventions accordées par le conseil général de l'Isère qui tient à sauvegarder les 300 emplois (700 avec ceux induits) en haute saison. En 2011, la collectivité a versé 2,8 millions, dont 1,5 millions à l'exploitant, la Seagi, filiale de Vinci Airports. Alors que le conseil général vient de voter un dernier sursis de trois ans à l'aéroport pour relancer l'activité du site, notamment l'été, l'arrivée de Volotea constitue le premier espoir de voir se développer des lignes pérennes. « Nous ne visons pas uniquement les amateurs de sport d'hiver mais une clientèle beaucoup plus large, d'affaires et de tourisme. Notre objectif est de répondre à des demandes non satisfaites au départ de capitales régionales », explique Edo Friart, responsable du développement de Volotea France.


Volotea veut pérenniser 36 lignes entre 12 capitales régionales


Des vols intérieurs entre Grenoble et Bordeaux, l'aéroport de Grenoble en a déjà connu en 2003. Ils étaient effectués par Buzz et se sont arrêtés rapidement, après que Ryanair ait racheté Buzz. « La fréquentation était satisfaisante avec des taux de remplissage de 60% à 70%. Si la ligne a été arrêtée, c'est parce qu'elle ne correspondait pas à la stratégie de Ryanair » affirme Edo Friart. Reste qu'en neuf ans, aucune autre compagnie ne s'est risquée sur ce créneau. « Relier les capitales régionales par des vols directs » est précisément le marché visé par Volotea. Carlos Munoz, héritier d'une riche famille ibérique, et Lazaro Ros, les deux créateurs de cette compagnie espagnole en 2011, ne sont pas des inconnus. Ils avaient déjà fondé ensemble en 2004, Vueling Airlines, aujourd'hui troisième compagnie low-cost européenne en nombre de passagers, revendue en 2008.

Tous les vols devront être équilibrés

Une expérience qui a su convaincre deux fonds d'investissement espagnols (Axis Participaciones Empresariales et Corpfin Capital) et le fond américain CCMP Capital Advisors qui détiennent ensemble 74% du capital de Volotea aux côtés des fondateurs. La compagnie qui inaugurait le 5 avril 2012 à Venise, sa première base européenne et son premier vol, a depuis mis les bouchées doubles. Volotea qui détient neuf Boeing 717 de 125 sièges, a annoncé l'ouverture d'ici la fin de l'année de 84 lignes au départ de 55 aéroports. En France, 36 lignes desserviront 12 aéroports (vingt sont déjà opérationnelles), à partir de sa base de Nantes, également exploitée par Vinci Airports. « Pour Grenoble, nous allons prendre le temps de voir comment la demande répond à l'offre, explique Edo Friart. Il faudra que les vols soient équilibrés ». En clair, il n'est pas question que les avions ne transportent que des amateurs de ski de l'ouest de la France, et que les avions repartent à moitié vide de l'aéroport isérois. Ce sera la condition pour pérenniser les lignes toute l'année.
 

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Commentaires
a écrit le 09/07/2012 à 16:43 :
Aéroport cherche Nantais aimant les noix et Grenoblois appréciant les biscuits LU, pour échanges 'low cost'. Ecrire au journal qui transmettra. Après les chateaux en Espagne, les Boeings ?

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