Le département du Rhône et le Grand Lyon annoncent leur mariage pour créer une eurométropole

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Gérard Collomb, sénateur-maire de la capitale des Gaules et président du Grand Lyon. Copyright Reuters/Gonzales Fuentes
Gérard Collomb, sénateur-maire de la capitale des Gaules et président du Grand Lyon. Copyright Reuters/Gonzales Fuentes (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le président du Grand Lyon et le président du Conseil général du Rhône ont décidé de partager le département en deux, pour faire émerger une eurométropole. Une décision politique prise dans la discrétion, sans phase de concertation, et qui laisse entière la question de la répartition des actifs et des passifs.

« Ce que nous avons décidé de faire marquera la France », se félicite Gérard Collomb, président du Grand Lyon et du pôle métropolitain. Le sénateur-maire souhaite construire une métropole d'intérêt européen : « Le problème de Lyon n'est pas de se comparer aux autres grandes villes françaises, mais bien aux métropoles européennes ». Un projet patiemment mûri et concrétisé pas à pas depuis de nombreuses années, comme en témoignent quelques initiatives fédératrices telles l'Inter-Scot ou la Conférence des maires. Désormais, c'est Michel Mercier, le président du Conseil général du Rhône, qui donne à Gérard Collomb les moyens de franchir une dernière étape.
En effet, les présidents du département et du Grand Lyon ont décidé de saisir l'opportunité de la réforme en cours en matière de décentralisation pour « aller plus loin »... et plus vite. En juin 2013, date à laquelle devrait être promulguée la loi permettant de créer cette nouvelle collectivité territoriale, Grand Lyon et le département devraient être en ordre de marche pour ne faire plus qu'un à l'intérieur des frontières d'une communauté urbaine qui concentrera 80 % des habitants du Rhône. Sur ce territoire, l'ensemble des compétences du Conseil général ira donc à la nouvelle métropole.

Opération quasi invisible pour les contribuables

« Le département du Rhône subsistera au-delà des limites du Grand Lyon. Ce qui reste représente un peu plus que le département de la Savoie, autant dire que cet ensemble est totalement viable », assure Michel Mercier. L'objectif des élus rhodaniens est de parvenir à concrétiser leur projet à horizon de juin 2014, lors des prochaines élections municipales. « Il faut aller vite. Si nous nous engluons dans des discussions qui traînent, ce projet ne se fera pas », martèle le président du Grand Lyon.
Cela suppose toutefois de parvenir à se répartir les actifs depuis 2014, mais aussi le passif. « Nous allons mettre en place un groupe d'étude et une commission chargée de définir des grilles de répartition », promet Gérard Collomb. Sur le volet politique, les conseillers généraux élus sur le territoire du Grand Lyon, disparaîtront au profit de conseillers communautaires élus lors des prochaines élections de juin 2014.
Dans la pratique, sur le périmètre métropolitain, les attributions du Conseil général (aide sociale, petite enfance, collèges, etc.) et les personnels qui y sont attachés seront basculées vers la métropole. Une opération quasi invisible pour les contribuables de ce territoire, puisque les deux acteurs du projet sont également favorables à un maintien des taux de fiscalité.

 

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Commentaires
a écrit le 06/12/2012 à 10:00 :
ben voila une idée qu'elle est bonne
a écrit le 05/12/2012 à 14:28 :
Mais Guignol n'aura demain plus rien à lire car, jusqu'à présent, sa boîte aux lettres (puis ses chaussures à faire sécher) étaient bourrées par les revues dithyrambiques de la ville, de l'aggglo, du département, de la région, voire d'autres à la distribution plus confidentielle, mais toutes financées par ses impôts.
Réponse de le 05/12/2012 à 16:47 :
rassurez-vous l'administration socialiste de gerard collomb a un gout prononcé pour la com.
a écrit le 05/12/2012 à 13:05 :
Vive les usines à gaz administrative à la française !. Supprimons vite tous ces départements et sous-préfectures qui datent de Napoléon. Supprimons aussi ces conseillers généraux et leurs administrations. Il faut réduire le millefeuille français à son expression la plus simple : une région et un président de région avec des missions bien définies et moins de planqués qui dorment bien au chaud et qui expliquent nos niveaux d' imposition délirants.
Réponse de le 06/12/2012 à 21:59 :
Je suis fonctionnaire territorial, depuis 30 ans au service public. Je ne connais personne qui dorme chez nous et ça fait déjà un bon moment que les effectifs et moyens sont optimisés afin de faire plus et mieux.
Les élus de tous bords et les cadres de la fonction publique ont pleinement conscience des nécessités d'économies..réduisant ainsi autant que possible le recours à l'emprunt et l'accroissement de la pression fiscale.

Ça fait un moment que les fonctionnaires ne sont plus des nobles fainéants qui sous-louent leur charge ou des ronds de cuir.

Nous vivons au XXIeme. Il faut arrêter les stéréotypes courtelinesques Monsieur.
Courtoisement.
a écrit le 05/12/2012 à 10:25 :
C'est une excellente idée et cela va permettre d'engager au moins 10-20'000 nouveaux fonctionnaires afin de gérer cette nouvelle structure. Par la même occasion cela va faire diminuer le chômage pour autant.
Reste juste le petit détail du coût, mais l'Etat va sûrement payer.
Réponse de le 05/12/2012 à 16:44 :
si j'ai bien compris c'est l'inverse: actuellement les fonctionnaires du grand lyon(qui existent déja) gèrent des actions qui seront élargis aux competences des fonctionnaires du departement qui disparaissent. Il y a donc disparition d'une tranche du mille feuille administratif pour les habitants du grand lyon qui perdent leur departement.
Réponse de le 06/12/2012 à 22:18 :
Non. Les agents du grand Lyon ne gèrent actuellement pas les missions qui relèvent du Département sur le territoire de l'agglomération. La Protection Maternelle et Infantile par exemple entre autres.
Cela signifie que certains agents départementaux devraient changer de "patron"
Autre corollaire possible... Quelques économies d'échelles et de R. H ??
a écrit le 05/12/2012 à 7:36 :
Initiative intéressante, meme si on ne sait pas exactement quels seront les nouveaux pouvoirs du Grand Lyon. De plus, la non continuite géographique du Grand Lyon (Givors continue d'etre isolée) risque d'etre un probleme sur la question des transports. Pour compléter l'article, il faut préciser que ce transfert de compétences va se faire au prix (très) fort puisque Michel Mercier (président du CG69) a, en échange, demandé au Grand Lyon de récupérer le gouffre financier du musée des confluences...
Réponse de le 09/12/2012 à 9:11 :
limites de cette europole?

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