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Et la lumière fut... intelligente et économique

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Le métro de Lyon a déjà fortement réduit sa consommation d'énergie grâce aux LED de Diffuselec. Des économies qui pourront être trois fois plus importantes avec les LED intelligentes. / DR
Le métro de Lyon a déjà fortement réduit sa consommation d'énergie grâce aux LED de Diffuselec. Des économies qui pourront être trois fois plus importantes avec les LED intelligentes. / DR (Crédits : DR)
Soutenu par l'Ademe, le projet SmartLight permettra, d'ici à 2015, à la PME lyonnaise Diffuselec de mettre sur le marché une nouvelle gamme d'éclairage LED, communicant et intelligent. Visite dans les coulisses d'un projet de recherche qui réunit PME, ETI et laboratoires publics.

Vous traversez un parc public à vélo en pleine nuit. À votre approche, les lampadaires s'allument pour éclairer votre chemin et s'éteignent comme par magie après votre passage. Quand vous êtes le dernier à quitter le bureau, le détecteur de mouvement déclenche l'extinction des feux...

Pour rendre réalisables ces scénarios qui permettent d'éviter les gaspillages d'énergie, le projet de recherche SmartLight vise à concevoir des systèmes d'éclairage bourrés de capteurs (luminosité, mouvement) et d'antennes de communication sans fil. À la clé, des produits qui devraient être commercialisés d'ici à environ douze mois.

Serge Miltcheff, fondateur en 1978 et toujours PDG de Diffuselec, PME de 160 personnes et 11,4 millions de chiffres d'affaires (2012), a misé sur les produits d'éclairage LED voici sept ou huit ans. Et il a déjà permis à ses clients - des chaînes de restauration, des concessionnaires automobiles, des collectivités locales ou encore le métro de Lyon - de réaliser des économies d'énergie substantielles.

« Les LED ont déjà divisé la consommation par cinq ou six, mais avec l'intelligence embarquée on va encore la diviser par trois ou quatre, assure-t-il. Le marché de l'éclairage intelligent représentera entre 15 et 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires très rapidement. Car pour le commerce et l'industrie, l'éclairage est souvent le deuxième poste de dépense" ! »

Après une première collaboration avec le CEA-LETI (Laboratoire d'électronique de technologie de l'information), l'entrepreneur s'est de nouveau tourné vers l'établissement de recherche pour concevoir un démonstrateur, une première phase indispensable, grâce à 170 000 euros de subventions de Bpifrance.

« Nous venions de créer la plate-forme Pepite pour répondre aux besoins de réactivité des PME et concevoir des démonstrateurs qui leur permettent de convaincre des investisseurs pour aller plus loin, explique Céline Soubeyrat, responsable des partenariats avec les industriels au CEA-LETI. Des ingénieurs font l'interface entre les compétences de nos chercheurs et les besoins de l'entreprise. On l'aide à faire les bons choix. »

En quelques mois, la faisabilité est établie.

Des partenaires partout en France

Mais là, ce n'est pas encore gagné, car encore faut-il trouver les financements pour aller plus loin. Serge Miltcheff décide de répondre à un « appel à manifestations d'intérêt » lancé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui lui alloue au final 2,6 millions d'euros, dont 800.000 euros de subventions et le reste en avances remboursables.

« Il n'y a que l'État pour financer de telles sommes. C'est un dossier très épais qui prend dix-huit mois d'instruction. Nous n'avons reçu l'accord définitif qu'en septembre 2013, mais nous nous étions déjà lancés car on ne pouvait pas attendre. »

Officiellement, Diffuselec, qui met presque 5 millions d'euros de sa poche dans Smart-Light, est le coordonnateur du projet. Le CEA-LETI et deux autres industriels y apportent leurs compétences pointues. Basé à Grenoble, le CEA-LETI, avec sa puissance de feu de 1.700 collaborateurs, est chargé du capteur de luminosité, de la miniaturisation des antennes de communication radio, des interfaces logicielles et des algorithmes, véritable intelligence des futurs luminaires. Adwave, une entreprise bretonne de cinq personnes, apporte sa connaissance de ZigBee, un standard de communication sans fil créé pour les applications domotiques qui demandent de transmettre de petites quantités de données. Initié voici plus de treize ans par une alliance de grands fabricants, ZigBee commence tout juste à se déployer.

« L'avantage de ZigBee est de pouvoir installer des réseaux importants de 50 ou 100 capteurs. ZigBee est comme l'abeille qui butine et ramène toutes les données », explique Olivier Deniel, le gérant d'Adwave.

Gros projet qui représentera 30 % du chiffre d'affaires de la PME cette année, Smart-Light est aussi une opportunité pour Adwave d'élargir ses compétences dans le luminaire et de aborer intensivement avec un gros laboratoire public.

Enfin, Lacroix Electronics Solutions, une entreprise de plus de 2 000 personnes basée dans le Maine-et-Loire, se charge de la mécatronique, l'alliance de la mécanique et de l'électronique qui définit l'architecture du produit.

« Pour la fixation au plafond par exemple, il fallait un dispositif novateur qui puisse s'installer d'une main avec une tolérance assez large pour la taille ou la forme du trou car l'installateur ne peut pas tout refaire », explique Jacques Girard, responsable mécatronique chez Lacroix, qui a conçu la coque plastique des luminaires en prenant en compte encombrement et dissipation thermique. « Nous sommes au milieu du gué. Grâce à des tests en cours, nous récoltons des conclusions à intégrer dans le cahier des charges, qui servira à développer le produit final. »

Les partenaires se rencontrent pour des réunions jalons tous les trimestres. Pour le reste, des points téléphoniques hebdomadaires permettent de résoudre les problèmes au fil de l'eau.

« Nous avons passé toutes les phases de qualification et nous sommes aujourd'hui en phase de présérie », résume Serge Miltcheff.

La premièren usine ouvrira dans l'Ain en 2014

La phase d'industrialisation doit encore régler quelques questions, optimiser les coûts, établir le process de fabrication et aboutir à la certification d'une gamme de quatre luminaires intelligents.

« D'ici à la fin 2014, nous lançons la construction d'une usine dans l'Ain qui servira de site de production avec une chaîne dédiée à ces produits, de showroom et de centre de formation pour nos clients sur le marché international. »

Les clients de Diffuselec ne prennent pas leur décision du jour au lendemain pour des contrats qui peuvent représenter 150.000 euros pour la rénovation d'un système d'éclairage. Les équipes commerciales de Serge Miltcheff ont commencé l'indispensable travail d'évangélisation pour les convaincre d'investir dans un produit novateur.

Si Diffuselec vise d'abord les marchés publics et privés du tertiaire et de l'industrie, tant dans la construction que dans la rénovation, la société estime que les particuliers emboîteront le pas sous l'effet de la nouvelle réglementation thermique en vigueur depuis le 1er janvier 2013 pour le marché résidentiel. La révolution des LED intelligentes est en marche.

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Commentaires
a écrit le 16/12/2013 à 11:43 :
Mes Leds de luminaire, en culot G4, j'en ai pas trouvé en France. Est-ce normal ?? Pas encore porteur (trouvées en Chine). Les fluocompactes, c'est un intermédiaire, pas une solution "stable" (tube en verre, revêtement fluorescent (permettant d'ajuster la couleur), tracicules de mercure pour l'amorçage). Je me demandais si quelqu'un a essayé de faire le calcul des économies entre la moindre consommation et le prix/durée de vie des fluocompactes ?? La réduction de l'énergie consommée est intéressante, surtout pour le producteur, car il cumule les énergies de chacun, quand on a 30 millions de foyers, 100W de moins, ça économise presque un réacteur (ai pas fait le calcul).
Les Leds, elles consomment encore moins mais devraient durer tellement longtemps qu'une fois vendues, elles feront presque une vie. Il est donc utile de ne pas les considérer uniquement au rang d'ampoule "banale". Les lampes frontales à Leds, quand on regarde de près, le niveau de puissance lumineuse est réglé par des trains d'impulsions plus ou moins fréquentes, ou longues. Ça économise les piles, et permet de faire léger (Led vigoureuses).
Réponse de le 16/12/2013 à 17:10 :
Sans calcul, la durée de vie des ampoules LED est bien INFERIEURE à celle des ampoules Fluocompactes car les LED sont des diodes polarisées or les ampoules du commerce (vu sur Philips) ne disposant d'aucun circuit redresseur, le courant alternatif (cf. réseau EDF) est passant pour la moitié des LED seulement d'où lorsque la moitié des LED (en série) sont grillées, l'ampoule se transforme alors en feu clignotant donc inutilisable. Les LED n'ont d'intérêt que pour une source continue tel que dans une lampe frontale ou des appareils portatifs. Pour l'éclairage domestique, la conception est à revoir!
Réponse de le 15/01/2014 à 5:53 :
@ Michel.

mon led Philips dispose d'un circuit redresseur qui transforme le secteur en courant continu de faible tension.

Pour la duree de vie, les leds ne durent pas eternellement etant donne que leur vie depend du circuit electronique de commande qui est fragile, si celui ci pete, autant jeter toute la lampe vu le cout de reparation. De plus, les leds mal refroidis perdent tres vite leur intensite lumineuse.
a écrit le 16/12/2013 à 7:19 :
Article magistral. Des comme celui-là, on en redemande.
a écrit le 14/12/2013 à 14:09 :
Dans le monde, l'éclairage consomme plus d'électricité que la production réunie de toutes les centrales nucléaires.

L'éclairage consomme 3400 TWh d'électricité par an.
Les centrales nucléaires ont produit 2500 TWh en 2011.

Il y a un gros potentiel d'économie d'énergie avec l'éclairage.
a écrit le 14/12/2013 à 1:20 :
Excellent article, un grand merci à Isabelle Boucq ! Tous les secteurs de l'électricité ont encore de nets progrès potentiels possibles et çà avance donc il faut en parler.
a écrit le 13/12/2013 à 19:02 :
Quand on demande simplement de nous éclairer on nous impose un superflue qui obscurcie notre horizon! .
a écrit le 13/12/2013 à 19:00 :
Quand on demande simplement de nous éclairer on nous impose un superflue qui obscurcie notre horizon .

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