Le solaire, une chance pour la planète et l'économie

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« On peut distribuer l'énergie solaire uniquement là où elle est nécessaire », André Joffre, fondateur du bureau d'études Tecsol.
« On peut distribuer l'énergie solaire uniquement là où elle est nécessaire », André Joffre, fondateur du bureau d'études Tecsol. (Crédits : DR)
De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance s'est lancé le défi de mener une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, du point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective en mode projet, pilotée par les collaborateurs Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L’un des sujets stratégiques récemment traité est l'autoconsommation énergétique. Focus sur l'un de ses promoteurs, André Joffre, qui a de l'énergie à revendre !

Cela fait 40 ans qu'André Joffre, fondateur du bureau d'études Tecsol, se bat, avec une équipe de 40 ingénieurs, pour l'énergie solaire, dans l'Hexagone et en outre-mer. Et aujourd'hui, il voit la lumière au bout du tunnel. « Il y a encore dix ans, on me disait, dans les ministères, que l'énergie solaire n'était qu'un 'gadget'. Aujourd'hui, je contribue au plan de relance élaboré par les autorités, qui va de pair avec un plan climat ! », s'exclame-t-il.

Il envisage déjà une « Gigafactory » de panneaux solaires sur le sol français. En effet, selon la feuille de route publiée par le gouvernement, le marché de l'énergie solaire devrait être multiplié par quatre dans la décennie à venir. Pour l'heure, les panneaux sont en majorité fabriqués en Chine, « mais les usines y sont largement robotisées, souligne ce spécialiste. L'argument du coût de main d'œuvre moins élevé que chez nous n'a plus lieu d'être ». Conscients des ambitions du Green New Deal européen et des contraintes éventuelles, comme une taxe carbone sur les importations des pays hors Union, les groupes chinois commencent d'ailleurs à s'implanter directement en Europe, en nouant des accords avec des industriels locaux. À une réappropriation industrielle s'ajouteront donc des emplois, même indirects, en Europe...

L'opinion publique soutient la dynamique qui se met en place pour sauver la planète. Selon le dernier baromètre d'OpinionWay pour Qualit'EnR, (l'association pour la qualité des énergies renouvelables), 97% des Français encouragent le développement d'au moins une filière d'énergie renouvelable. Et 87% se disent prêts à engager des actions individuelles pour contribuer à la transition écologique. Certes, l'autoconsommation énergétique implique un changement d'habitudes. « Mais lorsqu'on m'objecte que l'énergie solaire, et les énergies renouvelables en général, sont 'intermittentes', je réponds qu'en fait, elles sont variables, souligne le dirigeant de Tecsol. C'est en journée que l'énergie solaire produit, mais ne vit-on pas davantage en journée ? ». Demain, sur les toits des maisons individuelles, mais aussi logements collectifs, des usines et des bureaux, les panneaux solaires pourraient fleurir.

Distribution grâce à la blockchain

« Et l'on peut distribuer l'énergie solaire uniquement là où elle est nécessaire », poursuit André Joffre. Ainsi, à Prémian, une petite commune de l'Hérault, l'électricité générée par l'installation solaire municipale conçue par Tecsol est envoyée à la poste, au boulanger, aux écoles, via le réseau public. La technologie de la blockchain permet de mesurer la contribution solaire. « Avec le digital, nous savons même différencier, sur le réseau, ce qui vient du nucléaire et ce qui relève du solaire », s'émerveille cet optimiste. Et il compte bien utiliser ce succès - et d'autres, comme vitrine pour convaincre des bienfaits de l'autoconsommation énergétique.

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