Les femmes au coeur de la crise sont la solution et seront au coeur de la relance pour construire le monde d’après

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De gauche à droite : Afua Osei (She Leads Africa), Aline Muylaert (CitizenLab), Jacqueline Mukarukundo (Wastezon), Karen Vernet (Printemps.com), Vanessa Moungar (Banque Africaine de Développement), Anastasia Mikova (Film Woman).
De gauche à droite : Afua Osei (She Leads Africa), Aline Muylaert (CitizenLab), Jacqueline Mukarukundo (Wastezon), Karen Vernet (Printemps.com), Vanessa Moungar (Banque Africaine de Développement), Anastasia Mikova (Film Woman). (Crédits : JFD)
TRIBUNE - Face à la crise du Covid-19 et les mesures de confinement induites, le numérique s'est révélé au grand jour comme un outil essentiel à nos écosystèmes. Un outil pourtant inégalitaire : seulement 33 % des femmes occupent un poste dans le secteur. Accélérer la place des femmes dans le digital est le combat de Delphine Remy-Boutang *fondatrice de l'agence The Bureau et de la Journée de la Femme Digitale, Présidente GEN France. Pour La Tribune, elle revient sur cette 8e édition bien particulière de la JFD et révèle les lauréates du Prix Margaret

Voilà plusieurs semaines que plus de la moitié de la population mondiale est confinée. Si le digital était déjà initialement perçu comme un essentiel de la vie moderne, cette situation exacerbe sa portée. Il nous permet de nous informer, de maintenir le lien social, de nous occuper, de nous faire bouger, de télétravailler. Dans ce contexte, et au-delà de nos vies quotidiennes, le numérique est aussi une source d'espoir pour une gestion plus efficace de la pandémie : détection des foyers infectieux, anticipation des besoins en équipement sanitaire, recherche de traitement et tests de molécules. Pour demain, alors que nous préparons un déconfinement assombri par la menace d'une crise économique, le digital est également une solution pour redynamiser l'emploi et bâtir un monde plus juste. Si ce domaine est malheureusement encore peu préempté par les femmes, certaines font déjà bouger les choses et sont prêtes à emporter une nouvelle génération dans leur sillage : la génération JFD.

Le digital a besoin des femmes et inversement !

Après plusieurs mois d'arrêt, la reprise économique mondiale sera le grand objectif de l'après confinement. Si le digital est déjà un acteur important de nos économies modernes, il devrait, demain peut être encore plus qu'hier, représenter un outil majeur pour tenir tête à la crise.  Il faut avoir à l'esprit qu'en France, 80 000 emplois étaient déjà à pourvoir dans le secteur du numérique et que les entreprises de la « tech » devaient créer 10% des emplois en France cette année (1). Il est donc évidemment crucial de permettre à tous ceux qui le souhaitent de se former et d'accéder à ces emplois, d'encourager le développement de nouveaux business et de contribuer à la consolidation des startups déjà lancées. Un bémol cependant, la moitié de la population mondiale est tenue à l'écart de ce puits d'innovation. Dans le secteur du numérique, les femmes n'occupent que 33% des emplois et l'on compte seulement 25 % des diplômées dans les domaines liés aux TIC (2). L'intelligence Artificielle, dont le grand public entend beaucoup parler comme la technologie qui a « annoncé » la pandémie et qui contribue à la recherche de remèdes, est également peu inclusive : seuls 12% des leaders dans le domaine du machine learning sont des femmes (3). Enfin, la part des startups dirigées ou co-dirigées par des femmes stagne(4) (10% en France). Pourtant, une étude de 2013 affirmait que plus de femmes dans le numérique augmenterait le PIB européen de 9 milliards d'euros (5). Le continent africain compte le taux de femmes entrepreneures le plus important à l'échelle mondiale (27%) (6). Elles sont néanmoins peu nombreuses dans le secteur en plein boum de la Tech. A titre d'exemple, seulement 3% de femmes occupent ce type de fonction au Mozambique (7).

Une génération JFD animée par l'audace de femmes digitales qui excellent dans leur domaine au service d'un monde meilleur

Certes, les femmes sont minoritaires dans ce secteur porteur. Mais il existe tout de même toute une génération qui entreprend ou intraprend, innove et ose grâce au numérique. Et c'est notamment en mettant en valeur leurs idées et leurs succès que nous susciterons de nouvelles vocations. La mise en lumière de rôles modèles est pour nous l'une des solutions, avec la formation et l'accompagnement financier, pour réduire le gender gap des métiers du digital. JFD a lancé le Prix les Margaret en 2014 en hommage à Margaret Hamilton, Directrice du département génie logiciel du MIT, qui a conçu les logiciels embarqués des vaisseaux spatiaux du programme Apollo de la NASA. A l'image de cette informaticienne, les Margaret sont des femmes entrepreneurs ou intrapreneurs engagées, inspirantes, architectes d'un monde meilleur grâce à leurs projets et innovations qui répondent aux grands enjeux de notre société. Ainsi, en 6 ans, nous avons participé à l'émergence d'un nombre important de rôles modèles, championnes européennes et africaines du numérique.

Aujourd'hui nous souhaitons mettre les projecteurs sur 6 femmes, rôles modèles qui prennent part au monde d'après : les Margaret 2020

Aline Muylaert, Margaret Entrepreneur Europe, a cofondé en Belgique Citizen Lab en tant qu'étudiante entrepreneur. Sa plateforme de consultation citoyenne permet aux gouvernements de donner à leurs citoyens un droit de regard direct sur les sujets qui les concernent.

Jacqueline Mukarukundo, Margaret Entrepreneur Afrique, a cofondé Wastezon, startup rwandaise de la Clean Tech. Son application mobile met en relation les foyers et les industries du recyclage pour traiter les déchets dans le cadre d'un processus respectueux de l'environnement. Wastezon s'est imposé comme le meilleur fournisseur de solutions de gestion des déchets électroniques en Afrique de l'Est en 2019.

Les lauréates de la catégorie intrapreneur ont développé de nouvelles opportunités de croissance au sein de leurs entreprises reposant sur des méthodes agiles et originales :

Karen Vernet, Margaret Intrapreneur Europe, Directrice du Développement E-commerce Printemps.com, a travaillé et a lancé le nouveau site Printemps.com, une vision engagée de la Mode Luxe-Créateurs résolument inclusive, exclusive et bienveillante.

Directrice du département genre, femmes et société civile à la Banque africaine de développement, Vanessa Moungar, Margaret Intrapreneur Afrique, a organisé le Global Gender Summit, dont l'objectif est de partager les meilleures pratiques et catalyser les investissements afin d'accélérer les progrès en matière d'égalité des sexes et d'autonomisation des femmes en Afrique et dans le monde.

Et enfin, l'Ukrainienne Anastasia Mikova, journaliste, co-réalisatrice de Woman, Prix Spécial du Jury et la Margaret d'Honneur, Afua Osei, digital media entrepreneur, coach et co-fondatrice de She Leads Africa, basée au Nigéria.  Elles reçoivent ces distinctions pour l'ensemble de leurs actions de ces dernières années, en faveur d'une meilleure représentation des femmes du monde et de leur émancipation socio-économique et professionnelle.

À travers le parcours de ces femmes, nous souhaitons susciter des vocations chez les plus jeunes, tout en bousculant les idées reçues et en levant les freins à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Selon le dernier Global Gender Gap Report du Forum Économique Mondial, nous n'atteindrons la parité qu'en 2120.(8) En cause ? Des habitudes culturelles, toujours, mais aussi la sous-représentation des femmes dans des activités d'avenir comme le cloud computing, l'ingénierie, la data ou encore l'intelligence artificielle. Ensemble, faisons en sorte qu'elles y trouvent leur place pour bâtir un monde plus fort et plus juste, contribuons à ce que nous ayons toutes et tous les mêmes chances d'innover et d'entreprendre... Pour que le monde change vraiment  ! Retrouvez les Margaret 2020 pour des interventions en direct inédites, le 21 avril 2020 à partir de 18h, sur www.joinjfd.com et les réseaux sociaux @JFDOfficiel, @digitalwomensday, Youtube JFD.


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1.Besoins en main d'oeuvre (BMO), Pôle Emploi, 2018

2.Femme@Numerique, 2019

3.WIRED, 2018

4.Baromètre Femmes dans le numérique, Syntec Numérique et BVA, octobre 2014

5.Commission Européenne, Rôle des femmes dans les TIC, 2013

6.GEM Women's Entrepreneurship, report 2017

7.Etude Muva Tech

8.Global Gender Gap report 2020, World Economic Forum, 2019.





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Commentaires
a écrit le 21/04/2020 à 11:13 :
Le capitalisme subsiste encore et toujours, à bout de souffle, sous perfusion et dans le coma, grâce aux femmes et au rôle sociale qu'elles ont, or ce sont elles qui sont encore les moins récompensées, il y a là en effet une logique non respectée et de très loin si on remonte ne serait-ce qu'à quelques années avec la fin de l'interdiction de porter des pantalons en France par exemple seulement en 2007, mettant en relief également une autre aberration qu'est l'inflation législative, et exemple parmi des milliers du conservatisme machiste de la classe dirigeante avec cette affaire qui a pourtant fait peu de bruit dans laquelle les actionnaires de VOLKSWAGEN, tiens encore eux, avaient acheté une femme à un cadre supérieur de la boite pour le récompenser de ses bons résultats, en ce troisième millénaire.

Alors que le capitalisme vous doit chaque jour un peu plus, ceux qui le détiennent continue de vous soumettre. Et vous aimez bien mettre en avant les chiffres de responsabilité économiques, qui sont en effet de bons indicateurs, mais vous pouvez associer sans que que qui que ce soit ne puisse s'y opposer le fait de femmes qui meurent sous les coups de leurs maris, les viols, les agression sexuelles, les harcèlement et-c...

Ça fait beaucoup, à mon avis largement assez afin de repenser entièrement d'abord et avant tout notre modèle de société et sa façon actuelle de vouloir sans arrêt apitoyer les citoyens, or nous savons que les femmes culpabilisent bien plus vite que les hommes, déjà rien que ça, donc courage le combat devrait encore durer quelques décennies pour une égalité effective et quelques siècles pour une disparition totale de la tendance machiste..

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