Lagardère veut vendre ses 20% dans Canal Plus

Le groupe d'Arnaud Lagardère écarte pour l'instant la piste d'une mise en Bourse de ses 20% dans Canal Plus France, et négocie actuellement une cession à un fonds américain.

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La Tribune infographie
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Lagardère passe au plan B concernant sa participation de 20% dans Canal Plus France. Au printemps, le groupe d'Arnaud Lagardère avait tenté - en vain - de vendre en Bourse cette participation. Récemment, le groupe a décidé d'écarter pour l'instant ce projet de cotation, et de rechercher un acquéreur. Il a mandaté pour cela la banque Lazard. Il aurait d'abord approché Vivendi, qui détient les autres 80% de Canal Plus France, et est donc l'acquéreur naturel des 20% de Lagardère. Mais les discussions ne seraient pas allées très loin. En effet, Vivendi vient de multiplier les emplettes (SFR, EMI), et ne peut plus en faire d'autres sans menacer la note de sa dette. "Actuellement, nous n'avons pas intérêt à racheter ces 20%, et donc nous ne sommes pas acheteurs", indique un dirigeant de Vivendi.

Lagardère a aussi cherché un autre acquéreur, et négocie actuellement avec un fonds américain. Selon certaines sources, il s'agirait du californien Hellman & Friedman, spécialisé dans les médias, qui est notamment actionnaire de Nielsen et de Getty Images, après avoir été au capital de Springer, Pro7, Young & Rubicam, Digitas ou Double Click.

Certains évoquent un prix de 1 milliard d'euros ou un peu moins, et affirment qu'un accord pourrait être conclu avant la clôture de l'exercice fin décembre. Mais d'autres sources jugent ce calendrier trop optimiste.

Quoi qu'il en soit, une telle cession présente plusieurs avantages pour Arnaud Lagardère. D'abord, il tiendra enfin sa promesse de vendre une de ses participations minoritaires. Ensuite, il pourra distribuer un superdividende aux actionnaires, à commencer par lui-même, et par là alléger sa dette personnelle. Enfin, une cession à un fonds permet de sortir du tête-à-tête avec Vivendi, avec qui les rapports sont devenus exécrables.

Mais un tel projet présente aussi des inconvénients. D'abord, le fonds se retrouvera lui aussi minoritaire et "scotché" avec bien peu de pouvoir. En particulier, c'est Vivendi qui décide de faire remonter ou non les généreux profits de la chaîne cryptée, et n'a apparemment aucune envie de le faire. Certes, Lagardère avait le pouvoir de forcer la cotation de Canal Plus France, mais il n'est pas sûr que le fonds hérite de ce pouvoir. Bref, pour toutes ces raisons, le fonds pourrait obtenir une décote.

Importante moins-value

Surtout, une vente se ferait avec une importante moins-value par rapport à la valeur de Canal dans les comptes de Lagardère (1,5 milliard d'euros). Cette valeur date de 2007 et n'a jamais été dépréciée depuis. Mais, vu la chute des valorisations, il est probable qu'une dépréciation s'impose de toute façon à fin 2011. Une cession permettrait donc de faire d'une pierre deux coups. Parallèlement, les acquisitions dans le sport pourraient aussi être lourdement dépréciées fin 2011, selon les analystes financiers. Bref, Lagardère pourrait profiter de l'occasion pour passer ses comptes à la paille de fer, et inscrire en une fois de lourdes provisions. Sollicités, Lagardère n'a pas voulu nous répondre, et Hellman & Friedman n'a pas commenté.

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