Facebook, Zynga... La bulle Internet est-elle en train d'éclater, comme en 2000 ?

 |   |  736  mots
Facebook ne vaut plus que 55 milliards de dollars à Wall Street, contre 100 milliards lors de son introduction en Bourse, le 17 mai 2012.Copyright Reuters
Facebook ne vaut plus que 55 milliards de dollars à Wall Street, contre 100 milliards lors de son introduction en Bourse, le 17 mai 2012.Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La capitalisation boursière de Facebook a été divisée par près de deux en moins de trois mois, le cours de Zynga est trois fois inférieur au prix de son introduction en Bourse... Les investisseurs semblent prendre conscience du décalage entre la valorisation des stars de l'Internet et leurs perspectives de croissance.

Le calendrier a des hasards étranges. C'est au moment où une nouvelle bulle Internet semble peut-être en passe d'éclater que celui qui avait prédit l'explosion de celle de 2000 tire sa révérence. Barton Biggs, le célèbre stratège de Morgan Stanley, est décédé mi-juillet, à l'âge de 79 ans. A quelques jours près, Biggs n'aura pas assisté à la folle semaine du 23 au 27 juillet, qui a vu les cours de Bourse de grands noms de l'Internet américain s'effondrer, dans une sorte de « remake » de mars 2000. Vendredi 27 juillet, l'action Facebook est tombée à 22,28 dollars, son plus bas niveau depuis l'introduction en Bourse du réseau social, le 17 mai dernier. En deux mois et demi seulement, la capitalisation boursière de Facebook a été ramenée de 104 milliards à 55 milliards de dollars !

Dans cette descente aux enfers, le groupe de Mark Zuckerberg a été précédé par une autre star de l'Internet, Zynga : le 26 juillet, l'éditeur de FarmVille et autres jeux sur réseaux sociaux s'est effondré de près de 40% à Wall Street. Conséquence, l'action Zynga ne vaut plus que trois dollars, soit trois fois moins que lors de son introduction en Bourse, en décembre 2011. Deux autres IPO (initial public offering) qui avaient déchaîné les passions, celles de Groupon et de Pandora, se soldent, elles aussi, par de véritables échecs. Introduit en Bourse en novembre au prix de 20 dollars l'action, le site d'achats groupés vaut aujourd'hui près de trois fois moins. Quant à la radio sur Internet, qui avait fait ses débuts à Wall Street en juin 2011, son titre a chuté de 40% depuis, à moins de 10 dollars aujourd'hui.

Des attentes trop élevées en matière de bénéfices

Si les investisseurs battent froid aux valeurs Internet, c'est parce qu'ils réalisent (enfin) que nombre d'entre elles ne pourront tenir leurs extraordinaires objectifs de croissance. Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires de Facebook a certes grimpé de 32%, mais cette performance est bien en deçà de celle des trois premiers mois de l'année (+45%). Et c'est ce que les investisseurs ont sanctionné. Avec d'autant plus de force que le réseau social a refusé de donner des objectifs financiers pour l'ensemble de l'exercice 2012. Des prévisions annuelles, Zynga en a fourni, mais pour avertir qu'il lui serait impossible d'atteindre ses ambitions initiales. C'est que négocier le virage du mobile, et, plus précisément, la monétisation de l'audience sur les smartphones et les tablettes, n'est guère aisé pour les réseaux sociaux.

Dans ces conditions, les valorisations astronomiques des vedettes de l'Internet, qui étaient basées sur des perspectives de croissance exponentielle, deviennent difficiles à justifier. Aujourd'hui encore, l'action Facebook vaut 47 fois le bénéfice par action estimé pour 2012, selon Bloomberg ! Pis, Zynga se paie 51 fois ses bénéfices. Et Groupon affiche un très confortable ratio cours sur bénéfice par action de 40... A titre de comparaison, le Nasdaq se traite sur la base d'un multiple de 16, ce qui est déjà élevé. « Il y a une bulle sur les réseaux sociaux », martèle Ian Maude, du cabinet de recherches Enders Analysis.

32% seulement des gérants surpondèrent la high-tech

Plus globalement, dans le contexte actuel de crise économique et financière, difficile d'imaginer que les bénéfices des sociétés cotées sur le Nasdaq - l'indice des valeurs technologiques américaines - bondiront encore de 44% d'ici à la fin 2013, comme le prédisent encore les analystes financiers sondés par l'agence Bloomberg. Surtout, après avoir déjà grimpé de 61% depuis 2008. La semaine dernière, les résultats trimestriels d'Apple n'ont-ils pas déçu les analystes, pour la première fois depuis plusieurs années ?

« La bulle des valeurs technos ne serait-elle pas en train d'éclater ? », s'interroge d'ailleurs Bank of America Merrill Lynch, dans son sondage mensuel réalisé auprès de gérants de fonds dans le monde entier. La banque constate en effet que 32% seulement des gérants interrogés en juillet surpondèrent leurs portefeuilles en valeurs technologiques, contre 41% en juin. La proportion tombe même à 22% pour les seuls gérants de fonds américains, soit deux fois moins que le mois précédent. « Le signe d'une possible explosion des valeurs technos, qui figuraient depuis trois ans parmi les favorites des investisseurs », insiste Bank of America Merrill Lynch.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/08/2012 à 21:58 :
facebook c'est une valeur refuge. à 15 dollard j'achète
a écrit le 02/08/2012 à 7:16 :
La moralisation de la "finance" mais c'est utopique ma pov dame !
a écrit le 01/08/2012 à 7:55 :
Tant qu'il y aura des alouettes, le miroir sera efficace et le chasseur pourra toujours se faire une bonne fricassée. L'alouette, c'est excellent.
a écrit le 01/08/2012 à 4:18 :
J etais a deux doigts d investir 140 000 dollars sur Facebook. J ai bien fait de reflechir a deux fois.
Réponse de le 01/08/2012 à 11:20 :
N'investissez surtout pas votre sou fétiche là-dedans !
a écrit le 31/07/2012 à 21:05 :
La véritable question est: pourquoi une telle unanimité lors de ces introductions de la part des soit-disants professionnels (à quelques exceptions près) et des médias?
Et il ne fallait pas être très malin pour voir au delà des apparences. Ne parlons pas de l'introduction de Facebook, dont on peut se demander pourquoi il y avait tant de ventes à découvert de la part de ceux qui pourtant nous avaient dit que tout était nickel... A propos, personne ne parle plus du fait que les zinzins avaient une information préivilégiée sur la baisse des perspectives de la boîte avant son introduction... Je dis ça au cas où vous feriez partie de ceux qui se sont fait avoir... En ce qui me concerne, quand les dés sont pipés et que je le sais, je ne joue pas.
a écrit le 31/07/2012 à 20:58 :
Un petit rappel: en 2000 les utilisateurs d'internet se limitaient à quelques millions, le haut débit n'existait pas, le temps passé sur internet se limitait à quelques minutes par jour depuis son ordinateur, aucune société internet ne gagnait d'argent et le peu de revenus provenait de la vente d'espaces publicitaires à d'autres sociétés internet payé grâce aux levées de fonds...

Si on compare la révolution internet à la révolution du rail, la bulle de 2000 ressemble à la bulle de 1847 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1847) tandis que la crise actuelle correspond plutôt à la "panique" de 1857 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_1857) qui dura elle assez peu de temps.
Réponse de le 01/08/2012 à 9:18 :
Le haut débit existait (ADSL) déjà en 2000, l'on passait bien plus de quelques minutes par jour sur internet, il y avait déjà de l'illimité, plus de 100 millions de connectés dans le monde.
a écrit le 31/07/2012 à 18:42 :
Souvenez vous du site Myspace, vendu a NewsCorp pour 450 millions de dollars, c'etait THE site social. 5 ans apres Murdoch le revend a peine 35 millions de dollars. Et oui, c'est cela la bourse ! L'etre humain a la memoire d'un poisson rouge !
Réponse de le 31/07/2012 à 19:22 :
non, je pense que le poisson rouge, il arrive à se souvenir qu'il a déjà fait un tour du bocal!
Réponse de le 31/07/2012 à 20:02 :
C'était bien la peine de vivre l'éclatement de la bulle Internet de 2001 pour recommencer une dizaine d'années plus tard. Avec tous les livres et articles qui ont été écrits, ainsi que les émissions et reportages diffusés ! Je suis tenté de dire que s'il y a encore des gogos pour se faire avoir, tant pis pour eux.
Réponse de le 01/08/2012 à 9:02 :
Quand on perd de l'argent a la bourse on est des "gogos", quand on en gagne,c'est un scandale! Taxez-les,taxez-les! Pendant ce temps, les fonds de pension americains (entre autres) achetent, et font la pluie et le beau temps, y compris dans les entreprises du CAC 40
.Les Francais,toujours si moraux et intelligents!
Réponse de le 01/08/2012 à 9:52 :
à Gogo1: Je sens que tu as dû perdre de l'argent dans ses actions...Et les fonds de pension, c'est l'argent des retraités...Donc combien de retraités se retrouvent sans rien grâce aux fonds de pension?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :