Yahoo vend ses vieux “.com“ avant le big bang des nouveaux noms de domaine

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Le groupe américain lance à partir du 14 novembre une session de vente aux enchères d’une semaine destinée à se débarrasser de noms de domaines dont il est propriétaire. Des “vieilleries“ qui peuvent encore valoir de l’or.
Le groupe américain lance à partir du 14 novembre une session de vente aux enchères d’une semaine destinée à se débarrasser de noms de domaines dont il est propriétaire. Des “vieilleries“ qui peuvent encore valoir de l’or. (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
“Sandwich.com“, “crackers.com“ ou“cyberjokes.com“ sont mis en vente aux enchères entre le 14 et le 21 novembre à des prix de départ allant de 1.000 à 1 million de dollars. Le groupe américain vide ainsi une partie de son portefeuille de noms de domaines avant la grande foire des nouvelles extensions.

Yahoo vide son grenier. Le moteur de recherche américain dirigé par Marissa Mayer vend aux enchères une centaine de noms de domaines via la plateforme spécialisée Sedo.com. La vente est ouverte du 14 au 21 novembre.

Pour s'offrir "sandwich.com", il faudra débourser 50.000 à 100.000 dollars minimum. Même prix pour "sled.com" (traineau ou luge). Religious.net démarre à un prix un peu plus bas : 10.000 à 24.999 dollars tandis que pour "av.com", le prix de réserve est fixé entre 1 et 1,5 million de dollars.

  • Yahoo remet des noms de domaine "en liberté"

Dans un post de blog au ton volontairement décontracté, la direction de Yahoo justifie ainsi cette initiative :

"Quand vous êtes une entreprise qui existe depuis aussi longtemps que Yahoo [bientôt 20 ans ndlr], il y a des tas de choses sur lesquelles vous pouvez tomber par hasard. Cette année, nous avons trouvé une énorme liste de noms de domaines que la compagnie détient depuis pas mal de temps. Nous en avons discuté entre nous et  il est apparu évident qu'il était temps de leur rendre leur liberté… dans le monde sauvage d'internet. "

  • Le "point com" déjà has been ?

C'est aussi une occasion pour le groupe de vider ses tiroirs à bon compte avant la grande foire aux noms de domaines qui démarrera à partir de l'an prochain, lorsque le processus de création de centaines de nouvelles extensions du type ".books", ".business" ou encore ".corse" aura abouti. Déjà, six nouvelles extensions ont reçu l'approbation de l'Icann, l'organisme américain chargé des noms de domaine. Et c'est tout un symbole : les premiers sont des signes chinois qui signifient ".jeu(x)" ainsi que des mots en cyrillique ("site web", "en ligne") et en arabe "web" ou "réseau".

Leurs acquéreurs et les organismes chargés de les gérer peuvent ensuite vendre des noms de domaines complets - "cartes.jeux" par exemple - intégrant ces extensions. Des milliers de nouveaux noms recevront prochainement des agréments similaires, notamment le ".Paris" dès 2014. Cette extension est gérée par l'Afnic, l'organisme français en charge notamment du ".fr". 

>> book, .read, .blog... la lutte pour l'extension des noms de domaines commence

  • "sandwich.com" contre "sandwich.club"

Mais, justement, est-il si judicieux d'acheter maintenant un banal "sandwich.com" alors que dans quelques temps, on pourra s'offrir un "sandwich.club"  voire un "sandwich.diet" et pourquoi pas un "jambonbeurre.paris" ? Une telle vision "anticipe peut-être un peu trop vite l'évolution" du marché, répond Loïc Damilaville, directeur général de l'Afnic en charge de la stratégie.  En effet, les utilisateurs se sont "appropriés des noms de domaines et leurs extensions". Les noms en ".com" étant tout simplement plus connus que les autres, ils ont encore une "valeur intrinsèque" relativement plus élevée.

Cependant, des centaines de millions de noms de domaine contiennent la même extension en ".com". A peu près tous les champs sont couverts. Aussi l'ouverture à une  gamme de mots plus large a-t-elle déjà des adeptes. Une nouvelle donne déjà intégrée par certains acteur du marché:

"Certaines personnes se disent que l'intérêt des nouvelles extensions réside dans le fait que l'on pourra s'offrir des mots-clés ou expression jusqu'ici inaccessibles avec à la clé une dilution de leur valeur", signale Loïc Damilaville. 

  • Les sites parkings rapportent moins

Autrement dit sur ce second marché, les prix pourraient s'effondrer avec l'arrivée des nouvelles extensions comme ".book" etc. Ce serait donc le moment où jamais de se débarrasser de son portefeuille comme l'on fait "de grands acteurs sur le marché du domaining". 

D'autant plus qu'une bonne partie des noms déjà existants renvoient vers des "sites parkings", des pages permettant de valoriser des noms de domaines qui affichent simplement des liens commerciaux. Lorsque l'internaute clique sur ces liens, le propriétaire du nom de domaine perçoit une rémunération. Or, celle-ci est en chute libre sous l'effet d'une baisse du taux de clics et d'un rééquilibrage des tarifs au profit des hébergeurs. Il coûte donc parfois plus cher de conserver un portefeuille de noms de domaines "inactifs" sur des sites parkings que de les revendre…

  • Le retour des ventes spectaculaires?

En matière de transactions de gré à gré, si les prix moyens ont relativement peu varié depuis le pic des années 2007-2010, le temps des "ventes spectaculaires qui font rêver" est fini, note Loïc Damilaville. Certaines transactions avaient atteint des sommets comme par exemple la vente de "sex.com" qui s'était conclue en 2010 pour un montant de 13 millions de dollars - un record - après bien des péripéties

Acheter un nom pour une poignée de dollars, le revendre des millions sans même avoir pris la peine de développer un site web, cela pourrait-il de nouveau se produire? "Il est pratiquement certain qu'il y aura une ruée" sur les nouveaux noms prédit le directeur général de l'Afnic chargé de la stratégie. Après la phase dite "sunrise" qui donne une longueur d'avance aux entreprises pour leur permettre de préempter des noms de marques déposées, certains termes génériques pourront aussi faire l'objet de spéculations de la part du grand public. Mais rien n'assure que tous auront le même succès.

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Commentaires
a écrit le 15/11/2013 à 15:00 :
Ça sent la fin, c est déjà un miracle que Yahoos oit toujours une société cotée, chose que l on pouvait comprendre au début du web, je pense que la PDG Marissa Meyer, une fois passée la poudre aux yeux envoyée aux investisseurs en rachetant une multitude de start up iconoclastes va avoir du mal a montrer une réelle croissance, attention a la chute...

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