La maison-mère de PriceMinister acquiert l'appli Viber pour 900 millions de dollars

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Hirashi Mikitani, le PDG de Rakuten, et Talmin Marco, le fondateur de Viber.
Hirashi Mikitani, le PDG de Rakuten, et Talmin Marco, le fondateur de Viber. (Crédits : reuters.com)
Le géant japonais de l'e-commerce Rakuten acquiert la startup d'appels gratuits via Internet sur mobile. Méconnu et pourtant très présent en France, le groupe multiplie les rachats et veut devenir le numéro un mondial des services Internet.

Trois jours après avoir démenti être en discussions en vue d'une vente, la startup Viber Media est effectivement rachetée par le géant japonais Rakuten, maison-mère de la place de marché PriceMinister en France. Mais le prix est trois fois plus élevé que celui mentionné dans la presse à Tel-Aviv : 900 millions de dollars, selon le montant astronomique communiqué par Rakuten, qui va également souscrire à une augmentation de capital. Fondée en 2010 par l'entrepreneur israélien Talmon Marco, la startup, implantée à Chypre, a développé Viber, une application mobile d'appels gratuits via Internet, sorte de version adaptée au smartphone de Skype, le pionnier de la VoIP sur PC racheté par Microsoft en 2011 pour 8,5 milliards de dollars, fonctionnant sur tous types d'appareils (iPhone Android, Windows etc). Viber revendique 280 millions d'utilisateurs inscrits (100 millions d'actifs par mois), en croissance de 120% en 2013, en particulier dans les pays émergents, ce qui va permettre à Rakuten de doubler sa base de membres (225 millions). C'est l'une des cinq applications les plus téléchargées dans de nombreux pays.

Devenir numéro un mondial des services Internet

Si l'application est gratuite, Viber propose aussi des appels à prix réduit (1,7 centime la minute) vers des correspondants qui ne sont pas des utilisateurs du service. La société a commencé à générer un peu de chiffre d'affaires (1,5 million de dollars et 26 millions de perte opérationnelle en 2013 selon les données dévoilées par l'acquéreur). Rakuten compte intégrer le service de messagerie à ses plateformes d'e-commerce. « Développer notre propre système de messagerie aurait été impossible » a déclaré le patron du groupe japonais, qui a l'ambition de devenir « le numéro un mondial des services Internet. » Il y a pourtant de la concurrence, aux Etats-Unis bien sûr, de Google à eBay en passant par Amazon, mais en Asie aussi avec le chinois Tencent dont l'application de messagerie WeChat enregistre une croissance exponentielle, ou le coréen Naver dont l'appli Line connaît aussi un essor phénoménal. De WhatsApp à KakaoTalk, les applications de messagerie, dont le trafic a pour la première fois dépassé celui des SMS dans le monde l'an passé, devraient continuer de se développer à un rythme très rapide : selon une étude récente d'Analysys Mason, le trafic devrait doubler entre 2014 et 2018 et excéder 37.000 milliards de messages échangés. 

Un groupe méconnu, investisseur important en France

Numéro trois mondial de l'e-commerce, Rakuten a réalisé un chiffre d'affaires de 3,8 milliards d'euros en 2013 (+29,5%) et vu ses bénéfices bondir de 80%. Il multiplie les acquisitions depuis trois ans pour élargir son champ d'activités, qui s'étend déjà du crédit à la consommation à la réservation de voyages. Il a racheté par exemple le fabricant canadien de liseuses électroniques Kobo (partenaire de la Fnac) pour 315 millions de dollars en 2011 ou le service de vidéo à la demande espagnol Wuaki.tv. Il est aussi actionnaire du réseau social Pinterest et d'Ozon.ru, l'Amazon russe. En France, outre le célèbre PriceMinister, cofondé par Pierre Kosciusko-Morizet, acquis en 2010 pour 200 millions d'euros, Rakuten possède l'éditeur de contenus numérique montpelliérain Aquafadas et la société de logistique Alpha Direct Services. Le cofondateur et PDG de Rakuten, Hirashi Mikitani, se rend d'ailleurs lundi prochain en France : il sera reçu à l'Elysée avec les membres du Conseil stratégique pour l'attractivité avant d'être décoré Chevalier dans l'ordre de la légion d'Honneur par Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, dans l'après-midi.

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