Plan Très haut débit : le mariage SFR Numericable aurait un impact limité

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« Le plan France Très haut débit est pragmatique et s’appuie sur l’ensemble des technologies : il n’a jamais exclu le câble » relève Antoine Darodes, le directeur de la mission Très haut débit.
« Le plan France Très haut débit est pragmatique et s’appuie sur l’ensemble des technologies : il n’a jamais exclu le câble » relève Antoine Darodes, le directeur de la mission Très haut débit. (Crédits : DR)
Si le repreneur de SFR s’est engagé à poursuivre les investissements dans la fibre optique, près de 200 communes où l’opérateur devait déployer risquent d’être affectées par le rachat. Orange ou les collectivités devraient prendre le relais.

Le rachat de SFR par Numericable met-il en péril l'équilibre du plan gouvernemental France Très haut débit ? Certains élus se sont en effet émus des conséquences de ce mariage entre le numéro deux français des télécoms, pilier de ce plan, derrière Orange, et par ailleurs premier client des réseaux d'initiative publique déployés par les collectivités, et le câblo-opérateur, qui privilégie la rénovation de son réseau. Interrogé ce mercredi lors d'une rencontre en amont des Assises du très haut débit de juillet prochain, Antoine Darodes, le directeur de la mission gouvernementale Très haut débit, a tenu à nuancer l'impact potentiel de ce rapprochement sur le plan, qui prévoit de couvrir tout le territoire en 2022, à plus de 80% en fibre optique (FTTH « Fiber to the home », la fibre jusqu'à l'abonné).

 

« La fibre optique jusqu'à l'abonné est au cœur du plan France Très haut débit. Mais c'est un plan pragmatique qui s'appuie sur l'ensemble des technologies : il n'a jamais exclu le câble » a insisté Antoine Darodes.

 

182 communes orphelines de fibre optique ?

Patrick Drahi, le président d'Altice, la maison-mère de Numericable, a assuré que son groupe se substituerait à SFR dans l'accord de co-investissement en zones rurales signé avec Orange en 2011 : les deux opérateurs s'étaient réparti le territoire, en dehors des grandes villes, SFR devant raccorder 2,3 millions de logement, Orange 7,5 millions. Mais Antoine Darodes a reconnu qu'il existe « un risque sur 182 communes où SFR prévoit de déployer de la fibre jusqu'à l'abonné d'ici à 2020 et qui pourrait bénéficier du câble modernisé » à la place. En clair, au vu des déclarations de Patrick Drahi sur les économies d'investissement à réaliser pour éviter les doublons, il est hautement improbable que le nouvel ensemble déploie de la fibre jusqu'à l'abonné dans un périmètre déjà couvert par le câblo, où il a déjà rénové son réseau ou prévu de le faire (en fibre optique jusqu'au pied de l'immeuble, le reste demeurant en câble coaxial). Quid de ces villes rurales potentiellement orphelines de fibre optique (FTTH) ?

 

Rôle de Free et de Bouygues Telecom

Il n'y aura pas forcément de blocage. « Il faudra s'adapter ! » a observé, philosophe, le directeur de la mission Très haut débit. D'une part, le patron d'Altice a indiqué qu'il comptait « s'asseoir à la table des discussions avec France Telecom Orange » pour aborder cet accord de co-investissement. D'autre part, le scénario probable est que l'Autorité de la concurrence demande au nouveau groupe de « libérer » ces communes, qui seraient « récupérées » soit par Orange soit par les collectivités locales. Ensuite, il reste la question du co-investissement futur de SFR dans les réseaux publics. « Le nouveau groupe s'est engagé à maintenir ses engagements, le ministre [de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique NDLR] y veillera » a souligné Antoine Darodes, qui a fait valoir que « Free et Bouygues Telecom ont également un rôle à jouer dans le financement de ces nouveaux réseaux. Mais d'ici à 2022 il y aura d'autres bouleversements dans le secteur. »

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Commentaires
a écrit le 10/04/2014 à 8:56 :
C'est ridicule, d'une part pourquoi du très haut débit si à 99% c'est de la publicité qui va passer dessus (que les agences publicitaires payent!), d'autre part les opérateurs n'ont plus les moyens et n'ont probablement jamais eu les moyens, même il y a 20 ans lors de l'age d'or, de faire de tels investissements princiers. Par ailleurs il faudrait quand même arrêter d'associer haut débit et croissance, historiquement c'est quasiment au moment où on a eu le haut débit que la crise est arrivée.

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