Cette start-up française veut connecter toute la planète “pour moins de 100 millions de dollars“

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En attendant de pouvoir relier l’humanité à internet, NovaNano a commencé à proposer son système de géolocalisation à des groupes de transports.
En attendant de pouvoir relier l’humanité à internet, NovaNano a commencé à proposer son système de géolocalisation à des groupes de transports. (Crédits : DR)
Cette entreprise lyonnaise s’est lancée sur le juteux marché des nano-satellites. Elle se dit en mesure de connecter à internet les deux tiers de l’humanité pas encore couverte. Comme un certain Mark Zuckerberg.... Son jeune patron explique comment il s’y prendrait.

La tête dans les étoiles. Comme les patrons de Facebook et de Google, Stanislaw Ostoja-Starzewski rêve de connecter à Internet les deux tiers de la population privée web pour le moment. Pour cela, il a décidé de mettre sur orbite ses propres satellites. Âgé de 29 ans, ce Français d'origine polonaise dirige avec son associé Spas Balinov la jeune entreprise NovaNano qui compte vendre des "nanosatellites" - et les lancer ! - pour moins d'un million d'euros. Il est l'un des lauréats du deuxième prix TR35 France remis le 9 avril par le magazine du Massachussets Institute of Technology à des entrepreneurs français de moins de 35 ans jugés particulièrement innovants. A La Tribune, le jeune ingénieur diplômé de l'Institut national des sciences appliquées de Lyon explique comment il compte connecter plus d'humains à moindre frais.

Qui de Facebook ou Google parviendra le mieux à connecter l'ensemble de l'humanité à internet ?

Celui qui choisira notre technologie! Il y a une différence d'échelle. Leurs projets sont assez similaires dans le sens où ils placent des véhicules, soit des ballons [dans le cas de Google], soit des drones [dans celui de Facebook ndlr] à 20 km de la terre. S'ils veulent couvrir vraiment toute la zone qu'ils prétendent, c'est-à-dire deux tiers de la population, il faudrait qu'ils mettent des milliers dans l'espace. Selon les économies d'échelle réalisées, ça devrait coûter des milliards. Alors que nous, avec un réseau de 64 satellites de petite taille, on croit pouvoir fournir cette connectivité globale, à tout moment, partout autour de la terre. Pour un investissement de moins de 100 millions de dollars… On croit qu'à terme cette technologie va l'emporter.

Comment cela fonctionnerait-il concrètement ?

Un satellite voit en dessous de lui un rayon de 1.000 à 1.500 km. Pour couvrir toute la terre, il faut mettre en orbite un nombre défini de satellites que nous estimons à 64. Avec ce réseau on peut accéder à n'importe quel endroit de la terre à n'importe quel moment.

Avez-vous déjà des clients ?

Oui, des opérateurs de flotte de camion dans les pays émergents qui souhaitent qu'on leur apporte une solution dans les pays où il n'y a pas de couverture GSM.

Dans quels pays sont-ils situés?

Il y en a dans plusieurs pays, notamment au Nigeria et en Europe de l'Est, une société qui fait des trajets internationaux au Moyen-Orient.  

Faudra-t-il également 64 satellites pour que le système fonctionne ?

Non. Les satellites, en orbite à 700 km du sol, font 16 tours de la terre en une journée. Les camions n'ont pas besoin d'information en temps réel. Une synchronisation des données à une heure suffit. Après la phase pilote, notre réseau sera composé de 6 satellites, ce qui nous permettra d'avoir une synchronisation des données tout autour de la terre entre une et deux heures.

Quelles sont les autres applications de la technologie déjà développée par NovaNano ?

Les transporteurs maritime comme CMA-CGM, Maersk etc. ne savent pas toujours où sont leurs conteneurs. Connaître leur position pourrait leur permettre d'améliorer leur processus de gestion et améliorer leur profitabilité. On va pouvoir leur proposer des prix de connexion très bas, entre 10 et 100 fois moins élevés que ce qui est proposé par les réseaux satellitaires classiques. On peut aussi imaginer des applications avec des réseaux de capteurs dans les forêts tropicales pour suivre l'évolution de l'environnement.

Vous avez fait votre premier lancement l'an dernier à Baïkonour. Qu'avez-vous ressenti quand votre satellite a été lancé ?

Au début c'est beaucoup de stress. On a plus de contrôle pendant un certain moment. Mais quand le résultat est positif, quand vous pensez qu'il tourne autour de la terre et qu'il communique, c'est génial. C'était un domaine réservé pendant des années aux grandes puissances spatiales, aujourd'hui, avec la miniaturisation de la technologie électronique c'est aussi possible pour des petites start-up.

Depuis le lancement, le 19 janvier 2013, on a aussi travaillé sur notre deuxième technologie baptisée " Antenne efficace", un système de laser qui repère le satellite qui est posé sur les camions et se révèle peu coûteux, notamment en énergie.

Pourquoi avoir choisi Baïkonour (et la fusée Soyouz) pour le lancement, c'était moins cher?

Non, l'agence spatiale russe Roscomos était le premier opérateur qui nous a fait confiance pour qu'on mettre notre système sur leur fusée. Normalement ils ont l'habitude de traiter avec l'agence spatiale française, la Nasa… On a aussi des très bonnes relations avec les Chinois. 

Le prochain lancement sera donc effectué depuis la Chine ?

Soit en Chine soit en Russie…  On n'a pas encore décidé.

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Commentaires
a écrit le 31/05/2014 à 9:22 :
Arrêtez de faire référence à Zuckerberg et donc Facebook. Cela n'a rien à voir. Ici, il s'agit à la base de connexion "hardware" (via des nanosatellites) internet à bas prix de l'ensemble de la planète. Donc très différent d'un site de réseau social qui est du software pur et qui n'aide en rien les gens à connecter physiquement leurs ordinateurs/tablettes.
a écrit le 12/04/2014 à 21:59 :
Quel est le débit ? car si c'est juste pour envoyer un tweet, on a pas beaucoup dépassé Spoutnik. et c'est le débit par rapport à la demande qui va donner le prix, on ne peut pas donner le prix à l'avance.
a écrit le 11/04/2014 à 14:39 :
L'"accroche" de la une n'est pas confirmée dans l'article... Le Mr ne parle jamais de connection au web tel qu'on le pratique quotidiennement. Il se réfère juste à un système non "temps réel", pour des zones sans GSM (la 2G sauf erreur). Ce qui est compréhensible, vu la bande passante qui ne doit allouer que peu de possibilités aux utilisateurs. Quant à la localisation, à 200km par laser "domestique", ça laisse... interrogateur.
a écrit le 11/04/2014 à 9:45 :
Plutôt que lancer encore des saleté de plus en orbite, on peut tout aussi bien coller ce genre de système au Q des avions, vu la quantité d'avions qu'il y a toujours en l'air. Ca marchera aussi bien.
Réponse de le 11/04/2014 à 10:27 :
Sauf qu'il y a des milliers de vols par jour, alors qu'en orbite, il suffit de 64 satellites pour couvrir la terre...
Réponse de le 11/04/2014 à 11:09 :
c'est bête comme idée
A approfondir je pense.
Réponse de le 23/04/2014 à 12:14 :
Sauf qu'il y a des endroits sur terre ou peu d'avions passe, ndlr les océans et les pôles, du coup, ce serait des connexions par intermittence, pas cool ...
a écrit le 11/04/2014 à 8:45 :
Bravo cela s'apelle torcher les grands pontes de l'Aerospatiale, mais c'est pas grave, ils ont tellement imbus d'eux même q'ils réaliseront ce qu il se passe dans 10 à 15 ans.
Réponse de le 11/04/2014 à 20:06 :
Ce genre d'annonces et de boites court les rues dans le milieu spécialisé. Rélier les 2/3 de l'humanité avec 64 cubesats 3U relève de la blague, il y a quelques petites contraintes physiques au sujet des télécoms qui permettent de se marrer tout de suite. Quant aux grands pontes en question, faites leur confiance, ils ont déja réfléchi sur ce genre de sujet, et si ils n'y vont pas c'est qu'il y a des raisons....Ceci dit, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas innover, et que cela ne peut pas venir de petites structures, mais il ne faut pas raconter n'importe quoi.

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