Très haut débit : nouveau rachat dans le câble français

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Altitude Infrastructure est le deuxième fournisseur de réseaux d'initiative publique derrière SFR. Il acquiert le réseau et le parc de France CitéVision à Amiens.
Altitude Infrastructure est le deuxième fournisseur de réseaux d'initiative publique derrière SFR. Il acquiert le réseau et le parc de France CitéVision à Amiens. (Crédits : DR)
Altitude Infrastructure acquiert le réseau et le fournisseur d'accès du petit opérateur d’Amiens France CitéVision. Dans un secteur en pleine recomposition, certains envisagent à terme un rachat par Numericable, voire un autre opérateur comme Free ou Bouygues.

Numericable a racheté presque tous les acteurs du câble français depuis une dizaine d'années. Sauf quelques petits acteurs locaux tels que l'opérateur d'Amiens France CitéVision, qui est aussi fournisseur d'accès à Internet alternatif sous la marque Cityplay. Mais c'est Altitude Infrastructure qui rachète son réseau et son activité grand public, pour une somme non dévoilée. Altitude Infrastructure est un opérateur déployant et exploitant des réseaux haut et très haut débit pour les collectivités, dans le cadre de délégations de service public : il est le deuxième fournisseur de réseaux d'initiative publique (23 « RIP » gérés) derrière SFR (28 « RIP »). Le petit opérateur haut-normand, qui emploie 130 personnes et a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 40 millions d'euros, fait ainsi l'acquisition d'un réseau en câble et en fibre optique qui dessert 50.000 foyers et compte 8.000 abonnés. 

Rôle croissant du câble dans les réseaux de collectivités

Il s'agit de la « première acquisition en fonds propres » de la société, souligne David El-Fassy, le PDG d'Altitude Infrastructure. L'opération se double d'une augmentation de capital de 8 millions d'euros réalisée par l'actuel actionnaire de France CitéVision, le fonds d'investissement anglais York Asset Management, qui entre ainsi au capital d'Altitude Infrastructure. « Nous allons renforcer notre propre fournisseur d'accès à Internet Wibox, dont le parc atteindra 30.000 abonnés en intégrant Cityplay » fait valoir le dirigeant. Wibox, qui s'adresse en priorité aux 3 millions de foyers situés en zones blanches, non desservis par le haut et très haut débit, va pouvoir enrichir ses bouquets de chaînes, au-delà de la TNT et de Canal Plus, grâce aux accords déjà signés par France CitéVision. Ce rachat permettra aussi à Altitude Infrastructure de « se former à la technologie du câble » alors que « Numericable va devenir un acteur puissant des réseaux d'initiative publique » prédit le PDG d'Altitude Infrastructure. Le câblo-opérateur, qui va s'offrir SFR pour quelque 17 milliards d'euros, a pour la première fois utilisé un réseau d'initiative publique dans l'Ain pour commercialiser ses services l'an dernier et ne compte pas s'arrêter là. 

« Avec Numericable-SFR, les RIP vont pouvoir plus facilement remplir leurs réseaux et donc les financer » a déclaré mardi Jérôme Yomtov, le directeur général délégué de Numericable, lors du colloque sur le très haut débit organisé par l'Avicca.

Un rachat à terme par Numericable, Free ou Bouygues ?

Numericable aurait aussi regardé le dossier France CitéVision mais était peut-être un peu occupé par ailleurs ces dernières semaines. Cependant, certains acteurs du secteur envisagent à terme que le câblo-opérateur pourrait poursuivre son rôle de « consolidateur » du secteur… Et pourquoi pas racheter Altitude Infrastructure. Issu du groupe Altitude fondé par Jean-Paul Rivière, l'entreprise s'était scindée d'Altitude Telecom, opérateur pour les entreprises, vendu en novembre 2010 à un certain Completel, branche entreprises du groupe Numericable, pour 58 millions d'euros. Altitude avait aussi cédé sa licence nationale de technologie sans fil Wimax à Free, pour 53 millions d'euros, en décembre 2005. Altitude Infrastructure espère que cette acquisition et ce renforcement de son capital vont « consolider sa position « d'opérateurs d'opérateurs » sur le marché du très haut débit » et devenir « le fournisseur d'accès internet de référence des territoires. »

Il est pourtant difficile d'exister pour ces petits acteurs sur ce marché du haut débit très concurrentiel face à des marques reconnues. Faute de notoriété et de force de frappe marketing (boutiques etc), « les petits FAI ne remplissent qu'à 10% ou 15% certains réseaux d'initiative publique : c'est une aberration budgétaire ! Ces réseaux ont besoin des gros opérateurs, d'une bonne vitrine commerciale » relève un haut fonctionnaire bien au fait du sujet. Ce qui pourrait plaider en faveur d'une ultime vague de consolidation. Dans un secteur en pleine recomposition, même un Free, qui avait acquis le petit opérateur CitéFibre en 2006 pour 4,6 millions d'euros, ou un Bouygues Telecom, manquant de taille critique dans le fixe, pourraient être intéressés afin de faire contrepoids au futur mastodonte Numericable-SFR…

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Commentaires
a écrit le 22/05/2014 à 17:08 :
et que devient l'activité pro de Cityplay ?
cet operateur avait 2 axes de commercialisation de services : residentiel et professionnel.
si nous avons bien compris ils ont vendu leur reseau, leur portefeuille clients résidentiels mais ont gardé leur portefeuille entreprise. le CA sera t'il suffisant pour couvrir les charges et assurer une continuité pour cet operateur Amienois ?

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