Réalité virtuelle et augmentée  : l'américain Eon reality implante sa filiale à Laval

 |   |  735  mots
Depuis 15 ans, l'ex-intégrateur s'est progressivement diversifié pour devenir le leader mondial du transfert de connaissances utilisant la réalité virtuelle et augmentée.
Depuis 15 ans, l'ex-intégrateur s'est progressivement diversifié pour devenir le leader mondial du transfert de connaissances utilisant la réalité virtuelle et augmentée. (Crédits : Reuters)
Leader mondial dans le transfert des connaissances grâce à la réalité virtuelle et augmentée, l'américain Eon reality vient de créer sa filiale française à Laval (Mayenne). Un hub qui doit devenir une référence pour la production de solutions ludo-éducatives dans le groupe.

Laval?... "Parce que c'est la Mecque de la réalité virtuelle et augmentée en France", s'exclame Yann Froger, directeur général de filiale française du groupe américain Eon Reality, implantée début novembre au cœur de la capitale mayennaise.

"... Et que tout est à faire. Le marché de la réalité virtuelle est une forme d'interfaçage digitale qui va devenir la prochaine plateforme dématérialisée complète. A partir de petits devices utilisés pour la réalité augmentée ou de plus grands systèmes dédiés à la réalité virtuelle, on va offrir des nouvelles expériences utilisateurs sur les réseaux sociaux, pour des jeux en lignes, etc. Or, pour l'instant, il n'existe ni norme ni standard et personne ne sait vraiment à quoi ça sert"

 Beaucoup plus averti, le groupe Eon Reality a lui senti le vent tourner.

Un écosystème porteur

Depuis 15 ans, l'ex-intégrateur s'est progressivement diversifié pour devenir le leader mondial du transfert de connaissances utilisant la réalité virtuelle et augmentée. Il s'appuie aujourd'hui sur sept filiales (Russie, Singapour, Corée, Suède, Qatar, Grande-Bretagne...) et douze partenariats qui ont essaimé quatorze hubs (66 installations satellites) à travers le mondeDiscret sur son chiffre d'affaires, le groupe américain serait profitable depuis 2001."Tout ce que je peux dire, c'est que le chiffre d'affaires double chaque année depuis trois ans. La France était une priorité depuis plusieurs années", assure Yann Froger, ex-consultant en organisation industrielle détenteur de la licence Eon Reality en France, aujourd'hui, chargé de développer la filiale française.

 "Depuis une quinzaine d'années, Laval a su créer un écosystème qui n'existe nulle part ailleurs. On peut ici prendre des gens à la sortie du baccalauréat et les former jusqu'au doctorat. La proximité de laboratoires académiques comme Arts et Métiers ParisTech va nous permettre de lancer des programmes de R&D", estime Yann Froger.

Parmi la trentaine d'entreprises spécialisées dans la réalité virtuelle et augmentée implantée en région des Pays de la Loire, la moitié est localisée sur l'agglomération lavalloise.

Les collectivités sortent le carnet de chèques

 Le groupe américain a donc décidé d'investir 12 millions d'euros pour se doter d'un équipement de 1000 m² où seront déployées ses installations de production dédiées aux solutions ludo-éducatives, d'un showroom et d'un centre de formation. Ce dernier dispensera des formations professionnelles gratuites d'une durée d'un an. Pour amener un public un tantinet averti à un niveau de pratique professionnel. De 5 personnes aujourd'hui, l'effectif devrait grimper à près de 70 personnes d'ici trois ans. C'est en tout cas la promesse faite par l'américain aux collectivités territoriales qui ont sorti leur carnet de chèques : la région pour un prêt de 3,1 millions d'euros et une subvention de 900.000 euros, l'agglomération lavalloise pour une avance remboursable de 600.000 euros et l'Etat pour 300.000 euros conditionnés par les perspectives de créations d'emplois. Un tapis rouge diversement apprécié par les acteurs locaux de la réalité virtuelle.

Pour son premier exercice, la filiale française table sur un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros et 9 millions d'euros dans trois ans.

Des marchés internationaux à Laval

"D'ici là, tout est à faire, reconnait Yann Froger. C'est pourquoi nous avons implanté un show-room où seront organisées des démonstrations d'applications possibles pour les professionnels et le grand public. C'est de l'ensemencement. Notre positionnement est très clair, il s'agit de participer à la stratégie de croissance du groupe."

Outre la conquête du marché français, le site doit devenir un hub international, spécialisé dans les solutions ludo-éducatives pour l'enseignement, la muséographie, la santé, les parcs d'attractions, les sites historiques, la signalétique urbaine, l'industrie... Des travaux jusqu'ici réalisés dans les filiales de Singapour, Manchester, Hawai... qui pourraient être relocalisés en terre mayennaise. "On va recevoir des commandes du monde entier", indique Yann Froger :

"Le marché de la réalité virtuelle s'accélère. De plus en plus, on commence à imaginer de nouveaux d'usages, à l'instar de parcs d'attractions espagnols pour qui nous avons créé un aquarium virtuel. Une alternative non négligeable quand le coût d'entretien annuel d'un dauphin atteint 1 million de dollars ou la présentation d'une baleine à bosse est réellement impossible."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/11/2014 à 0:09 :
Belle générosité de la Mayenne, Laval et l'état : 4,9M€ pour créer 70 emplois d'ici 3 ans ou tout simplement former une trentaine de chômeurs par an....... Belle générosité d'EON qui propose de co-investir sur un investissement global de 12M€.... pour quelque chose qui en vaut 10 fois moins..... cela ressemble plus à du transfert de fond que du transfert de connaissance...... de qui se moque t'on ???

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :