Pourquoi AG2R s'intéresse tant aux applis santé ?

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Selon une étude Ipsos commandée par AG2R, 43% des 16-70 ans utilisent une application dans le domaine de la santé ou le bien-être.
Selon une étude Ipsos commandée par AG2R, 43% des 16-70 ans utilisent une application dans le domaine de la santé ou le bien-être. (Crédits : DR)
Associé à une startup française, l'assureur a lancé un kiosque d'applications mobiles de santé labellisées. L'objectif: encourager ses assurés à utiliser régulièrement des applications destinées à la prévention, au bien-être, au suivi des maladies chroniques pour que ces derniers fassent plus attention à leur santé. De quoi permettre à AG2R La Mondiale de faire des économies sur le long terme.

AG2R La Mondiale s'intéresse de près à la santé connectée. Jeudi 13 octobre, l'assureur français a lancé un kiosque d'applications mobiles de santé et de bien-être en partenariat avec Meddappcare, une startup française spécialisée dans dans l'évaluation de ce type d'applis. Seule une vingtaine d'applications sont disponibles pour le moment, principalement dédiées au bien-être ou à l'information médicale. Aucune n'est consacrée au suivi des maladies chroniques. AG2R promet toutefois de l'enrichir progressivement.

Les applis disponibles sur ce kiosque ont toutes reçues un label créé par la startup Medappcare, décerné sur des critères de sécurité (des données notamment), juridiques, d'intérêt scientifique et médical de l'outil, d'ergonomie, notamment.

"Prévenir plutôt que guérir"

Cette initiative, la première de ce type dans le secteur de l'assurance en France, traduit la volonté d'AG2R d'encourager la prévention de ses assurés, avec des intérêts financiers potentiels sur le long terme. L'assureur espère faire des économies en encourageant les assurés à être de plus en plus "acteurs de leur santé", pour que ces derniers se maintiennent en forme. En pratiquant des activités sportives plus régulièrement par exemple, en suivant mieux leurs pathologies ou en prévenant mieux l'arrivée de celles-ci, et ce grâce aux outils offerts par les applis santé et bien-être.

"Nous sommes là pour payer quand un assuré est en situation de maladie ou d'accident. Mais les assureurs préfèrent prévenir plutôt que guérir, travailler sur des actions de prévention pour limiter les situations à risque", expose Philippe Dabat, membre du comité exécutif d'AG2R La Mondiale.

Le groupe français espère que le label de la startup Medappcare, avec laquelle il est partenaire depuis plusieurs mois, va "apporter le degré de confiance nécessaire pour renforcer l'usage de ces outils".

"On recense plus de 160.000 applications santé, mais l'usage de ces dernières reste anecdotique", avance Philippe Dabat. Les gens doivent identifier les bonnes applications pour les utiliser régulièrement puis en retirer des bénéfices concrets".

Utiliser une application santé, pas une habitude pour les Français

Mais si AG2R assure vouloir "encourager la tendance des Français à prendre soin de leur capital santé", le chemin est encore long. Dans une étude Ipsos commandée par le groupe et publiée jeudi, il est révélé que 43% des 16-70 ans utilisent une application dans le domaine de la santé ou le bien-être.

En outre, un peu moins de la moitié des personnes interrogées par le sondeur font confiance à ces outils. Autre chiffre montrant l'intérêt encore faible des Français pour ces solutions: seules deux applications de ce type sur dix téléchargées sont utilisées.

Les médecins jugé légitimes pour conseiller des applis, mais peu actifs

Toujours selon ce sondage, 70% des personnes interrogées classent les médecins comme étant les personnes les plus à même de les pousser à utiliser des applis santé et bien-être.

Mais pour le moment, les professionnels de santé ne montrent pas encore la voie à suivre. Seuls 12% des médecins de moins de 35 ans, tranche d'âge la plus férue de numérique dans la profession, estiment que la santé mobile et connectée, "c'est du concret". Et seul un quart d'entre eux a déjà conseillé  l'utilisation d'une appli santé ou d'un objet connecté à l'un de ses patients.

"Il faut aussi que les médecins apprennent à mieux connaître les objets connectés et les applis santé. Cela prendra 10-20 ans", expliquait à La Tribune Diane de Bourguesdon spécialiste en santé digitale au sein du cabinet de conseil Jalma.

>> Lire aussi : IBM s'allie au français Wellfundr pour pousser les médecins à lancer des applis santé

La question du bénéfice des applis bien-être

Enfin, autre clé pour AG2R pour montrer l'efficacité de ses applications (dont la majorité sont dédiées au bien-être) et en retirer les bénéfices, il faut que celles-ci soient capables de montrer une réelle efficacité dans une action de prévention, et ne pas simplement mesurer le nombre de pas ou encore le rythme cardiaque.

Ce qui est loin d'être le cas, selon le Conseil national de l'ordre des médecins. Il estimait en 2015 qu'avec une majorité d'applications tournées vers l'information, la prévention voire le coaching, on était "encore loin de pouvoir faire la démonstration de bénéfices cliniques".

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