Bouygues Telecom crée une « startup » dédiée à l’Internet des objets

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Objenious s'appuie sur le réseau bas débit de Bouygues Telecom, qui selon l'opérateur, couvrira 100% du territoire français d'ici à la fin de l'année.
Objenious s'appuie sur le réseau bas débit de Bouygues Telecom, qui selon l'opérateur, couvrira "100% du territoire" français d'ici à la fin de l'année. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Baptisée Objenious, cette nouvelle structure vise à imaginer et à commercialiser des solutions auprès des particuliers ou des professionnels, qui souhaitent connecter leurs produits ou actifs industriels.

« Prenez un vendeur de chaudières : si vous connectez celles-ci, vous êtes en mesure de connaître leur taux d'usage, et donc de prévenir vos clients lorsqu'il est temps d'en changer. » En tissant un « lien digital » direct avec ses acheteurs, ce vendeur pourra donc promouvoir ses produits lorsqu'un remplacement sera nécessaire. Un joli moyen, au final, d'évincer la concurrence et d'améliorer son chiffre d'affaires... A travers cet exemple imaginaire, Stéphane Allaire, le président d'Objenious, la nouvelle filiale de Bouygues Telecom dédiée à l'Internet des objets, a synthétisé le défi auquel il est confronté : imaginer et commercialiser des solutions novatrices sur ce secteur en plein boom.

Partant du constat que « tout reste à faire et à inventer » en termes de produits comme de business model, cette structure d'une vingtaine de collaborateurs a été pensée « comme une startup », explique Stéphane Allaire, qui y voit un gage d'« agilité ». Bras armé de Bouygues Telecom dans l'Internet des objets, Objenious bénéficie d'abord du réseau bas débit LoRa de l'opérateur. « Aujourd'hui, on couvre 15 agglomérations en France, et nous serons présent sur 100% du territoire d'ici à la fin de l'année », assure le président. Au total, quelques 4.000 antennes LoRa seront déployées, le plus souvent sur les sites des infrastructures 3G et 4G existants.

      |Lire aussi : Internet des objets : comment Bouygues Telecom déploie son réseau

Objenious ne s'occupera « que » des objets connectés en bas débit. Cette technologie est basée sur l'envoi et la réception de messages très courts concernant l'environnement, la localisation ou l'utilisation de biens comme les compteurs à eau, les palettes d'approvisionnement ou encore les bouteilles de gaz. L'avantage ? Les capteurs coûtent très peu cher, et disposent d'une autonomie pouvant aller jusqu'à 10 ou 15 ans. Objenious ne travaillera donc pas sur le créneau du « Machine to machine » (ou « M2M »), qui connecte des objets nécessitant l'envoi de plus gros volumes d'informations (comme les voitures) via des cartes SIM traditionnelles.

Dans une logique d'innovation ouverte, la filiale s'est associée à plusieurs acteurs pour proposer ses solutions. Côté capteurs, elle mise sur des partenariats avec différents fabricants pour répondre aux besoins de ses clients. De fait, la technologie utilisée dans un détecteur de fumée intelligent est très différente, par exemple, de celle, enfouie dans le sol, permettant de savoir si une place de parking est disponible. Pour sécuriser les communications entre les objets, « on utilise une solution fournie par Bull [une des marques spécialisée du français Atos] et utilisée dans le cryptage bancaire », souligne Stéphane Allaire.

Des partenariats avec les startups

Surtout, Objenious table sur l'innovation des startups pour développer ses services. Pour le compte d'Ecotextile, un spécialiste de la collecte de textiles usagés, la filiale de Bouygues Telecom a d'abord travaillé sur des capteurs capables de donner le taux de remplissage des bacs de collectes. Puis dans un second temps, avec l'expertise de la startup Innovation 24, une filiale de Bouygues, elle a développé une solution pour optimiser le trajet des camions de ramassage des vêtements. Ce qui permet notamment de privilégier les bacs remplis, et d'éviter ainsi que les gens n'entassent leurs vieux tee-shirts et pantalons usés directement sur le trottoir.

Aujourd'hui, Objenious assure disposer d'une dizaine de clients dans des domaines aussi variés que la collecte de bouteilles de gaz ou la surveillance des terres agricoles. Côté business model, tout se fait pour l'instant au cas par cas. Si des tarifs sont presque fixés pour le volet connectivité, « allant de 1 euro par mois ou par an par objet » dit Stéphane Allaire, rien n'est figé du côté des prix des services, de loin le volet le plus profitable sur le long terme. « Cela dépend du client, de sa demande, et des partenaires auxquels nous faisons appel », poursuit le président.

Quel avenir en cas de rachat par Orange ?

Mais quid de l'avenir de la filiale en cas de rachat de Bouygues Telecom par Orange ? Filera-t-elle sous la coupe de Bouygues, la maison-mère, en cas de vente de sa filiale télécoms ? A cette question, Stéphane Allaire entretient le flou : « Non, ce n'est pas le sujet. Aujourd'hui, on appartient à 100% à Bouygues Telecom. Si le groupe évolue [...], on évoluera avec, je ne sais pas dans quel sens... » Reste que l'Internet des objets, fer de lance de la révolution des villes intelligentes (ou « smart cities »), monte en puissance dans le bâtiment et les travaux publics. Sous ce prisme, un rapatriement d'Objenious chez Bouygues aurait donc du sens.

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Commentaires
a écrit le 03/02/2016 à 9:37 :
L'intérêt pour celui qui collecte des données je le vois bien oui puisque le renseignement, l'information est dorénavant une marchandise comme une autre, je ne vois pas par contre quel serait l'intérêt de celui qui accepte d'avoir des capteurs liés à son matériel, est-il rémunéré ? Ou bien compte on seulement sur sa bonne volonté ?

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