Cet été, le drone Helper surveillera trois plages en Aquitaine

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Nous tirerons les conclusions de son efficacité le 22 août prochain. Si c'est un triomphe, on continue. Sinon, on arrête le processus, a déclaré Fabien Fargue, l'un des inventeurs du drone Helper, au Figaro.
"Nous tirerons les conclusions de son efficacité le 22 août prochain. Si c'est un triomphe, on continue. Sinon, on arrête le processus", a déclaré Fabien Fargue, l'un des inventeurs du drone Helper, au Figaro. (Crédits : Helper Drone)
A partir du 14 juillet, sur les plages du Sud-Ouest, les maîtres-nageurs seront accompagnés par des drones secouristes Helper. En fonction des performances des mois de juillet et août, la startup se tournera vers des investisseurs internationaux.

Cet été, à partir du 14 juillet, trois drones Helper feront leur apparition dans trois stations balnéaires de l'ex-région Aquitaine: à Biscarrosse, Lacanau et Messanges. Ces vingt dernières années, l'océan atlantique a causé la mort d'une centaine de personnes sur la côte française. L'ambitieux objectif des inventeurs de ce petit "secouriste volant" est ainsi de venir en aide aux sauveteurs en leur permettant de gagner en rapidité et en efficacité.

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Des sauvetages en temps record

Créé par le médecin urgentiste Fabien Farge, le pompier Gérard Dumartin et les frères ingénieurs Anthony et David Gavend, le drone secouriste a déjà été testé avec succès l'été dernier à Biscarosse. Grâce à sa technologie, le drone avait permis de sauver trois vies.

"Lors de nos tests, Helper, piloté par un maître-nageur sauveteur, est arrivé avec une minute d'avance sur un sauveteur", avait expliqué Fabien Farge au Figaro en 2016, tout en insistant sur l'importance de garder l'intervention humaine des maître-nageurs en place : "La technologie permet de gagner du temps, mais il faudra toujours quelqu'un pour ramener la victime sur la plage".

Conçu par la startup Helper (Human Environment and Life Protect Emergency), ce drone pèse 3,9 kg, et peut atteindre des pics de vitesse de 80km/h. Il lui est possible de larguer à la victime une bouée connectée, facilitant les échanges avec les maîtres-nageurs. Son GPS et son système de reconnaissance de terrain permettent de guider plus précisément les hélicoptères et les secouristes sur le lieu de l'incident. Et avec sa caméra thermique, les médecins ont plus de facilités pour analyser, en temps réel, l'état de la victime.

"Toutes ces informations transmises immédiatement aux MNS (maîtres-nageurs sauveteurs) permettront de sauver davantage de vies", explique Fabien Farge au Figaro.

Mais si les fondateurs de la startup ont reçu le prix Lépine 2016, leurs drones ne font pas l'unanimité, semble-t-il. En effet, d'après Jean-Michel Lapoux, secrétaire général de la FMNS (Fédération des maîtres-nageurs sauveteurs), interrogé par Le Figaro, "ce drone ne résistera pas aux vents de l'Atlantique", et "dans le cas où le noyé est inconscient ou sous l'eau, il ne sera d'aucune utilité".

La startup attend donc de voir comment se passent les deux mois d'été pour ses drones avant de prendre la décision de continuer ou d'abandonner le projet.

Helper s'envole à la conquête du monde en commençant par Total

Aujourd'hui, la production d'un seul drone coûte très cher à l'entreprise - entre 18.000 et 20.000 euros. Pour rentabiliser les coûts, Helper espère des résultats positifs à la fin du mois d'août, afin de le commercialiser partout en France et à l'étranger.

Par ailleurs, pour répondre à une demande, déjà présente semble-t-il, Helper prévoit une levée de fonds au niveau international.

"Des mairies nous ont contactés, mais aussi des pays comme le Brésil, le Portugal ou l'Espagne. C'est vraiment en train de bouillonner. Nous sommes dans une phase de pré-industrialisation. Nous avons eu l'idée, nous avons prouvé que cela fonctionne sur le sauvetage côtier comme en off-shore, le concept a passé le mur de la réalité. Maintenant nous allons lancer une levée de fonds", explique Fabien Farge à La Tribune Bordeaux.

En effet, le drone ne se limite pas seulement au sauvetage maritime. Il pourrait être utile en montagne ou lors d'incidents situés dans des endroits difficiles d'accès. Par ailleurs, celui-ci pourrait aussi servir à surveiller les plateformes pétrolières pour repérer des fuites polluantes. Un avantage pour des groupes comme Total, déjà très intéressé par le projet, qui permettrait une intervention plus rapide et moins coûteuse.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2017 à 14:43 :
""ce drone ne résistera pas aux vents de l'Atlantique","

Disons qu'il va lui falloir un sacré moteur c'est évident, on est pas sur la méditerranée là hein, c'est sportif.

Je pensais que c'était pour permettre aux sauveteurs de voir plus loin que les dix premiers mètres mais si le but est que le noyé ai comme dernière image un drone, bof... Mais bon les concepteurs sont réalistes et e effet une période d'essais est indispensable.

Mais ne pourrait on pas tout simplement faire plutôt des sortes de bouées autonomes qui s'orienteraient rapidement vers une personne en difficulté ?
a écrit le 27/06/2017 à 8:31 :
" ... le noyé est inconscient ou sous l'eau, " ....
S'il est noyé deja il n'y a aucune urgernce a le ramener !!!

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