Comment Be-Bound veut connecter les exclus d’Internet

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Albert Szulman, le PDG et fondateur de Be-Bound.
Albert Szulman, le PDG et fondateur de Be-Bound. (Crédits : DR)
Cette startup française a développé une technologie permettant aux populations d’accéder au web même lorsque la couverture mobile est mauvaise ou très faible. Sa cible ? Les pays pauvres ou en développement, qui souffrent souvent du manque d’infrastructures.

« Connecter le monde. » Rien que ça. Telle est l'ambition d'Albert Szulman, le patron et fondateur de Be-Bound. Il faut dire qu'avec sa startup, qui compte une trentaine de collaborateurs, cet entrepreneur de 53 ans est persuadé d'avoir trouvé la solution pour réduire drastiquement la fracture numérique. Fondé en 2011, Be-Bound a développé une technologie permettant d'utiliser des applications mobiles lorsque les réseaux 3G ou 4G traditionnels sont défaillants, voire inexistants.

Cette solution prend la forme d'un logiciel, qui permet notamment d'utiliser le réseau SMS « comme moyen alternatif au transport des données web », précise la startup sur son site. En d'autres termes, « même si vous vous retrouvez dans le métro parisien et que votre smartphone n'affiche qu'une seule barre de connectivité - c'est-à-dire que vous ne pouvez même pas passer un coup de fil -, il est possible, avec notre solution, d'utiliser quand même une appli connectée à Internet », illustre Albert Szulman.

Une connexion « constante »

Dans son fonctionnement, Be-Bound permet de transmettre et de recevoir des données sur tous les réseaux existants (Wi-Fi, 3G, 4G, EDGE, GPRS et SMS). En parallèle, elle utilise un algorithme de compression pour réduire le trafic généré par les applis. « Même lorsque notre application mail fonctionne avec de la 3G ou de la 4G, les utilisateurs consomment jusqu'à cinq fois moins de données qu'en utilisant une application mail standard », précise la startup sur son site.

Côté débouchés, Be-Bound vise un large éventail de clients. Dans les pays développés, la startup est en discussion avec des services collaboratifs comme Uber et Blablacar, dont les utilisateurs pâtissent parfois d'une mauvaise connexion en 3G ou en 4G. Les messageries instantanées, comme Messenger, figurent aussi dans son collimateur. Car pour ces acteurs, bénéficier d'une « connexion constante » pourrait permettre d'élargir leur base d'utilisateurs et de doper son usage.

Des débouchés dans les pays en développement

Mais pour Albert Szulman, les pays en développement, qui disposent de moins bonnes infrastructures télécoms, et où de nombreuses régions ne sont pas couvertes en 3G, constituent un marché-clé. « On estime qu'il y a entre 3 et 4 milliards de personnes qui ne sont pas connectées à Internet dans le monde », rappelle le fondateur de Be-Bound. Or avec sa solution, les populations qui ne disposent pas de 3G peuvent tout de même accéder au web si elles sont couvertes par un réseau mobile standard. Et ce, sans avoir besoin de moderniser leurs antennes relais, ou d'en déployer de nouvelles. Ce qui coûte beaucoup d'argent.

C'est grâce à cet atout qu'il y a deux semaines, Be-Bound a été retenue par le gouvernement bangladais dans le cadre de son « plan numérique ». Celui-ci vise à développer de nouvelles applications mobiles. Et surtout, de les rendre accessibles au plus grand nombre sans avoir à dépenser des fortunes dans le réseau. « On prépare notamment une appli avec la Banque du Bangladesh, ou encore une autre destinée aux femmes enceintes, pour que, dans les régions mal couvertes, elles puissent tout de même accéder à des informations concernant leur accouchement par exemple », poursuit le fondateur. En outre, Be-Bound a déjà signé des partenariats avec de nombreux opérateurs télécoms dans les pays en développement. Parmi eux, il y a notamment l'Algérie, la Tanzanie, les Philippines, le Vietnam ou encore la Palestine.

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Commentaires
a écrit le 26/04/2016 à 17:07 :
A croire que sans Internet l Homme est condamné... On vivait beaucoup mieux sans ! On était pas tous collés à un écran à longueur de journée...

Envoyé depuis mon Iphone :p
Réponse de le 27/04/2016 à 7:10 :
Faut revendre ton iPhone. T'es pas logique.

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