Grand Prix - Georges-Olivier Reymond : Faire briller la France dans l'informatique quantique

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Dispositif permettant de manipuler des atomes uniques avec de la de lumière. Les particules sont isolées dans la zone noire au centre de l’image.
Dispositif permettant de manipuler des atomes uniques avec de la de lumière. Les particules sont isolées dans la zone noire au centre de l’image. (Crédits : DR)
Grand Prix du concours i-Lab 2020, le projet PROQURE, porté par Georges-Olivier Reymond, vise à augmenter le nombre de particules quantiques contrôlées. Déjà̀, son démonstrateur est une avancée mondiale. De quoi surfer sur l'excellence française dans ce domaine.

Les promesses de l'informatique quantique sont en passe de devenir réalité́ avec la start-up Pasqal. « Ce que font tous nos concurrents, y compris Google, ce n'est pas suffisant ! », s'exclame Georges-Olivier Reymond, porteur du projet PROQURE (pour PROcesseur Quantique à atomes de Rydberg passant à l'Échelle), récompensé cette année par un Grand Prix au concours i-Lab. Ce docteur en physique quantique travaille depuis 20 ans sur cette révolution.

« Pour ma thèse, j'avais réussi à démontrer qu'on pouvait manipuler une particule avec la technologie que j'avais développée », explique-t-il. D'une seule particule, elle a ensuite permis, en 2018, d'en manipuler 49. « Désormais, nous faisons encore plus, et notre but est d'aller à 1000 et au-delà̀, tout en contrôlant les interactions », poursuit-il. Autrement dit, un passage à l'échelle - ce que les démonstrateurs concurrents n'ont pas réussi à faire... La technologie exploitée par la start-up Pasqal, issue de travaux menés au Laboratoire Charles Fabry (UMR Institut d'Optique Graduate School / CNRS / Université́ Paris-Saclay), qu'il a cofondée, avec Antoine Browaeys et Thierry Lahaye, en mars 2019 à Palaiseau, devrait donc révolutionner, avec une première génération de processeurs quantiques, le domaine du calcul intensif. Une aubaine pour les industriels. Qui ne s'y sont pas trompés. Pasqal collabore avec Atos et a scellé un premier accord avec EDF. Car la recherche, et c'est le but du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en finançant le concours i-Lab, doit s'appliquer sur le terrain et être accessible à tous.

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Chez EDF, il s'agit d'optimiser la planification des périodes de rechargement d'une flotte de voitures électriques, en fonction du flot de véhicules, du nombre de stations de recharge et de la demande. Le tout exigeant des calculs complexes.

Le concours i-Lab, un accélérateur

« Le succès de notre projet PROQURE au concours i-Lab est un accélérateur pour la recherche d'autres clients », précise Georges-Olivier Reymond. De nouveaux clients, mais aussi de nouveaux investisseurs. En plus d'un premier tour de table, en 2019 avec Quantonation, le fonds d'investissement spécialisé dans la technologie quantique de Christophe Jurczak, Pasqal espère lever 10 millions d'euros d'ici la fin de cette année. « La recherche coute cher, précise à cet égard Georges-Olivier Reymond, et la concurrence mondiale est rude. Nous avons un avantage pour le moment, il ne s'agit pas de le perdre ! ».

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Pasqal, qui veut devenir, à horizon 2030, le leader mondial de la nouvelle technologie quantique, s'inscrit ainsi dans l'excellence française, récompensée par le prix Nobel en physique quantique de Serge Haroche en 2012. Et si la jeune pousse ne compte pour l'instant que 10 salariés, Georges-Olivier Reymond estime qu'elle en embauchera une centaine ou plus d'ici 2025. Car elle aura démultiplié le projet EDF et opérera une flotte de calculateurs quantiques. Autant dire que le nouvel entrepreneur espère bien que la révolution quantique à laquelle il participe fera avant tout briller l'Europe et la France sur un marché́ mondial et stratégique.

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a écrit le 01/10/2020 à 16:01 :
Pensez vous vraiment que le "Patriotisme" existe parmi les entreprises multinationales?
Réponse de le 05/10/2020 à 10:13 :
hélas non ! toujours a cause du profit .et pourtant le savoir faire est présent
a l image du savoir faire et du sérieux de la société VITT ( Française ) basée a LYON enfin un rival pour Uber.... a suivre
a écrit le 27/09/2020 à 18:03 :
En informatique, en France, il ne reste que les supercalculateurs de Bull rachetés par Atos. Point barre. Plus aucun écosystème dans ce secteur, comme on dit maintenant. Alors, rivaliser dans le quantique avec les américains, japonais, sud-Coréens, sans parler des chinois qui rachètent tout, c'est de l'enfumage à mourir de rire. La science fondamentale c'est très bien, mais sans application industrielle faute de combattants, d'infrastructures ou autres, ça ne sert à rien d'un point de vue économique.
a écrit le 26/09/2020 à 11:47 :
" son démonstrateur est une avancée mondiale. "

et comme d'hab. la production MONDIALE sera asiatique voire américaine
a écrit le 25/09/2020 à 21:51 :
Un nouveau Plan Calcul !! Viiiiiiiite!! 😁😁
a écrit le 25/09/2020 à 15:25 :
Encore un bel ex de souveraineté franco-européenne à maintenir coute que coute.
a écrit le 25/09/2020 à 9:39 :
La France peine a briller en informatique normale. Pourquoi pas s’adresser a ça d’abord?
Réponse de le 25/09/2020 à 15:38 :
La France a raté le virage de la robotique industrielle d'accord, du PC et du Mobile OK.
Mais elle garde une bonne place ds les services informatiques aux professionnels ( logiciels de controle aérien et de gestion de trafic ferroviaire de Thales, cybersécurité, Cloud sécurisé d'OVH...) ds les telecoms ( HUAWEI mise tjrs sur l'écosystème national ) et dans le calcul intensif ( ordinateurs de puissance d'Atos, ex Bull )
a écrit le 24/09/2020 à 23:21 :
Voir la Tribune 23/10/2019....C'est extraordinaire de tenir deux ans sans rien produire...merci les financements publics...De toute façon les décideurs n'y connaissent rien, financer à tour de bras est à la mode. Même si leur solution tient la route techniquement, ce qui reste à démontrer, ils seront balayés industriellement par les géants du secteur. L'état à laissé couler l'informatique française, il est trop tard, ce n'est pas le quantique qui changera la donne.
Réponse de le 02/10/2020 à 13:43 :
Ben si justement. Le pro du moteur à piston a du tout reconstruire à l’arrivée du réacteur.
a écrit le 22/09/2020 à 9:16 :
Ce sent la betise à plein nez... le hype absolu.

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