Election américaine : 3 choses à savoir sur le présumé piratage russe

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Dès octobre, les services de renseignements américains ont accusé la Russie d'avoir piraté des partis politiques
Dès octobre, les services de renseignements américains ont accusé la Russie d'avoir piraté des partis politiques (Crédits : Reuters/Kevin Lamarque)
L'affaire du présumé piratage russe a été relancée la semaine dernière par un rapport de la CIA. Alors que le Congrès a décidé d'ouvrir une enquête, un média américain avance que Vladimir Poutine serait personnellement impliqué.

Énième rebondissement dans l'affaire du présumé piratage russe pendant l'élection présidentielle américaine. Dès octobre, les services de renseignements américains ont accusé la Russie d'avoir piraté des partis politiques. L'objectif avancé : interférer dans les élections en favorisant la candidature de Donald Trump.

Fin juillet, des milliers d'emails du parti démocrate ont été diffusés. Ils dévoilaient la cuisine interne du parti, préférant la candidature d'Hillary Clinton à celle de Bernie Sanders. La responsable du parti, Debbie Wasserman Schultz, avait alors quitté ses fonctions. La polémique est réapparue la semaine dernière.

■ Après la CIA, le Congrès ouvre une enquête

Le Congrès a ordonné lundi l'ouverture d'une enquête sur le sujet, sous l'impulsion des républicains John McCain et Lindsey Graham, anti-Moscou, et des démocrates Chuck Schumer et Jack Reed.

Cette demande fait suite à un rapport de la CIA, dévoilé vendredi dernier par le Washington Post. Il assure que des "agences de renseignement ont identifié des personnes ayant des liens avec le gouvernement russe". Elles auraient fourni à WikiLeaks des milliers de courriels piratés du Comité national démocrate, publiés en juillet dernier. Ces hackers sont décrits comme des individus connus des services de renseignements. Toujours selon le Washington Post, ils auraient agi dans le cadre d'une large opération russe pour stimuler la candidature de Donald Trump face à Hillary Clinton.

| LIRE AUSSI : La troublante affaire des e-mails de Clinton plombe sa campagne

 ■ Vladimir Poutine accusé d'être "personnellement impliqué"

Le président russe serait "personnellement impliqué" dans le présumé piratage informatique, a affirmé jeudi NBC News. Les services de renseignements américains auraient "un niveau élevé de confiance" quant au rôle joué par Vladimir Poutine, rapporte la chaîne de télévision. "Je ne pense pas que des événements aux ramifications aussi importantes ne se produisent dans le gouvernement russe sans que Vladimir Poutine ne soit au courant", a commenté jeudi Ben Rhodes, proche conseiller de Barack Obama, sur la chaîne MSNBC. D'après Reuterscette accusation a été tempérée dans la foulée par un représentant de la Maison Blanche, affirmant que Vladimir Poutine était "susceptible" d'être au courant.

Le piratage présumé aurait commencé comme une vengeance personnelle contre Hillary Clinton - avant de discréditer les Etats-Unis aux yeux de ses principaux alliés pour "être un leader mondial crédible", selon les sources anonymes citées par NBC News. Donald Trump, qui rejette en bloc ces accusations, a pris la défense de la Russie sur Twitter :

"Il faut soit cesser d'en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout ça est plus qu'indécent", a affirmé vendredi Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, en marge du déplacement du président Vladimir Poutine à Tokyo.

■ Barack Obama joue la carte de la prudence

Le président sortant a demandé vendredi dernier un rapport complet sur les piratages réalisés pendant l'élection présidentielle américaine, devant être remis avant son départ de la Maison Blanche le 20 janvier. En attendant, Barack Obama joue la carte de la prudence dans un entretien accordé à la radio NPR jeudi, qui sera dévoilé en intégralité ce vendredi soir. "Il est clair que si un gouvernement étranger, quel qu'il soit, tente d'entacher l'intégrité de nos élections, alors nous devons agir", a-t-il déclaré sans nommer Vladimir Poutine. "Et nous le ferons, au moment et où nous le déciderons", a déclaré Barack Obama, en poursuivant que "certaines (de ces représailles) seront explicites et publiques, d'autres ne le seront peut-être pas". Le sujet devrait également être évoqué par Barack Obama dans sa conférence de presse ce vendredi à 14h15 (19h15 GTM).

(Avec agences)

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Commentaires
a écrit le 19/12/2016 à 7:52 :
le petit jeu des primaires atteint par la mondialisation ! si un candidat ne vous plait pas on va tout faire pour l'éliminer à la primaire, voila au niveau mondial transposé la manoeuvre qui a conduit à l'élimination de Sarkozy en 2016, de Aubry en 2011.
chaque système engendre ses contre effets. Bien joué.
a écrit le 18/12/2016 à 14:38 :
Honneur d'être parmi les informés par e.mails de toute nouvelle
a écrit le 17/12/2016 à 14:03 :
France et Amérique les donneurs de leçons au reste du monde...
En ce moment tout est bon pour tenter de déstabiliser Vladimir Poutine. Mais il y a du travail, il n'a pas fait l'ENA mais l'école du KGB !
a écrit le 17/12/2016 à 10:56 :
Quand la présidente démocrate a triché pour faire gagner Clinton contre Sanders ça n'a pas fait autant de bruit.
a écrit le 17/12/2016 à 10:32 :
Et même si ces assertions sont véridiques, les États, les Partis et autres entités n'ont qu'à mieux se protéger des hackers. Il ne manque pas d'officines un peu partout pour organiser cela. Mais voilà, certains sont beaucoup trop naïfs ou radins qui ne croient pas pouvoir être la cible de gens mal intentionnés ! Le monde est devenu comme cela et chacun peut déjà voir quotidiennement des tentatives d'arnaques fleurir sur sa messagerie .....
a écrit le 17/12/2016 à 9:47 :
OU sont les preuves ???
( ps :" ne faites pas ce que nous faisons , nous ! "
: signé obama , nom de code "rénégade " !)
a écrit le 17/12/2016 à 8:33 :
Et la NSA, elle fait quoi ? Du tricot ou des sudoku ? Et en plus, elle le fait ouvertement, avec la bénédiction du Président américain et du Congrès des Etats-Unis. Et tous les Etats du monde, y compris les autres pays occidentaux qui se sont plaints d'avoir été écoutés par leurs alliées américains récemment, en font autant. C'est juste une question de moyens qui bride leur performance en la matière. Pourquoi vouloir déclencher une crise internationale parce que le camp démocrate a perdu les élections ? Cela commence à bien faire, ces mauvais perdants qui préfèrent saborder la paix mondiale plutôt que de reconnaître leur défaite...
a écrit le 17/12/2016 à 8:23 :
Obana ne cherche qu'a semer le doute sur l'élection de Trump pour continuer la politique suivie depuis 2001 et son Nouvel Ordre Mondial!
a écrit le 16/12/2016 à 21:35 :
En dehors du piratage pas du tout impossible de la Russie, les US auraient-ils le monopole dans ce domaine ? Les Manning, Snowden et consorts n'ont-ils pas dénoncés les pratiques en la matière ?
a écrit le 16/12/2016 à 20:40 :
"Il est clair que si un gouvernement étranger, quel qu'il soit, tente d'entacher l'intégrité de nos élections". Le terme d'intégrité fait sourire, car le Partie Démocrate a justement bidouillé le choix du candidat en faisant tout pour permettre à H.Clinton de battre B. Sander. B. Sander qui lui aurait probablement battu D.Trump. Tous les pays qui en ont la possibilité espionnent leurs voisins et les USA sont ceux qui en ont le plus les moyens et qui le font le plus. Par contre il faut savoir si une puissance étrangère utilise ses moyens pour influencer les élections en diffusant des informations ou en faisant agir des groupes d'influences ( le syndicat FO a été considéré comme un relais de la CIA pendant quelques années ). Reste que ces révélations ont été diffusé par le site Wikileaks et que Barack Obama n'accuse pas Julian Assange réfugié à l'ambassade d'Équateur de Londres ni même le site Wikileaks.
a écrit le 16/12/2016 à 18:48 :
Piratage de la Russie, ou piratage de hackers russes?.. je crois que les quidam ne sauront jamais ce qu'il en est, les américains n'étant pas fiables (c'est un peu le remake des armes de destructions massives..)..

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