Huawei poursuit sa marche en avant

Par Pierre Manière  |   |  545  mots
En 2017, Huawei a vendu 153 millions de smartphones dans le monde (+10%). (Crédits : Yves Herman)
Le géant chinois des équipements télécoms et des smartphones a vu ses ventes progresser de 15% à 78 milliards d’euros l’an dernier. Le groupe de Shenzhen est toutefois confronté à une concurrence de plus en plus féroce dans les smartphones, et n’arrive toujours pas à se développer sur le très stratégique marché américain.

Le géant chinois continue de tracer sa route. L'an dernier, Huawei a vu son chiffre d'affaires progresser de 15,7% à 604 milliards de yuans (78 milliards d'euros). Si la croissance du groupe de Shenzhen demeure soutenue, elle est toutefois deux fois moins importante qu'en 2016, où ses ventes avaient progressé de 32%. Reste qu'en parallèle, le groupe a vu son bénéfice net bondir de 28% à 47,5 milliards de yuans (soit 6,14 milliards d'euros) l'an dernier. Sachant que pour rappel, celui-ci avait fait du sur place en 2016 (+0,4%).

Dans les équipements télécoms - où Huawei est numéro deux derrière le suédois Ericsson -, qui constituent plus de la moitié de son chiffre d'affaires, le géant de Shenzhen fait face à une concurrence de plus en plus féroce. Cette branche historique du groupe n'a vu ses ventes progresser que de 2,5%. Ken Hu, le directeur général de Huawei, a jugé que cette faible croissance n'était pas si mauvaise que cela : « [Il s'agit d'] une performance déjà peu aisée à atteindre », a-t-il déclaré.

Des rivaux chinois menaçants

Aujourd'hui, ce qui tire la croissance de Huawei, c'est sa division « biens de consommation », qui comprend notamment les smartphones. Sachant, pour rappel, que le groupe chinois ne s'est lancé dans la vente de terminaux en marque propre qu'en 2013. Cette branche, qui représente 40% de son chiffre d'affaires, a vu ses revenus progresser de 32%. Plus concrètement, Huawei a écoulé 153 millions de smartphones en 2017 (+10% par rapport à l'exercice précédent). Numéro trois mondial des smartphones derrière Samsung et Apple - qui en ont vendu l'an dernier respectivement 321 et 214 millions -, le groupe de Shenzhen dispose, selon les chiffres de l'institut Gartner, d'une part de marché de 9,80%, contre 8,90% en 2016.

Problème : Huawei est sur ce créneau de plus en plus concurrencé par de nouveaux arrivants. Parmi eux, il y a ses rivaux chinois Oppo et Vivo. En 2017, ces deux fabricants ont respectivement écoulés 112 et 99 millions de smartphones dans le monde, et grignotent, petit à petit, des parts de marché. Aujourd'hui quatrième et cinquième vendeurs mondiaux de terminaux, ils pourraient bien, d'ici peu, déloger Huawei du podium.

Huawei mise sur l'IA, la 5G et les objets connectés

Pour conserver sa place, Huawei mise aujourd'hui largement sur l'Europe. Voilà pourquoi le groupe a choisi Paris pour lancer, ce mardi, ses nouveaux terminaux haut-de-gamme, les P20 et P20 Pro. L'objectif du groupe est clair : alors qu'il n'arrive pas à se développer aux Etats-Unis, sur fond de tensions entre Washington et Pékin, Huawei a fait du Vieux Continent sa priorité pour doper ses ventes.

Lors de la présentation des résultats annuels, Ken Hu s'est dit « désolé » des revers commerciaux de son groupe au pays de l'Oncle Sam, où l'exécutif américain redoute que le géant chinois l'espionne via ses équipements télécoms et ses smartphones. « Ces difficultés aux Etats-Unis nous obligent à travailler plus dur pour chercher la croissance ailleurs et trouver davantage d'entreprises partenaires », a-t-il poursuivi. Huawei, qui a investi 11,6 milliards en recherche et développement l'an dernier, mise notamment sur l'Internet des objets, l'intelligence artificielle et la 5G pour prendre l'avantage sur ses concurrents.

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(avec AFP)