Geneviève Almouzni, l'art de la science

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(Crédits : DR)
Cette spécialiste du génome est la première femme depuis Marie Curie et sa fille Irène à occuper la direction de la recherche de l’Institut Curie.

Elle est impatiente, impérieuse, même. D'ailleurs, en attendant l'interview, Geneviève Almouzni s'occupe à briquer son bureau. Un bureau où trônent une grenouille en peluche, symbole de ses recherches, et sa guitare.

« J'ai commencé toute petite et récemment j'ai demandé à un chercheur de faire une "guitare talk" pour mes équipes », raconte-t-elle, enjouée.

Car Geneviève Almouzni, première femme depuis Marie Curie et sa fille Irène à occuper la direction de la recherche de l'Institut Curie, est tout sauf une « polarde ».

Certes, elle était douée à l'école - « cela m'amusait, mais cela n'allait pas assez vite » - et lorsqu'elle a passé les concours (Normale, Agro, Ponts...) elle les a tous réussis. Mais c'est avant tout une créative. Une femme qui sait et aime sortir des sentiers battus.

« Mes parents [une mère institutrice et un père dans l'administration, ndlr], qui sont venus d'Algérie en 1962, m'ont laissé la liberté de faire ce que je voulais », dit-elle.

Et ce qu'elle voulait, c'était faire de la recherche médicale. Après sa thèse à l'université Pierre-et-Marie-Curie, puis un passage au centre de recherche de Bethesda, aux États-Unis, elle revient en France avec son fils et son mari - qui l'a toujours soutenue - et postule pour le programme ATIP du CNRS, « qui permettait l'accueil d'équipes venues du monde entier », précise-t-elle. L'inverse du mandarinat français en quelque sorte...

Mais c'est sur un « coin de paillasse », à Curie, en 1994, qu'elle commence, seule, ses recherches sur l'organisation du génome. Elle monte une équipe internationale et se retrouve bientôt à la tête d'une unité, puis à la direction du centre de recherche. Un parcours remarquable qui lui a valu le prix européen Femmes de science, en 2013, et sa nomination à l'Académie des Sciences.

« La société, et les hommes en particulier, doit reconnaître que les femmes savent faire », déclare cette chef d'équipe, qui s'attache toujours à fortifier la confiance des jeunes et des femmes autour d'elle.

Les choses, évidemment, ne vont pas assez vite pour elle, mais, en bonne scientifique et en bel esprit pratique, elle sait que les résultats se font parfois attendre...

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Portraits :

>>> Meghan Conroy, le diagnostic dans l'objectif
>>> Lindsey Nefesh-Clarke, l'émancipation par le don 
>>> Corinne Colson Lafon, le management pour l'humain 
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