Les médias français bientôt bannis de Google ?

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Copyright Reuters (Crédits : <small>Reuters / source Google, août 2012</small>)
Le moteur de recherche a écrit au gouvernement pour prévenir que s'il devait rémunérer les éditeurs de presse, sur le modèle de la « Lex Google » allemande, il cesserait de référencer les sites français. Il avait déjà déréférencé les sites belges en 2011.

La contre-attaque était prévisible. Menacé d'une taxe réclamée par les éditeurs de presse, le moteur de recherche Google a écrit au gouvernement français pour le prévenir qu'il serait « en conséquence contraint de ne plus référencer les sites français » selon le courrier adressé en octobre à plusieurs ministériels. S'inspirant du récent projet de loi allemand baptisé « Lex Google », qui prévoit de faire payer les liens hypertextes les éditeurs français ont demandé en septembre au gouvernement un projet de loi visant à obliger les moteurs de recherche, principalement Google, à les rétribuer pour chaque lecture d'un article par un internaute passé par le moteur via le versement de « droits voisins », une sorte de prolongation des droits d'auteur. La Ministre de la Culture Aurélie Filippetti a jugé « extrêmement pertinente » cette idée de créer un droit voisin mercredi, devant la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale et même indiqué que Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) « y travaille. » Menace en l'air de Google ? Pas forcément !

Le précédent du bras de fer avec la presse belge
A l'été 2011, Google avait décidé de ne plus référencer les quotidiens belges, déjà au sujet d'un contentieux sur les droits d'auteur. En tapant « Le Soir » ou « La libre Belgique » dans le moteur de recherche, impossible de tomber sur ces deux médias, qui avaient purement disparu du web selon Google. Pendant trois jours, face au tollé suscité par cette forme de boycott. Mais c'est une victoire à la Pyrrhus pour les éditeurs belges puisque les articles et photographies publiés dans les journaux belges ne sont désormais plus référencés dans Google Actualités, qui représente une source de trafic importante. Dans son courrier aux ministres français, Google écrit qu'il « ne peut accepter que l'instauration d'un droit voisin pour le référencement de sites de presse français mette en cause son existence même. » Il rappelle au passage qu'il « redirige 4 milliards de clics par mois vers les pages internet des éditeurs » de l'Hexagone. Aux yeux du géant de l'Internet, « en réalité, l'ambition de ce texte est d'interdire le référencement non rémunéré. Une telle loi aboutirait à limiter l'accès à l'information, à réduire le nombre de sites français référencés sur internet mais aussi à freiner l'innovation » et même « ralentir Internet », argument classique du groupe de Mountain View. Le projet de texte actuel prévoit des peines de trois ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende pour les contrevenants.
 

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Commentaires
a écrit le 18/10/2012 à 21:35 :
Le référencement d'un site par Google est gratuit. C'est un gage de liberté d'expression. N'importe quel auteur peut devenir célèbre sans débourser un sou excepté sa peine à faire vivre un site intelligent.
Google gagne sa vie sur la pub afin de financer ses recherches et développements. Il est incompréhensible que les journaux ne gagnent pas leur vie de la même manière pour financer la collecte d'information de terrain.
Réponse de le 18/10/2012 à 22:47 :
Dans le Libre au niveau logiciel, chaque projet a été obligé de mettre en avant LEUR moteur de recherche, et parfois, de véhiculer leurs slogans. Certes, c'est de la pub gratuite. Comme pour microsoft. Il est en effet incompréhensible que goole gagne sa vie sur l'intoxication générale.
a écrit le 18/10/2012 à 21:06 :
La plupart des commentaires pro-google oublie que l'objectif de Google n'est pas de faire circuler l'information c'est de ramener les clients vers lui. Quoi qu'on dise, on ne peut pas accepter un trust qui fasse plier les états, personne ne vote pour Google.
Réponse de le 19/10/2012 à 0:14 :
Il faut bien comprendre que dans les revenus/activités de Google, la France c'est de l'ordre de la taille d'une mouche sur le cul d'une vache (expression texane) ...
Réponse de le 19/10/2012 à 11:28 :
@jboss: l'objectif de Google est avant tout de faire du FRIC et c'est bien normal, et elle le fait en apportant un service innovant, performant, et qui repond au besoin des internautes, ainsi qu'en investissant massivement dans la recherche & developpement. Vous oubliez, ainsi que les socialistes qui nous dirigent, que nous vivons dans un monde libre: fort heureusement, n'importe quel acteur libre de ce monde (entreprise, citoyen ou autre) peut dire a un gouvernement d'aller se faire f****, en particulier lorsque le rapport de force est grandement en sa faveur (car en l'occurrence les editeurs francais beneficient plus de Google que l'inverse)... Vous pensiez que l'Etat avait le monopole de la violence et du pouvoir de nuisance? Il est heureux de constater que ce n'est pas le cas... A nouveau, le socialisme se trouve a court de l'agent des autres... La presse francaise va mourir car elle est de pietre qualite, est incapable de s'adapter, et vit de subventions publiques a defaut de chercher a produire un contenu de qualite/qui plaise a ses lecteurs... La France va s'effondrer sous le poids de son ideologie socialiste et de son Etat obese, occasionnant des faillites en cascade et dommages sociaux considerables, et je m'en frotte les mains d'avance...
a écrit le 18/10/2012 à 20:31 :
Google a raison c'est encore une atteinte a nos libertes et un raqette organise par la gauche caviar qui va nous ponpes jusqu'a l'os
a écrit le 18/10/2012 à 20:07 :
ca serait bien que google les dereference... ca leur remettrait l'ego a sa place; au bout de deux mois ils perdraient 80% de leurs traffic...
Réponse de le 18/10/2012 à 22:14 :
Juste ce que je pensais...
Réponse de le 18/10/2012 à 22:52 :
Vous êtes à côté de la plaque c'est - de 40% pas 80%
a écrit le 18/10/2012 à 19:52 :
la presse a des difficulté; soit.
ce n'est pas une raison pour taxer le métier des autres.
Réponse de le 18/10/2012 à 20:08 :
Sauf que le métier des "autres", Gerard, est de pomper TOUT le savoir de la planète afin de le monnayer. Et il ne le cache même pas car ils l'ont annoncé publiquement.
a écrit le 18/10/2012 à 19:15 :
Alors là, attention ! Google n'est pas le premier pigeon venu...
Réponse de le 18/10/2012 à 22:14 :
Si bien sûr, vous avez rien compris...
a écrit le 18/10/2012 à 19:13 :
On s'en contre - fou, il y a déjà pléthore d'information et quand je dis "information", il s'agit bien souvent de la même information reprise par tous les médias et qui tourne en boucle. On peut donc bien se passer des services de Google, par contre, eux, ils ont besoin des "clics "internautes.C'est leur fonds de commerce.
a écrit le 18/10/2012 à 19:08 :
Je ne vois pas ou est le soucis, GOOGLE ne référence plus donc n'est plus concerné ? Ou est au juste le problème ? Comme le but est de faire payer GOOGLE alors qu'il est le moteur de recherche et non l'éditeur en quoi sortir de GOOGLE sera un problème ? Si nous sommes si fort alors il n'y a qu'à faire sans eux ! C'est un fournisseur et une entreprise privé ! Il y a d'autres moteurs ou je me trompe ???!!!!!
Réponse de le 19/10/2012 à 14:30 :
Absolument, il y a d'autres moteurs de recherches qui fonctionnent tout aussi bien (perso je n'utilise jamais Google !).
Réponse de le 19/10/2012 à 14:58 :
Sauf qu'il est clair que la frequentation chutera sensiblement sur les sites en question (car beaucoup de gens utilisent Google parce que c'est justement percu comme etant meilleur que d'autres moteurs. Voir comment Google a grignote les parts de marche de Yahoo et autres des le commencement)... Ca ne sera certainement pas a l'avantage des editeurs francais...
a écrit le 18/10/2012 à 19:01 :
Google a tout à fait raison....si les sites de presse francais ne sont plus référencés ils meurent...et je serai curieux de savoir combien ils pourront vendre leurs espaces publicitaires si ils ne sont plus référencés...merci une fois de plus à notre nouveau gouvernement pour la pertinence de ses propositions!
Réponse de le 18/10/2012 à 20:04 :
Tiens...? Tomtom qui reconnait lui-même que goole ne fait que nous exploiter pour mieux placer sa pub... Merci, Tom. Et restes bien attentif aux pub.
a écrit le 18/10/2012 à 18:47 :
Logique, en vertu de la Loi, si Google Actu continue de référencer les medias français, il paye une taxe. s'il ne les référence pas, il ne paie rien. Honnetement, que feriez-vous a leur place ?
a écrit le 18/10/2012 à 18:31 :
Absurde coup de gueule contre Google ?

Avoir une vingtaine de blogs via Google (http://pamphletaire.blogspot.fr/search/label/Google) et utiliser régulièrement les outils gratuitement mis à disposition par le géant américain ne m?empêche pas de payer un abonnement pour l?incontournable quotidien du soir dans sa version numérique. La crise de la presse française n?est certainement pas due à cet efficace moteur de recherche. Son onglet « Actualités » permet au contraire de mettre à l?honneur le pluralisme médiatique et au curieux de découvrir de nouveaux titres de presse qui, sans cela, devraient se contenter d?une audience confidentielle.
Réponse de le 18/10/2012 à 18:52 :
Amusant, Decrauze. Goole m'envoie TOUS LES MOIS un "cadeau" de 75 Euros pour que j'utilise leurs "services". Que je refuse systématiquement, d'ailleurs. Mais cherchons l'erreur. Car le but de leur manoeuvre est de me cerner pour mieux ... m'exploiter. Tout bêtement. Alors les "services gratuits" de goole, non merci.
Réponse de le 18/10/2012 à 19:03 :
t'exploiter? mdr la théorie du complot!!!
a écrit le 18/10/2012 à 18:28 :
Google ne paye pas assez de taxe vu son profit en europe et surtout en France.
Et il n'est pas seul moteur de recherche... on peut toujours allez voir ailleurs...
Réponse de le 18/10/2012 à 18:53 :
yahoo ou bing , effectivement il faut arréter de se faire dicter sa loi par quelques sociétés prétentieuses
a écrit le 18/10/2012 à 18:11 :
D'ailleurs, est-il vraiment notre "ami"...?? Surtout que de nombreux concurrents existent, puis, à tout hasard, voyez le nombre de moteur scrutés par Ixquick. Chacun d'eux a un fil d'actus...
Réponse de le 18/10/2012 à 20:23 :
Sauf que tes moteurs devront payés aussi, ce qu'ils ne feront pas. Donc ta remarque est débile.
a écrit le 18/10/2012 à 18:03 :
Je trouve que les médias français veulent le beurre et l'argent du beurre. Ils ne peuvent pas vivre de la vente d'impressions publicitaires qui dépendent de l'audience, dépendre pour cette audience à + de 40% de Google et donc gagner de l'argent grâce Google tout en leur en demandant toujours plus. Je trouve Google très grossier par ses méthodes mais en même temps les gens ne lisent pas les articles sur Google, Google renvoie vers le site de l'éditeur. Ils gagnent de l'argent au passage mais combien en font ils gagner aux éditeurs. Si on schématise, un éditeur qui fait 1 million d'euros de CA pub sur internet et dont l'audience provient à 40% de Google peut dire que Google lui a rapporté 400 000?... pas mal pour des "méchants"... Le raisonnement est schématisé mais il prouve la complexité du problème
Réponse de le 19/10/2012 à 12:24 :
En préambule, le parasitisme escompté de la presse française n'a rien à voir avec l'incurie de nos gouvernants successifs à mettre en ?uvre une taxation justifiée de l'exploitation par Google de l'internet français (pour autant qu'il existe) ou tout du moins de son CA réalisé en France. Après tout, François P. ou Liliane B. ont un taux d'imposition bien inférieur à celle dont est gratifié un Français disposant de revenus médians. Et là, personne (et surtout pas la presse hexagonale) n'y trouve à redire. Bref? Ce n'est pas le sujet.

Google est un apporteur d'affaires, sur Internet. Il n'a pas de clients parmi les internautes dans l'activité qui consiste à consulter. Ces internautes sont plutôt sa matière première, dont il analyse le comportement pour mieux "les vendre" aux annonceurs. Dans le monde réel (celui qui n'est pas sous perfusion du contribuable plus que ça, quelques % via les aides à l'emploi), ce sont bien les clients de Google qui le paient pour que celui-ci réalise sa prestation, notamment via Adwords. C'est tout à fait normal, ça se fait dans tous les domaines et ça n'a rien de nouveau : un apporteur d'affaire touche un faible pourcentage du produit réalisé sur le client final.

En même temps, Google est une (très grosse) régie publicitaire sur le réseau. Il vend de l'affichage publicitaire ciblé sur une partie de ses sites (outils, services), mais aussi au travers de sites tiers, via "Google Adsense". Dans ce dernier cas, il fournit (gratuitement) une interface permettant d'afficher les publicités qu'il vend à ses annonceurs (sous la forme d'enchères "Adwords") à tout site qui le souhaite. Celui-ci en tirera une rémunération substantielle versée par Google.

Dans le cas particulier de la presse, Google profite de sa notoriété, initialement issue de son algorithme de recherche très performant ("Google Search", qu'il a ensuite amélioré au travers de méthode de ciblage officiellement anonymisées), pour proposer gratuitement à tous (internautes "lecteurs" comme éditeurs de presse) un agrégat de lien sous la forme de courtes citations assorties de liens hypertexte. Ce service a pour nom "Google actu" (Google news) et n'affiche aucune publicité. Ce service n'est donc pas directement valorisé pour Google : c'est un outil de ciblage (pour les gens "connectés" aka identifiés par Google) et d'acquisition de trafic (à rediriger) en contrepartie du service promu : rassembler, trier, valoriser les articles de presse.

Voici pour le cadre. Que veulent les lobbyistes-rentiers-du-contribuable sous couvert de journalisme ? Instaurer un droit voisin du droit d'auteur (!) qui pénalise la reprise de ces "contenus culturels" et qui prétend par-là qu'un journaleux de bas étage affecté à la rubrique des chiens écrasé est un "artiste" qui produit "des ?uvres originales de l'esprit". Trêve de boutade : 300.000? d'amende et 3 ans de prison ferme pour quiconque s'aviserait de spolier la brève sur la fin sordide du chat de la mère Michèle. Partageurs de liens via Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux? Attention ! Les geôles ne sont pas loin ! Quels engeôleurs, ces journalistes ! (Oups ! J'ai comme un doute sur l'orthographe)

Dans sa grande mansuétude et son incommensurable magnanimité, les lobbyistes-rentiers-du-contribuable sous couvert de journalisme prévoient toutefois de concéder à Google une licence d'exploitation de leurs ?uvres d'art (le chat de la mère Michèle, toujours lui), bien évidemment contre écus (rappelez-vous, avant l'euro !) sonnant et trébuchant. Désormais, dans le monde fantasmé des lobbyistes, c'est à l'apporteur d'affaire de payer. Il faut payer pour obtenir l'insigne honneur de permettre au journaliste (d'essayer vainement) de gagner son pain (en clair : maintenir sa rente pour lui éviter de lever ses miches de son confortable fauteuil). Voilà, c'est dit, c'est comme ça. C'est même appuyé par le ministère idoine, dit de la (ou de l'in)culture.

Ce à quoi rétorque justement Google, l'apporteur d'affaires : "merci, mais non merci. Dans ce cas-là, je vais plutôt arrêter de vous apporter des clients." J'imagine que le vilain gueux Google a de d'innombrables rejetons à nourrir, et que dans son taudis il préfère sans doute faire la chasse aux parasites nuisibles que les engraisser (on me souffle à l'oreille que Google serait une multinationale tentaculaire aux moyens énormes). Ça parait plutôt logique et mesuré, non ? Une saine réaction de "bonus pater familias" ? Pourtant ça fait hurler les lobbyistes-rentiers-du-contribuable et leurs séides. C'est à n'y rien comprendre? Pourquoi se plaindre que l'on puisse respecter la loi qu'on veut promulguer, alors que le contrevenant (délinquant, même !) cesse de lui même de "spolier la brève sur la fin sordide du chat de la mère Michèle" ? Quand on érige un principe (même douteux à ce point) en loi, c'est pour qu'elle soit respectée, non?

De deux choses l'une. Soit les lobbyistes en questions sont de parfaits imbéciles, d'une bêtise crasse de la plus belle sorte, soit ils sont retors et vils au point d'amener l'idée que le lien http, fondement du web s'il en est, peut devenir (et sera, si on les laisse faire) quelque chose de payant. Ça ne vous rappelle rien ? 3617 TEGÊNESPASMETSLAMOI (1,17?/mn). La nouvelle vision de l'internet libre selon la presse française?

Réponse de le 19/10/2012 à 12:41 :
Ah ah, tres bon :)
Réponse de le 19/10/2012 à 17:39 :
Excellent :-)

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