Start-up : AirBnB, quatre ans d'existence, serait déjà valorisée 2,5 milliards de dollars

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Peter Thiel, co-fondateur de PayPal reconverti dans le capital-risque, ferait partie du tour de table. Copyright Reuters
Peter Thiel, co-fondateur de PayPal reconverti dans le capital-risque, ferait partie du tour de table. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Le site américain de location entre particuliers s'apprête à lever 150 millions de dollars auprès de Peter Thiel, cofondateur de PayPal et ex-actionnaire de la première heure de Facebook, selon le «Wall Street Journal». La start-up en forte croissance fait des émules et crée la polémique.

Bulle, vous avez dit bulle? La start-up californienne AirBnB, qui édite un site de location de logements entre particuliers, s'apprêterait à lever 150 millions de dollars dans le cadre d'un tour de table la valorisant 2,5 milliards de dollars, selon le «Wall Street Journal». Le site Tech Crunch avait évoqué fin septembre une valorisation de «plus de 2 milliards». Si ce montant de 2,5 milliards se confirme, c'est presque deux fois plus que lors de la précédente levée de fonds en juillet 2011: une injection de 112 millions de dollars auprès d'investisseurs prestigieux, dont le fonds Andreessen Horowitz, le fonds russe Digital Sky Technologies, Jeff Bezos, le fondateur et patron d'Amazon, ainsi que l'acteur Ashton Kutcher, sur la base d'une valorisation de 1,3 milliard de dollars. Parmi les participants à cette nouvelle levée se trouveraient Sequoia Capital (lu aussi déjà présent au capital) et Andreessen Horowitz, ainsi qu'un nouveau venu, Peter Thiel, un des co-fondateurs de PayPal reconverti de capital-risque, un des premiers actionnaires extérieurs de Facebook qui a fait grand bruit cet été en cédant la quasi-totalité des titres qu'il lui restait du réseau social. AirBnB serait aussi mieux valorisé que son concurrent HomeAway Inc (Abritel, Homelidays, Vacation Rentals By Owners, etc) qui cote 2 milliards sur le Nasdaq.

Un chiffre d'affaires estimé autour de 180 millions de dollars
Fondée en 2008, la société de San Francisco se présente comme «une plateforme communautaire de confiance» et comme «le moyen le plus facile de monétiser un espace inoccupé»: un appartement à louer pour un week-end, une villa pour un mois, etc. AirbnB, qui se rémunère par le biais de commissions sur chaque transaction réalisée sur son site dont l'accès est gratuit (3% du coût de réservation pour les «hôtes» et 6% à 12% pour le client), est en forte croissance : elle a franchi en juin dernier les 10 millions de nuitées réservées, quatre mois après avoir atteint les 5 millions et treize mois après avoir dépassé le 1er million. Plusieurs analystes estiment entre 160 et 180 millions de dollars son chiffre d'affaires en 2012. En quatre ans d'existence, AirBnB s'est structurée. Elle a ouvert plusieurs bureaux dans de grandes métropoles dont Paris, Barcelone, Londres Milan, Sao Paulo, Moscou, etc, et propose ses services dans plus de 30.000 villes et 192 pays. La société protège désormais les biens des propriétaires jusqu'à 1 million de dollars, après la très mauvaise publicité créée par la mise à sac de l'appartement d'une des utilisatrices à San Francisco il y a un an, et met en avant son service d'assistance téléphonique 24/7 en 6 langues.

La concurrence des clones, la grogne des hôteliers et des grandes villes
La société a fait des émules et plusieurs AirBnB à la française se sont lancés comme Sejourning.com ou Morning Croissant. A Berlin, son clone Wimdu (400 employés) a levé l'an dernier 90 millions de dollars auprès du fonds suédois Kinnevik et de l'incubateur allemand Rocket Internet. Outre la concurrence de ces sites qui pullulent, dont il a fait l'acquisition de certains comme Crashpadder à Londres et Accoleo en Allemagne, AirBnB doit faire face à la grogne des hôteliers, qui dénoncent cette nouvelle concurrence «déloyale», et de certaines grandes villes (Paris, New York, et San Francisco) qui n'apprécient guère de ne pas percevoir les taxes sur les nuitées. Depuis l'an dernier, la ville de New York a interdit à ses résidents de louer des appartements entiers, n'autorisant que la location de chambres. Et la ville de San Francisco réclame que les "hôtes" d'AirBnB paient la taxe hôtelière...
 

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Commentaires
a écrit le 21/04/2013 à 19:31 :
J'ai un peu du mal à comprendre le problème avec la taxe de séjour pour les grandes villes, juridiquement je penses qu'elles y ont droit (en tout cas pour Paris c'est sur puisque les hôtes des chambres d'hôtes doivent payer cette taxe!). Pourquoi airbnb ne prélève pas directement cette taxe sur la réservation ? ça augmenterais un peu le prix de la nuitée mais au moins airbnb serait conforme à la loi et surtout ne se verrais pas infliger d'interdiction comme à New York pour les appartement entier. N'y a t-il pas un problème plus complexe derrière tout ça ?
a écrit le 25/10/2012 à 13:32 :
Les levées de fonds de airbnb.fr se suivent et se ressemblent.....presque.
Les niveaux de valorisation sont de plus en plus stratosphériques et difficilement justifiables par les performances financières de l'entreprise.....
http://leverdesfonds.org/2012/03/27/la-location-saisonniere-aiguise-lappetit-des-investisseurs/
a écrit le 23/10/2012 à 9:10 :
@la tribune: comment fait-on pour envoyer un article par mail sans passer par tweet, facebook, etc???

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