La "Silicon Allee" de Berlin attire les start-up grâce à ses faibles loyers

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Faible coût de la vie, bonnes infrastructures et vastes espaces disponibles, les conditions sont avantageuses pour ces petites entreprises qui recrutent sur place les talents internationaux
Faible coût de la vie, bonnes infrastructures et vastes espaces disponibles, les conditions sont avantageuses pour ces petites entreprises qui recrutent sur place les talents internationaux (Crédits : DR)
Avec ses faibles loyers et son vivier de jeunes créatifs, la capitale des start-up en Allemagne a encore besoin de temps pour s’imposer à l’international.

Faire pousser des start-up sur le tarmac d'un ancien aéroport ? L'idée a germé à Berlin : créer un campus consacré aux jeunes entreprises dans l'aéroport de Tempelhof, fermé en 2008 et transformé en parc.

Le projet, annoncé par le maire de Berlin, Klaus Wowereit, fait partie des principales propositions du cabinet McKinsey dans une étude présentée début octobre à laquelle le Sénat berlinois a étroitement collaboré.

L'objectif : faire de Berlin la première métropole du secteur en Europe. Selon McKinsey, la capitale se classe aujourd'hui à la cinquième place, derrière Tel Aviv, Londres, Paris et Moscou. À la clé, le cabinet promet la création de plus de 100.000 emplois d'ici à 2020. Un chiffre qui fait rêver Berlin, dépourvue d'industries et de grands sièges sociaux, où le taux de chômage est d'environ 12 %.

La ville cherche à encourager le développement du secteur, initié depuis environ dix ans et en pleine accélération. Quatre-cent-soixante-neuf start-up y ont été fondées en 2012 dans l'économie numérique, qui emploie plus de 62.000 salariés. Parmi les poids lourds, la plate-forme musicale SoundCloud, ou le site de vente de chaussures en ligne Zalando.

Ce qui attire ici : le faible coût de la vie

Loin devant Munich ou Hambourg, Berlin s'est imposée comme la capitale des start-up en Allemagne. On la surnomme « Silicon Allee », en référence à Schönhauser Allee, quartier où sont installées nombre de ces jeunes entreprises.

Faible coût de la vie, bonnes infrastructures et vastes espaces disponibles, les conditions sont avantageuses pour ces petites entreprises qui recrutent sur place les talents internationaux.

« Toujours plus de têtes créatives et bien formées s'installent à Berlin, qui attire grâce à ses bonnes universités, sa grande offre culturelle et ses faibles loyers », résume Jan Pörksen, en charge des créations d'entreprises à la CCI (IHK) de Berlin.

Chez Wooga, start-up spécialisée dans les jeux sur mobiles, on se pâme devant « l'incroyable dynamisme » de la ville. Ses plus de 250 employés occupent des bureaux d'environ 3.000 m2 au coeur de Berlin, près d'Alexanderplatz.

« Des conditions inimaginables à Londres ou à Paris », souligne Fabian Heuser, porte-parole de l'entreprise fondée en 2009. Outre la plate-forme en ligne « gruenden-in-berlin.de », qui coordonne les di"érentes aides, les pouvoirs publics locaux soutiennent principalement les startup via la banque d'investissement du Land (IBB).

Du microcrédit de quelques milliers d'euros jusqu'aux participations de plusieurs millions d'euros, la banque a ainsi investi 37 millions d'euros en programmes d'aide et 12,1 millions d'euros en participations en 2012. La CCI contribue aussi à mettre les entreprises en relation avec les banques ou les universités et leur offre des conseils en anglais, quand les administrations parlent encore souvent uniquement l'allemand.

Parmi les pistes lancées par McKinsey figure la création d'un fonds de 100 millions d'euros de capitaux privés. Car si les start-up berlinoises sont plutôt bien financées à leur lancement, les capitaux manquent pour leur développement. Ils commencent bien à affluer (133 millions d'euros en capital-risque investis en 2012, 34,2 millions en 2009), mais les volumes restent insuffisants. En cause : la frilosité des investisseurs allemands et le jeune âge de la scène berlinoise.

« Berlin a surtout besoin de temps », analyse Sascha Schubert, de la fédération allemande des start-up.

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