EXCLUSIF La taxe pour financer France Télévisions ne rapporte pas assez

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Pour financer France Télévisions dont Rémy Pflimlin prend la tête ce dimanche, le gouvernement est pris en étau entre les députés qui veulent maintenir la publicité et les taxes sur les chaînes privées et les télécoms qui rapportent beaucoup moins que prévu.

Le financement de France Télévisions, dont Rémy Plimlin prend la tête ce dimanche,  pourrait figurer parmi les sujets abordés ce vendredi à Brégançon. En tout cas, le gouvernement devrait enfin arrêter une position sur le sujet d'ici début septembre dans le cadre du budget pluriannuel 2011-2013. Car la question est devenue un casse-tête depuis quelques mois. En théorie, la suppression de la publicité en soirée sur les chaînes publiques devait être financée par deux taxes sur le chiffre d'affaires des chaînes de télévision et des opérateurs télécoms. Mais ces taxes rapportent beaucoup moins qu'espéré : 215 millions d'euros en 2009 (366 millions prévus en 2010), loin des 450 millions d'euros espérés.

Première explication : ces taxes n'ont été imposées qu'à partir de l'entrée en vigueur de la loi sur l'audiovisuel public, le 5 mars 2009. Ensuite, elles sont prélevées chaque trimestre, et donc le dernier trimestre 2009 n'a pas contribué au budget 2009 mais 2010.

Lobbying intensif

Surtout, ces taxes ont été rabotées suite à un lobbying intensif des entreprises concernées. La taxe sur les chaînes, qui s'élevait initialement à 3 % des recettes publicitaires, a vu son taux réduit. Finalement, elle n'a rapporté en 2009 que 28 millions (36 millions attendus en 2010), loin des 80 millions prévus. TF1 a payé 9,3 millions en 2009 ; M6 3,9 millions ; Canal Plus 3,3 millions ; France Télévisions près de 2 millions.

Quant à la taxe sur les télécoms, elle devait rapporter 380 millions par an. Mais suite au lobbying des opérateurs, l'assiette a été réduite pour exclure la vente et la location d'équipements, les services audiovisuels, etc. Finalement, elle n'a rapporté que 186 millions en 2009 (330 millions prévus en 2010). Heureusement, le budget de France Télévisions est garanti par l'État, qui verse donc le manque à gagner depuis le budget général.

En avril, nouvelle mauvaise surprise : la suppression de la publicité en journée, programmée pour fin 2011 par la loi de mars 2009, est remise en question par les députés UMP, menés par Jean-François Copé. Pour eux, cette suppression est un luxe qu'on ne peut se permettre actuellement - un argument auquel Bercy a fini par être sensible. Un compromis pourrait donc être de repousser d'un - voire deux ans - la disparition totale de la publicité.

Ultime ironie, les recettes publicitaires engrangées en journée s'avèrent excellentes, car une partie des annonceurs a migré du soir vers la journée pour continuer à toucher les CSP+ (catégories socioprofessionnelles supérieures) et les seniors. En 2009, la publicité en journée a rapporté 318 millions d'euros (dont la moitié sur France 2) à France Télévisions, soit une hausse spectaculaire de 24 % par rapport à 2008 (+ 44,5 % sur France 2). Et au 7 juin 2010, les recettes publicitaires des chaînes publiques s'élèvent à 211 millions d'euros, soit une hausse de 13 % par rapport à 2009, et bien mieux que les 168 millions prévus au budget 2010, qui tablait sur un recul de 16 % par rapport à 2009. « En réalité, la suppression de la publicité ne coûtera que 200 millions par an », assure une source gouvernementale.

Palliatifs

Les seuls ardents supporters de la disparition totale de la publicité restent les chaînes privées. Mais, TF1, M6 et Canal Plus, auditionnés le 6 juillet par des députés UMP déterminés, ont proposé des palliatifs : si la publicité devait être maintenue en journée, alors qu'au moins ses tarifs soient régulés ; que le parrainage soit supprimé en soirée (soit environ 30 millions d'euros) ; que la taxe sur les chaînes privées soit allégée, voire retirée...

 

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Commentaires
a écrit le 22/11/2012 à 8:35 :
si les animateurs etaient moins payer cela ferait des econnomies mais je suppose qu'ils y a d'autre personnes qui ce gavent car voir les programmes sa ne reflette pas les depenses , conclusions tres mauvaises gestions je profite pour signaler que depuis le debut du mois novembre 2012 je n'est plus la 8, 13,14,18,19, pas un mot ,pas une explication, pas une excuse:mais pour augmenter la taxe s'a ete fait 4 euros la taxe equivaut a l'achat d'un televiseur neuf enfin pour finir arreter de nous abuser avec les pubs ou alors en contre partie supprimè la TAXE TELEVISION

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