Musique : les bons chiffres que cache la chute des ventes de CD

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Le secteur de la musique, victime depuis 10 ans de la crise du marché du disque, ne broie pas que du noir. D'autres clignotants sont au vert, comme les concerts ou les droits d'auteur.

La fête de la musique qui se tient mardi est l'occasion de faire le point sur la santé du secteur. Une santé très mauvaise, à en croire les ventes de disques, qui se réduisent comme une peau de chagrin année après année, et qui est l'indicateur sur lequel communique le secteur. Mais non, tous les autres clignotants ne sont pas dans le rouge, et sont - étrangement - moins mis en avant. Car le marché de la musique ne comprend pas que la vente de disques, qui est désormais passée derrière le spectacle vivant, qui, lui, progresse régulièrement...

Les concerts. Le secteur du spectacle vivant (qui inclut les concerts mais aussi les spectacles musicaux et les one-man-shows) affiche une santé financière insolente. En cinq ans, ses recettes de billetterie ont bondi de 61 % (voir graphique). Mais selon le Prodiss, le syndicat des professionnels du spectacle musical de variété, 2010 a marqué le pas avec une baisse de 4 % des perceptions Sacem dans ce domaine, traduisant la transformation en cours du secteur et notamment sa concentration. Le spectacle vivant reste toutefois considéré comme le nouvel eldorado de la musique. Selon une récente étude Xerfi-Precepta, son chiffre d'affaires devrait continuer à progresser d'au moins 2 % par an entre 2011 et 2015. Autre témoin de la bonne santé du secteur, l'intérêt d'acteurs de taille que sont Fimalac et Lagardèrerave;re, qui, depuis quelque temps, sont à l'assaut de ce marché, l'un multipliant les prises de participations, l'autre lui dédiant une filiale...

Les reversements de droits. Les droits reversés aux auteurs-compositeurs (Sacem), aux artistes interprètes (Adami et Spedidam) et aux producteurs (SCPP et SPPF) ont tous largement augmenté depuis 2000. Certes, tous ont été impactés par l'effondrement des ventes de disques, lesquelles sont, par exemple, passées de 21 % à 12 % des recettes de la Sacem depuis 2003. Si le total des droits engrangés a continué à augmenter, c'est que l'essentiel vient d'ailleurs : des concerts, de la diffusion de musique (radio, télévision, lieux publics...), et aussi de la taxe pour la copie privée (prélevée sur les ventes de supports vierges comme les DVD, clés USB, cartes mémoires, etc).

Les producteurs. Les maisons de disques ont aussi été affectées par la chute des ventes de CD, et ont dû licencier massivement, voire se vendre comme Warner, mais elles se sont diversifiées vers d'autres activités plus rentables : merchandising, concerts, édition (vente de droits de chansons)... Ainsi, le leader mondial Universal Music a vu son chiffre d'affaires dans le monde reculer de seulement 33 % depuis 2000 - en partie grâce à des acquisitions. Et aujourd'hui, 15 % de ses revenus viennent de l'édition (avec une marge brute d'exploitation de 30 %), et 6 % du merchandising.

Surtout, la production a globalement réussi à rester bénéficiaire, avec une marge de 9 % en 2008 pour le secteur de l'enregistrement et de l'édition, selon l'Insee. En particulier, Universal France a réussi à tirer son épingle du jeu, avec une marge d'exploitation de 4 % en 2009, soit autant qu'en 2005, selon ses comptes sociaux (mais le résultat net est dans le rouge à cause de la dépréciation de sa filiale d'édition). Et dans le monde, la filiale du français Vivendi a réalisé une marge opérationnelle de 10,6 % en 2010, identique à la marge d'exploitation de 2000.

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