Bon millésime pour le marché du film de Cannes

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Les professionnels du 7ème Art tirent un bilan plutôt positif des affaires conclues lors du l'édition 2012 du Festival de Cannes, qui s'achève ce dimanche soir

"L'édition 2012 est plutôt un bon millésime. Et certains disent même que c'est le meilleur festival qu'ils ont réalisé", assure Jérôme Paillard, délégué général du marché du film de Cannes, reflétant plutôt le sentiment général. Certes, l'édition 2012 a été exécrable du point de vue météorologique. Mais le mauvais temps a été bon pour les affaires, incitant les professionnels de la profession à faire des affaires et à voir des films. Les projections au marché du film ont attiré 25% de spectateurs de plus qu'en 2011.
Selon Jérôme Paillard, "plusieurs gros producteurs comme Pathé, StudioCanal, IM Global... ont fait avancer de très gros budgets. La Russie a acheté beaucoup de films, et le Japon a retrouvé de la vigueur". Parmi les professionnels inscrits au marché, l'Asie et l'Amérique latine ont envoyé des délégations plus importantes, reflétant la nouvelle géopolitique du 7ème Art. De même que la présence de Dubaï et des Emirats Arabes Unis, qui se sont pour la première fois offert un pavillon entier sur la Croisette.

Plus de projets, plus de vendeurs

Le nombre de projets présentés au marché était aussi en forte hausse : 140 contre 89 l'année précédente, selon les calculs d'Alliance Films. Et une demi-douzaine de nouvelles sociétés de ventes internationales ont fait leur apparition, dont le français Alpha Violet.
Bilan plutôt positif aussi pour les producteurs indépendants. Ainsi, Bernard Tanguy, propriétaire de Rezina Prod, dit avoir "quasiment bouclé" lors du festival le financement de son prochain long métrage, « Océane », au budget de moins d'un million d'euros, "ce qui a permis de lancer la mise en production". De même, François Martin Saint Léon, administrateur de production chez Ferris & Brockman, se félicite d'avoir obtenu plusieurs accords de financement pour le premier long métrage de Philipp Mayrhofer, qui présentait un court métrage à la Quinzaine des réalisateurs. "Mais il faut rester prudent : dans l'euphorie cannoise, on vous dit souvent oui, mais cela ne se concrétise pas forcément après", tempère-t-il, regrettant que les films indépendants "ne se financent pas forcément mieux que les années précédentes".

Le retour des fonds d'investissement
 

Autre signe positif : le retour des fonds d'investissements. Ces derniers avaient injecté 15 milliards de dollars dans le 7ème art entre 2005 et 2008, avant de disparaître brutalement avec la crise. Aujourd'hui, c'est le retour. Un fonds de 150 millions de dollars a été annoncé en début de festival par la banque First Wall Street et Angel World Entertainment. A l'automne, Studio Canal avait déjà annoncé un accord de co-financement avec le fonds Anton Capital à hauteur de 500 millions d'euros sur 3 ans. Plus modestement, le producteur indépendant Bernard Tanguy a lui aussi créé son fonds Garance Capital, qui a co-produit « Réality » de Matteo Garrone, présenté en sélection officielle. Garance Capital déjà levé 1,8 million d'euros, et prépare actuellement une nouvelle levée de 5 à 15 millions d'euros. Il explique ainsi ce retour des fonds : "le cinéma, même s'il reste un investissement risqué, redevient attractif par rapport à d'autres comme la bourse. En face, les producteurs ont besoin de financements complémentaires pour faire face à la diminution des financements apportés par les distributeurs et les chaînes de télévision". Jérôme Paillard confirme: "les fonds sont revenus, mais désormais, ils avancent des financements projet par projet, avec des garanties spécifiques à chaque fois, et non les yeux fermés pour toute une série de films en bloc comme avant 2008". 
 

Ombres au tableau

Toutefois, plusieurs ombres restent au tableau. D'abord, les prix de vente des films : "ils sont comparables à ceux de ces dernières années: ils n'ont jamais rattrapé la chute de 30% intervenue en 2008, mais le secteur semble avoir trouvé un nouvel équilibre à ce niveau de prix", pointe Jérôme Paillard.
Ensuite, l'intérêt pour les films en 3D semble s'émousser : "ils sont au même niveau que l'an dernier, peut-être a-t-on atteint un plateau pour ce type de films", dit Jérôme Paillard.
Surtout, plusieurs pays européens restent sinistrés comme l'Italie ou l'Espagne. "Le marché européen se contracte", a déclaré à « Variety » le directeur de Wild Bunch, Vincent Maraval, citant la chaîne de télévision allemande ARD qui a décidé de ne plus acheter de films pendant deux ans. La Grèce a envoyé moins de participants au marché. "En Italie, il n'y avait plus que deux distributeurs, mais cela a laissé la place à de nouveaux petits distributeurs", note Jérôme Paillard.

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Commentaires
a écrit le 28/05/2012 à 13:12 :
Bon millesime certes, je ne vais pas contredire les pro de la branche.
Pour moi bon millesime signifie surtout la rafle de la palme d'or pour un filme francais et desserte d'un prix d'interpretation de la meme facon.

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