Une enquête diffusée sur un faux scandale sexuel... le directeur général de la BBC démissionne

George Entwistle a démissionné samedi après la diffusion d'une enquête accusant à tort de pédophilie un ex-responsable politique conservateur de l'ère Thatcher.
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Le directeur général de la BBC, George Entwistle, a démissionné samedi après la diffusion d'une enquête accusant à tort de pédophilie un ex-responsable politique conservateur de l'ère Thatcher. "J'ai décidé que la chose la plus honorable à faire était de démissionner", a déclaré George Entwistle dans un communiqué diffusé à la télévision. George Entwistle, qui n'occupait ses fonctions que depuis septembre, a déclaré qu'il avait décidé de les abandonner "compte-tenu du fait que le directeur général est aussi le rédacteur en chef et le responsable en fin de compte de tout le contenu" des émissions. "Les événements complètement exceptionnels de ces dernières semaines m'ont amené à conclure que la BBC devrait se trouver un nouveau dirigeant", a-t-il ajouté.

Des excuses sans réserve

La BBC avait présenté des excuses "sans réserve" pour avoir diffusé une enquête de Newsnight, son émission-phare d'investigation, dans laquelle un témoin affirmait avoir été victime de sévices sexuels de la part d'un ancien membre important du parti conservateur dans un foyer de jeunes dans les années 1970. Bien que la BBC n'eût pas nommément identifié ce responsable politique dans son émission de la semaine dernière, le nom de l'ancien trésorier conservateur, Alistair McAlpine, avait ensuite largement circulé sur internet. Le quotidien "The Guardian" a été le premier vendredi à nommer cet homme politique, tout en exprimant des doutes sur la validité du témoignage unique l'incriminant.

Le président du conseil d'administration de la BBC, Chris Patten, a concédé ce dimanche que la chaîne publique avait besoin "d'une refonte en profondeur de son organisation" après avoir vu sa réputation entachée par un double scandale de pédophilie. Interviewé par Andrew Marr sur BBC TV 1, Chris Patten a déclaré que "si vous me demandez si la BBC a besoin d'une refonte en profondeur de son organisation, alors oui elle en a absolument besoin. C'est ce que nous devons faire". Il a ajouté que la validation du reportage accusant à tort de pédophilie un ancien dirigeant conservateur avait pourtant été effectuée "à tous les fichus niveaux de la hiérarchie de la BBC".

Démenti catégorique

Alistair McAlpine a ensuite catégoriquement démenti dans un communiqué les allégations "totalement infondées et gravement diffamatoires". Ce membre de la Chambre des Lords a dénoncé la "folie des médias" tandis que ses avocats annonçaient qu'ils porteraient plainte contre tous ceux qui avaient diffusé ces informations, la BBC en tête, même si elle n'avait pas révélé son nom.

La chaîne publique avait déjà essuyé de nombreuses critiques au cours des dernières semaines après les révélations concernant l'un de ses animateurs-vedettes, Jimmy Savile, décédé en 2011 à l'âge de 84 ans. Il est aujourd'hui soupçonné d'avoir abusé sexuellement de quelque 300 enfants et adolescentes sur une période de 40 ans. Trois enquêtes ont été lancées à ce sujet, dont deux internes à la BBC. Le groupe est notamment accusé d'avoir tenté d'étouffer le scandale en renonçant à diffuser fin 2011, déjà dans "Newsnight", un documentaire qui portait sur ces accusations.

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Commentaires 3
à écrit le 14/11/2012 à 7:45
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La chasse au pédophile a remplacé le MacCarthysme dans les pays anglo-saxons.Du délire basé sur les élucubrations de psychothérapeutes qui sont à la fois juges et partie. La liste des maux attribués à la pédophilie ressemble à celle des sorcières du ...

à écrit le 13/11/2012 à 8:38
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Le seul Entwistle qui mérite qu'on parle de lui est John, le bassiste des Who. Pinball wizard.

à écrit le 12/11/2012 à 4:05
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Voilà où mène l'excès partisan des médias, dans un pays démocratique. En France, rien de tel ne peut arriver. Nos médias sont parfois encore plus partisans qu'en Grande Bretagne, mais ils sont protégés.

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