Après la Norvège, qui abandonnera la radio FM : Corée du Sud, France... ?

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Si, au total, une vingtaine de pays dans le monde se sont dotés de services de RNT, la majorité d'entre eux sont loin d'abandonner définitivement la bande FM.
Si, au total, une vingtaine de pays dans le monde se sont dotés de services de RNT, la majorité d'entre eux sont loin d'abandonner définitivement la bande FM. (Crédits : Tom Godber via Flickr)
En décidant de convertir toutes ses chaînes de radio à la diffusion numérique d'ici à 2017, le pays scandinave fait figure de pionnier. Pourtant, il n'est pas le seul à s'intéresser de près à la radiodiffusion digitale. Tour d'horizon.

La Norvège a fait le grand saut vers la radio digitale. Son gouvernement a en effet annoncé, le 16 avril, abandonner la diffusion radiophonique par bande FM au profit de la Radio Numérique Terrestre (RNT). Si le pays nordique devient ainsi le premier  à renoncer définitivement à la radiodiffusion en "modulation de fréquence" -plus besoin de tourner le bouton millimètre par millimètre pour obtenir un son correct -, d'autres pays pourraient bientôt suivre son exemple, à commencer par le Danemark.

Danemark, Suède et Royaume-Uni dans le sillage de la Norvège

En effet, si plus de 50% des auditeurs danois écoutent la radio via une plateforme digitale d'ici à 2019*, le Danemark abandonnera à son tour la radio analogique hertzienne. Et le pays est déjà bien engagé pour remplir cet objectif : 98% de la population a accès à la RNT et près de la moitié des ménages est équipée pour la recevoir.

Même objectif en Suisse et en Suède, mais à horizon 2020, ou, au plus tard 2024 pour ces deux pays. Dans le cas du pays nordique, notons qu'à peine plus d'un tiers de la population n'est aujourd'hui couvert par la RNT, contre 90% en Suisse.

Si le Royaume-Uni fait également partie des pays susceptibles d'abandonner prochainement la bande FM, le gouvernement a cependant renoncé, fin 2013, à fixer une date butoir. En cause : une couverture encore non optimale et un débit trop faible pour obliger les radios à émettre en RNT d'ici à 2018. Et ce, alors que ce mode de radiodiffusion a été lancé dans le pays en 1995, en même temps que la Norvège. Mais l'objectif n'est pas perdu de vue. Le gouvernement a annoncé début 2015 un plan de développement de la RNT visant à étendre la couverture des radios locales à 8 millions de personnes supplémentaires.

Avancées à petit pas dans le reste du monde

Parmi les pays les plus avancés dans le domaine de la RNT, citons enfin certains pays d'Asie comme Hong Kong et la Corée du Sud où les plateformes de radiodiffusion digitales sont même accessibles depuis un smartphone. Selon le forum mondial pour la promotion de la radio digitale WorldDMB, "une décision majeure pourrait être prise prochainement en ce qui concerne l'adoption d'une technologie de radiodiffusion digitale par les médias sud coréens". Mais à l'heure actuelle, rien ne garantit que la radio hertzienne pourrait être abandonnée, ni en Corée du Sud ni à Hong Kong.

De même si, au total, une vingtaine de pays dans le monde se sont dotés de services de RNT, la majorité d'entre eux sont loin d'abandonner définitivement la bande FM. En Allemagne par exemple, où 91% des habitants ont accès à la RNT s'ils le souhaitent, moins de 8% des auditeurs se sont équipés pour la recevoir.

Côté français, le débat sur l'adoption de la RNT avance, mais à petit pas. Si les premières autorisations de diffuser par voie numérique terrestre ont été données sur les villes de Nice, Marseille et Paris en juin 2014, tous les grands groupes, de BFM à Lagardère en passant par NRJ et RTL, s'y opposent. Même Radio France se cantonne, selon la volonté de l'État, à la bande FM. En cause, un coût de double diffusion FM et RNT trop élevé, qui conduit les chaînes à privilégier le web pour développer la radio digitale. Le dernier rapport du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) sur le sujet, publié fin janvier, laisse cependant espérer un avenir pour la RNT, qui pourrait être déployée dans d'autres villes d'ici la fin de l'année.

>> Opinion : Pourquoi la radio numérique terrestre doit voir le jour

*Toutes les données utilisées dans cet article sont issues des statistiques de WorldDMB, forum mondial pour la promotion de la radio digitale.

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Commentaires
a écrit le 29/07/2015 à 13:32 :
ESSAI
a écrit le 24/04/2015 à 14:48 :
Le problème est de calquer ce qui s'est passé pour la TNT sur la RNT. En effet, il y a 2 données complètement différentes qui ne sont jamais évoquées :
1) les télés (purement télé, pas les ordinateurs, tablettes ou autres reliées à internet), il y en avait 1 ou 2 par foyer. Les radios ... y'en a une sur la chaîne, une dans la cuisine, une dans la salle de bain, sur dans la voiture, voir une sur le grille-pain ou sur le téléphone portable (classique, pas smartphone) etc ... bonjour pour toutes les remplacer !
2) les téléviseurs ont depuis longtemps des prises pour brancher dessus des appareils complémentaires (d'abord magnétoscopes, puis console de jeux, décodeurs etc ...) qui ont été judicieusement (ré-)utilisées pour brancher un décodeur TNT. Pour les radios ... on fait comment pour brancher un décodeur RNT ?? Autrement dit, contrairement aux téléviseurs, il faudrait tout jeter et tout racheter !
J'ajoute que, comme par hasard, les pays qui prennent l'option de la bascule totale sont des pays avec une population peu nombreuse, il y est donc plus facile d'avoir un consensus de la majorité et il y a beaucoup moins de déchets à traiter.
a écrit le 23/04/2015 à 9:58 :
Je pense que beaucoup arrêterons d'écouter la radio.
Les politiques croit qu'en faisant exploser les normes technologiques existantes, les citoyens continuerons sans fin à changer de matériels.
Calcul d'autant plus idiot que quasiment aucun de ces matériels ne sont construit en France!
Réponse de le 23/04/2015 à 10:37 :
je partage votre avis !
a écrit le 23/04/2015 à 0:51 :
Toujours étonné par la capacité des journaux à faire signer des articles par des auteurs qui (on va dire...) "ne maîtrisent pas le sujet". La FM... (modulation de la fréquence porteuse dans la bande VHF) suppose qu'on se cale sur une fréquence. Ce au moyen de l'excitation d'un quartz... et pas en tournant un bouton ! Ceci fait, on reçoit un signal analogique qui, traité localement délivre un son stéréo. La RNT n'a qu'un seul objectif: réduire les coûts de diffusion. Dès lors, puisqu'on ne va diffuser que de la daube, autant limiter les frais... Il est intéressant de constater qu'en RFA, précurseur de ce medium... ça ne prend pas. De même, en GB, nombre d'auditeurs, équippés, reviennent à la FM, pour la qualité. On parle là de plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs... pas de quelques centaines de milliers; ça devrait inciter à réfléchir !
a écrit le 22/04/2015 à 18:12 :
Quel est l'avantage de remplacer la radio FM par RNT.... pour recevoir un signal de meilleur qualité ? a quoi bon regarder les recepteurs numeriques en ventes sont generalement concus pour etre des radio reveil , postes d'appoint (pour cuisines et salles de bain...) tirrant 0 benefice tu passage a la diffusion numerique.

Habitant a Londres, je suis bien heureux d'ecouter France Inter en ondes moyennes depuis mon auto radio, de meme il y a quelques annéés de ca en Ondes Longues
depuis Varsovie (1600km) .

Pourquoi pousser le peuple a une surconsomation inutile, impliquant un cout global pour la société pour quelque chose non souhaité et n'apportant rien !
Réponse de le 22/04/2015 à 22:08 :
J'arrivais (1989) à capter France Inter à 162kHz (164kHz à l'époque, me semble) à la pointe nord du Danemark, moteur arrêté (sinon parasites plus forts que le signal radio).
L’intérêt doit être à l'émission, si c'est comme la TNT où on a plusieurs stations multiplexées en numérique pour une seule fréquence. Envoyer aussi des informations un peu comme le RDS en FM. En Italie,certaines stations font défiler les infos RDS, chez nous c'est souvent uniquement le nom de la radio épicétou.
Je suis curieux de savoir comment ça se comporte quand on circule, en montagne, en Corse, ... Le numérique, c'est tout ou rien. Ca passe ou appareil muet. Entre la théorie idéalisée et la réalité, parfois, y a un fossé.
a écrit le 22/04/2015 à 18:04 :
Avec la 3G, 4G, on peut écouter des radios sur internet, donc de tout horizon, toute langue (utile pour se maintenir en langue, en Suède, la TV est en VO, chez nous tout est doublé et on s'étonne d'être mauvais en langues étrangères).
Les fréquences, on a une idée ? C'est du VHF, UHF, SHF comme la TV, ou satellite comme en Norvège ? Quid des zones d'ombre ? L'intérêt du numérique est que les fréquences seront les mêmes pour une station (ou un bouquet, en TNT y a quatre émissions(chaines) par fréquence) dans toute région. En FM, ça ferait des interférences dans les zones où on reçoit les deux émetteurs (points hauts, ..).
La Norvège a débuté en 1995, je crois, ça fait donc une biseau sur 20 ans. Nous, on aurait voulu basculer d'un coup, une montagne de déchets presque neufs à détruire (tout poste FM, autoradio, baladeur, GSM, tablette iTruc iMachin, autres) ou envoyer en Afrique ?

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