Le Slip Français a trouvé son business model

Par Mounia Van de Casteele  |   |  680  mots
"On a trouvé notre business model", se réjouit Guillaume Gibault, fondateur de la startup Le Slip français, qui se voulait être le "Michel et Augustin de la mode". (Crédits : Régis Duvignau Reuters)
La startup lancée en 2011 mise sur le "Made in France" ainsi que sur une communication décalée et virale sur les réseaux sociaux.

Cap ou pas cap ? Tout part d'une blague d'étudiants entre deux bières. Mais très vite, suivant son instinct entrepreneurial, Guillaume Gibault, jeune diplômé d'HEC, décide à 29 ans de relever le défi et de "vendre des slips". Le projet peut certes sembler audacieux. Mais le jeune entrepreneur en herbe est persuadé qu'il y a une carte à jouer en insistant sur le côté "Made in France". Et il mise beaucoup sur une communication décalée et sur la viralité des réseaux sociaux.

A la base "j'avais envie de monter ma société, sans savoir quoi faire", explique le chef d'entreprise. Attiré par les vêtements et le marketing décalé, l'entrepreneur en herbe imagine alors "le Michel & Augustin (marque de produits alimentaires aux campagnes de communication décalées, ndlr) de la mode". Résultat : la startup Le Slip Français voit le jour en 2011.

Près d'un million de chiffre d'affaires en moins de deux ans

C'est comme ça que Guillaume Gibault ramène 600 slips de l'usine Moulin Neuf Textiles, en Dordogne, début 2011, dans le coffre d'une Picasso rouge louée, se souvient-il. La marchandise est écoulée en l'espace de seulement trois semaines via le site fraîchement créé ! La mayonnaise semble prendre. Au dernier trimestre 2011, la société revendique un chiffre d'affaires de 40.000 euros, qui passe à 290.000 euros en 2012 et 920.000 euros en 2013. A cette date, l'entreprise devient rentable. Pour 2014, la barre du million devrait être largement franchie (1,5 million d'euros). Avec l'objectif d'atteindre entre 2,5 et 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015.

"On a trouvé notre business modèle", se réjouit Guillaume Gibault. A ce jour, l'entreprise compte 15 personnes à Paris, et entre 25 et 30 employés en équivalent temps plein en France. Chaque année, 60.000 pièces sont produites dans les neuf ateliers avec lesquels l'entreprise collabore. Du tissage des étoffes à l'assemblage des différentes parties, toutes les étapes de la chaîne de production se font dans l'Hexagone. "On ne peut pas faire plus made in France", assure l'entrepreneur.

Quelques boutiques physiques

Une première boutique a ouvert ses portes fin 2014 dans le quartier du Marais à Paris, et une autre devrait bientôt suivre, rive droite. Avant de s'installer en région, un "pop up store" (boutique éphémère) devrait être créé cet été à Marseille et un autre d'ici la fin de l'année à Lyon.

Quant à l'étranger, la startup a pour l'instant ouvert une boutique à Hong Kong il y a quinze jours, après une expérience éphémère réussie à Los Angeles. Grâce à une levée de fonds de 30.000 dollars via la plateforme de crowdfunding Kickstarter, la startup a en effet pu monter un pop up store pendant trois semaines de l'autre côté de l'Atlantique. Et comme la marque a beaucoup plu à la griffe haut de gamme américaine "Please do not enter", rencontrée lors du salon "Capsule" des 20 et 21 juillet derniers, elle y "perdure dans un shop in shop", sourit Guillaume Gibault.

"L'idée est de s'inscrire dans le long terme : démarrer tôt et construire notre aventure progressivement".

L'objectif étant de réaliser plus de la moitié de leur chiffre d'affaires à l'export d'ici deux ans et demi. Notons à cet égard que l'entreprise peut désormais compter sur le soutien du fonds de capital risque 360 Capital Partners auprès duquel elle vient de lever 2 millions d'euros.

80% du CA sur internet

Reste que la startup réalise 80% de son chiffre d'affaires sur internet. La toile et les réseaux sociaux sont bel et bien son domaine de prédilection : la startup y excelle en matière de communication. C'est d'ailleurs sans doute pour cela que Guillaume Gibault est arrivé premier, cette année, de la catégorie des entrepreneurs que les Français aimeraient "adopter" à en croire la 4e édition du top 100 des "mecs à adopter" réalisée par le site de rencontre Adopte un mec.

Quoi qu'il en soit, maintenant, la marque 100% française commence à se faire une place sur le marché. Désormais, le Slip français c'est du sérieux.