Télécoms : Macron n’est plus contre la consolidation du secteur

 |   |  466  mots
Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, n'a pas toujours été pour un retour à trois opérateurs en France.
Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, n'a pas toujours été pour un retour à trois opérateurs en France. (Crédits : © Stefan Wermuth / Reuters)
Alors que des rumeurs de « discussions préliminaires » concernant un mariage entre Bouygues Telecom et Orange ont vu le jour, le ministre de l’Economie a déclaré que le gouvernement n’avait « pas de position de principe » contre un retour à trois opérateurs en France.

Si Bouygues Telecom et Orange devaient se marier, Patrick Drahi piquera probablement une grosse colère. Dans la foulée d'informations de presse faisant état de « discussions préliminaires » pour un rapprochement entre l'opérateur historique et l'opérateur de Martin Bouygues, Emmanuel Macron a affirmé ce jeudi que le gouvernement n'avait « pas de position de principe » contre un retour à trois opérateurs dans l'Hexagone. Des propos, qui, si un deal Orange-Bouygues Telecom-TF1 aboutissait, ressembleront a posteriori à un feu vert, un véritable adoubement, par le ministre de l'Economie. Patrick Drahi (à la tête d'Altice, la maison-mère de Numericable-SFR), lui, se rappellera du dimanche 21 juin. Ce jour-là, dans la foulée de l'annonce de son offre de 10 milliards d'euros pour Bouygues Telecom dans le JDD, Emmanuel Macron s'était fendu d'une déclaration écrite à l'AFP, au ton bien différent :

« Je dis et répète que la consolidation n'est pas aujourd'hui souhaitable pour le secteur. »

Certes, le ministre avait ensuite revu sa position. Deux jours plus tard, il assurait n'avoir « pas de religion » sur la nécessité d'avoir trois ou quatre opérateurs en France. Mais avec un bémol sur l'affaire du moment, souhaitant qu'« on [lui] explique ce qu'[un deal SFR-Bouygues Telecom] apporte à l'investissement »...

« Pas de commentaire »

Quoi qu'il en soit, ce jeudi, Emmanuel Macron n'a pas souhaité commenter les informations concernant un possible rapprochement entre Bouygues Telecom et Orange. « Je n'ai pas de commentaire à faire, je pense que là ce sont vraiment des rumeurs de marché », a-t-il lâché. Des mots qui peuvent surprendre dans la mesure où il devrait être aisé pour le ministre de s'informer à ce sujet, étant donné qu'avec 23% des parts, l'Etat demeure le premier actionnaire l'opérateur historique...

Il n'en reste pas moins vrai que pour la plupart des analystes et bons connaisseurs des télécoms, un mariage entre le groupe de Stéphane Richard et celui de Martin Bouygues a tout pour séduire le gouvernement. Dans une note récente, Vincent Maulay, analyste chez Oddo Securities, explique qu'il s'agirait même d'un « scénario idéal » pour Bouygues, le gouvernement et Orange ». Pourquoi ? Notamment parce que parce que « le gouvernement protégerait l'emploi chez Bouygues Telecom (près de 9.000 postes), tout en permettant à Iliad [maison-mère de Free, Ndlr] de poursuivre son essor, en récupérant le réseau/spectre de Bouygues Telecom ».

De fait, aux yeux de beaucoup d'observateurs et du gouvernement, un mariage de Bouygues Telecom avec Patrick Drahi - connu pour tailler dans les coûts de ses proies -, aurait pu accoucher d'une importante casse sociale. Ce que Martin Bouygues n'était pas prêt à assumer, disait-on à l'époque au sein de son groupe.

Lire aussi: Rachat de Bouygues Telecom et TF1 par Orange : une affaire sérieuse?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/12/2015 à 8:41 :
Et si ç etait Vivaction qui lançait une Opa sur bouygues ? 😜🤓🎯
a écrit le 11/12/2015 à 8:14 :
Boooooaaaahhhh, il paraît que la concurrence est bonne pour le consommateur, ah oui, ça, c'était "avant".....
a écrit le 10/12/2015 à 22:52 :
Le terme économique propre est "concentration" du secteur, et non pas "consolidation" qui a des relents de solidarité de groupe, comme dans une économie socialiste dirigée.
L'opérateur dominant se chargerait donc de dépecer le plus faible et comme un raider de la plus pure espèce capitaliste faire une plus-value sur la vente des actifs aux autres concurrents. Et non, il n'y aura aucune casse pour l'emploi : les client paieront dans le plus pur style du monopole. Quand aux investissements de raccordement au réseau fibre optique, ils en seront d'autant plus retardés. Les clients attendront et la France perdra.
a écrit le 10/12/2015 à 20:26 :
On ne voit pas trop l'intérêt d'Orange au rachat de Bouygues Telecom. L'opérateur historique reste leader sur le marché des mobiles et a un bon réseau, les autorités de la concurrence lui imposeront certainement de céder le réseau de BT à SFR (qui en a grand besoin étant très en retard sur le déploiement de la 4G) et à Free qui pourra ainsi rapidement compléter son réseau et donc lever le dernier obstacle à sa conquête du marché grâce à ses forfaits très bien calibrés.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :