Orange autorisé à croiser les fichiers de tous ses clients

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Bouygues et SFR ne sont plus les seuls à pouvoir croiser le fichier de leurs clients mobiles et Internet. Le gendarme de la concurrence autorise désormais Orange à faire de même. Avec quelques réserves.

Considéré jusque-là en position dominante, l'opérateur Orange (France Télécom) était interdit de "cross-selling"; c'est-à-dire qu'il n'avait pas le droit de se servir de ses fichiers de clients mobiles pour leur proposer des offres Internet et inversement.

Or, ses concurrents, Bouygues Telecom et SFR y étaient eux autorisés. Cette technique leur ayant d'ailleurs permis de doper leurs ventes, notamment celles de leurs offres de couplage, combinant téléphonie mobile et "triple play" (internet, télévision, téléphonie fixe).

Face à cette situation, l'Autorité de la concurrence s'était autosaisie de cette question en décembre dernier et a donné raison à Orange, estimant que le cross-selling "ne paraît pas, de prime abord, pouvoir distordre la concurrence à elle seule". Pour le gendarme de la concurrence, ces données "ont été acquises dans le cadre d'une compétition par les mérites", et qu'elles ne sont pas "privilégiées". En outre, les parts de marché de Bouygues et SFR ne semblent pas avoir été gagnées de façon déterminante par le "cross-selling" mais plutôt par le biais de leur politique tarifaire attractive.

Une bonne nouvelle donc pour l'opérateur historique qui peut donc lancer son offre "quadruple play" alliant fixe et mobile. Des handicaps qui sont liés à la gestion de la clientèle sont en partie levés. (...) s'est réjoui Nicolas Laederich, le directeur juridique et concurrence d'Orange interrogé par Reuters. On avait trois ou quatre bases de clientèle chez France Télécom: le fixe, le mobile, l'internet, la fibre (...). Aujourd'hui on peut espérer avoir un client groupe"

Bémols

Mais attention, les offres de convergence d'Orange ne sont pas sans risque pour la concurrence, prévient l'autorité qui entend bien être vigilante, au cas par cas.

Plus globalement, l'Autorité met en garde contre la multiplication de ces offres, susceptibles d'accroître les coûts de changement d'opérateur pour le consommateur, notamment du fait des durées longues d'engagement dans la téléphone mobile. De telles offres triple ou quadruple play (incluant la téléphonie mobile) pourraient également inciter un même foyer à migrer vers un même opérateur pour tous ses besoins avec le risque d'avantager les opérateurs qui disposent des meilleures parts de marché (Orange détenait fin mars 47% du marché mobile et la même chose pour Internet). Sans parler du fait que ces offres peuvent constituer une barrière de taille pour Free, le tout nouvel entrant dans le marché mobile.

Pour éviter tout cela, l'Autorité de la concurrence recommande aux opérateurs ou au législateur de faciliter le changement d'opérateur et revoir de ce fait certaines mesures (durée d'engagement, conditions de réengagement, etc).

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