AT&T se prépare à l'échec du rachat de T-Mobile

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L'opérateur américain va passer une charge de 4 milliards de dollars en prévision d'un blocage de cette opération, qui nuirait à la concurrence selon les autorités américaines.

La méga-fusion entre AT&T et T-Mobile USA n'est pas encore abandonnée, mais l'opérateur téléphonique américain se prépare déjà à un échec. En effet, il vient d'annoncer qu'il passerait une provision de 4 milliards de dollars dans ses comptes du quatrième trimestre. Cette charge correspond aux indemnités de trois milliards que le groupe s'était engagé à verser, en mars, à Deutsche Telekom, la maison-mère allemande de sa cible, si la transaction ne se concrétisait pas (complétées de transferts de fréquences). Le géant des télécoms vient aussi de retirer la demande d'homologation déposée auprès de la Federal Communications Commission (FCC). Mardi, le président du gendarme américain des télécoms avait fait comprendre qu'il était contre cette opération.

AT&Tmp;T va désormais concentrer tous ses efforts sur la bataille judiciaire engagée fin août par le ministère de la Justice. Le rachat de T-Mobile « réduirait la concurrence, conduisant à des prix plus élevés, à des services de qualité inférieure, à moins de choix et à moins de produits innovants pour des millions de clients américains », expliquait alors l'administration américaine. Le procès doit débuter le 13 février à Washington.

Bataille judiciaire

S'il remporte cette première manche ou s'il conclut un accord à l'amiable avec le département de la Justice, l'opérateur devra encore convaincre la FCC de lui accorder son feu vert. Les régulateurs pourraient lui demander de vendre au moins 25 % de la valeur des actifs de T-Mobile, juge Moody's. AT&T met également en avant que cette transaction lui permettrait de réaliser d'importants investissements, notamment dans le déploiement du réseau 4G dans les zones rurales. Et il s'est engagé à rapatrier 5.000 emplois aux États-Unis, « à un moment où de nombreux Américains souffrent et où l'économie fait face à d'importants défis », expliquait récemment son PDG, Randall Stephenson.

En mettant la main sur T-Mobile pour 39 milliards de dollars, dont 25 milliards payés en cash, AT&T récupèrerait la première place du marché de la téléphonie mobile aux États-Unis. Avec près de 135 millions de clients, il devancerait nettement son rival Verizon. Surtout, ce rachat lui permettrait d'acquérir les fréquences de très haut débit mobile (4G « LTE ») de T-Mobile, alors que son réseau 3G souffre de congestion. « Si cette vente de se réalise pas, Deutsche Telekom pourrait préférer quitter le marché américain », estime l'agence de notation Moody's. Un temps évoqué, le scénario d'un rapprochement avec Sprint Nextel, le numéro trois américain de la téléphonie mobile, pourrait alors refaire surface.

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