SFR se voit déjà au CAC 40

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Le président de SFR, Stéphane Roussel. DR
Le président de SFR, Stéphane Roussel. DR (Crédits : DR)
Stéphane Roussel, le président de l'opérateur, explique la nomination d'un directeur général, Jean-Yves Charlier, et la séparation des fonctions comme une étape dans la préparation de la mise en Bourse de la filiale de Vivendi. Le calendrier appartient à la maison-mère.

Resté moins d'un an PDG de SFR, après le départ brutal de Jean-Bernard Lévy, Stéphane Roussel, qui vient de prendre les fonctions de président du conseil d'administration de l'opérateur, désormais séparées de la direction générale, confiée à Jean-Yves Charlier, présente ce nouveau remaniement de l'état-major de la filiale de Vivendi, le cinquième en 14 mois, comme « une évolution de la gouvernance plus qu'un énième changement de casting. » S'exprimant dans le cadre du forum des télécoms organisé par « Les Echos », l'ex-DRH de Vivendi a expliqué que cette étape fait partie du processus d'«autonomisation » de la filiale. Le « choix d'un développement autonome, qui pourrait même aller jusqu'à une mise en Bourse », a-t-il rappelé, comme l'a officiellement annoncé Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, à l'assemblée générale du 30 avril dernier. « Vu les chiffres [de valorisation NDLR], nous serons peut-être un jour au CAC 40. Il fallait une gouvernance qui ressemble à celle des groupes du CAC 40 : un président et un directeur général opérationnel. »

« Pas touché le fond » de la baisse des prix du mobile
SFR est valorisé entre 12 et 15 milliards d'euros par les analystes financiers autour de 5 fois son excédent brut d'exploitation (Ebitda) attendu en 2013 : c'est le double de la capitalisation actuelle du groupe Bouygues, ce qui le placerait dans les 25 à 30 premières valeurs du CAC. Cependant, l'opération est loin d'être faite et il faudra attendre « des conditions de marché favorables », a souligné Stéphane Roussel. Or il a lui-même indiqué craindre que « l'on n'ait pas tout à fait touché le fond » en matière de chute des prix dans le mobile, dix-huit mois après l'arrivée de Free Mobile. « Ce n'est pas trop le discours qu'il faut pour placer du papier, il vaudrait mieux dire qu'on a atteint le point bas » observe un analyste. Pour autant, « il y aura preneur pour du papier SFR, l'opérateur dégage du cash, ce serait une autre affaire si c'était Bouygues Telecom », relève cet expert. « Nous avons une « equity story » à raconter. Quand on voit notre Ebitda, notre modèle prévisionnel, nous avons de quoi attirer les investisseurs », affirme Stéphane Roussel, qui espère une hausse du revenu moyen par abonné (ARPU) de 10 euros de plus à terme, en 2014, 2015 ou 2016... « Quelque part, on est prêt [pour l'introduction], c'est un choix de Vivendi » pour ce qui est du calendrier.

Autonome sur ses investissements
Ce calendrier dépendra des cessions d'actifs de la maison-mère, qui doit bientôt se prononcer sur les offres de reprise de l'émirati Etisalat et du qatari Ooredoo pour ses 53% dans Maroc Telecom, valorisés autour de 4,2 milliards d'euros. Même si l'introduction en Bourse ne se fait pas dans l'immédiat, SFR a vocation « de toute façon à être autonome, sur ses investissements et son retour sur investissements », a ajouté Stéphane Roussel. Or la question de la dette qui sera affectée à SFR est cruciale. Bank Of America Merrill Lynch estime que l'opérateur pourrait supporter 9,5 milliards de dollars de dette nette. Et si le projet d'introduction n'était qu'un écran de fumée pour préparer un mariage ou un rachat ? Numericable, qui a courtisé SFR, a lui aussi des projets de mise en Bourse, alors que les fonds d'investissement actionnaires cherchent à sortir. « Nous n'avons pas de discussions avec Numericable. Nous n'étions pas demandeurs », a déclaré Stéphane Roussel, qui considère qu'un rapprochement avec le câblo-opérateur « peut avoir du sens dans certaines zones » et « la partie BtoB est intéressante », à savoir l'opérateur Completel. Pour autant, sur les sujets de mutualisation en général, « vu notre taille, nous n'en avons absolument pas besoin pour réussir. Mais si une opportunité intelligente se présente, nous y répondrons. La fusion ne fait pas de sens mais nous sommes ouverts à la mutualisation ou aux partenariats. » A bon entendeur...
 

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Commentaires
a écrit le 12/06/2013 à 14:36 :
Les télécoms sont dévastés, aucun investisseur ne s'y précipite, et comment SFR pourrait valoir 15 milliards quand Orange en vaut actuellement 20 en bourse?
Surtout si la baisse des prix dans le mobile n'est pas terminée..
a écrit le 12/06/2013 à 4:36 :
Sauf que les valeurs du CAC 40 ne sont pas basées sur leur capitalisation mais sur leur liquidité.

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