Effet Free : SFR et Bouygues veulent partager une partie de leurs réseaux mobiles

Le numéro deux et le numéro trois du mobile en France annoncent ce lundi soir l'ouverture de négociations exclusives en vue d'une mutualisation partielle de leurs réseaux, un accord stratégique qu'ils espèrent boucler avant la fin de l'année, après l'effondrement des prix causés par l'arrivé de Free. L'Autorité de la concurrence a prévenu qu'elle était contre une mutualisation à l'échelle nationale.

4 mn

Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Maintenir quatre opérateurs mobiles de réseau. La ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, et l'Autorité de la concurrence, n'ont eu de cesse de marteler ce principe, depuis l'arrivée fracassante de Free Mobile en janvier 2012, qui a bouleversé l'équilibre du marché en faisant chuter drastiquement les prix et en conquérant plus de 6 millions de clients en un peu plus d'un an. Dix-huit mois plus tard, le tsunami provoque sa première réplique d'ampleur : le numéro deux et le numéro trois du mobile français annoncent ce lundi soir l'ouverture de négociations exclusives en vue d'un partage d'une partie de leurs réseaux (mobiles), un accord « stratégique », qu'ils espèrent boucler avant la fin de l'année. L'ambition affichée est d'offrir « la meilleure couverture géographique et la meilleure qualité de service », même si l'objectif, non avoué à ce stade, est de faire des économies et de mutualiser les investissements. Bouygues Telecom a fini l'année 2012 dans le rouge, en perte de 16 millions d'euros.

L'Autorité de la concurrence contre une mutualisation nationale
« La mutualisation envisagée par Bouygues Telecom et SFR d'une partie de leurs réseaux mobiles, serait comparable à des dispositifs du même type déjà mis en ?uvre dans d'autres pays européens » assurent les filiales de Bouygues et de Vivendi dans un communiqué commun, en précisant que « chaque opérateur conserverait une capacité d'innovation autonome et une indépendance commerciale totale. » Cette dernière est clé pour recueillir l'assentiment du gouvernement, qui avait précisément consulté l'Autorité de la concurrence sur ce sujet de la mutualisation des réseaux. Le président du gendarme de la concurrence, Bruno Lasserre, qui a insisté sur la nécessité de mettre un terme à l'accord d'itinérance entre Free et Orange en 2016 ou 2018, avait été très clair en mars dernier sur la mutualisation : très favorable au partage d'installations dites « passives», comme les pylônes, les toits-terrasses, les câbles qui relient les antennes aux stations de base, les locaux, etc, qui ne pose pas de problèmes de concurrence, il était beaucoup plus réservé sur le partage de la partie « active » (le RAN sharing), qui consiste à mettre en commun les antennes, les stations de base, les contrôleurs et les liens de transmission. Interrogé sur le cas de SFR et Bouygues, le président de l'Autorité de la concurrence avait répondu qu'un rapprochement ne serait acceptable que dans certaines zones et non à l'échelle nationale.

La 4G de Bouygues comme accélérateur ?
SFR et Bouygues parlent d'ailleurs d'un partage sur une partie de leurs réseaux qui reste à préciser. L'accord en discussions sera soumis aux sages de la rue de l'Echelle et au régulateur des télécoms, l'Arcep. L'accord devra « maintenir des conditions de concurrence satisfaisantes » a réagi ce mardi matin le gendarme des télécoms. « L'accord n'est pas signé, il est trop tôt pour se prononcer » réagissait lundi soir un haut fonctionnaire. A Bercy, ce lundi soir, Arnaud Monterbourg, le ministre du Redressement productif, et Fleur Pellerin ont déclaré dans un communiqué «prendre acte » de ces discussions et assuré que « le gouvernement reste vigilant » sur leur mise en ?uvre « afin que chaque acteur continue de prendre sa part d?investissement dans le déploiement des nouveaux réseaux. » Bouygues Telecom, qui vient d'obtenir un coup de pouce réglementaire sur la réutilisation des fréquences GSM (1800 Mhz), aura une couverture « nationale » de son réseau 4G à très haut débit mobile dès le 1er octobre (au moins 40% de la population), ce qui a peut-être servi d'accélérateur dans les discussions avec SFR, qui compte presque deux fois plus d'abonnés mobiles (21 millions contre 11,3 millions). La 4G doit en effet permettre aux opérateurs de "recréer de la valeur" (comprendre augmenter les prix). Vivendi, en plein recentrage stratégique sur le divertissement et les contenus, envisage de scinder SFR par un "spin-off" (distribution d'actions). Elle avait refusé les avances des actionnaires de Numericable à l'automne dernier. Alors que les deux opérateurs ont mis en place des plans de départ volontaire l'an passé (542 postes chez Bouygues, 1.123 suppressions chez SFR hors créations), les syndicats se déclarent d'ores et déjà vigilants sur les possibles conséquences sociales de ce rapprochement des réseaux. 
 

4 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 14
à écrit le 23/07/2013 à 18:37
Signaler
"L'Autorité de la concurrence contre une mutualisation nationale" . tu m'etonnes charles . ce serait dommage que l'on finisse par se dire qu'au bout du bout on aurait un reseau uniforme et unique dont la seule partiuclarité serait le reseau de vente ...

à écrit le 23/07/2013 à 16:22
Signaler
Il ne restera bientôt que deux opérateurs en France et cela ne va pas se faire sans casse sociale !

le 23/07/2013 à 18:40
Signaler
quelle casse sociale ? on vous a dit au point de départ que l'ouverture allait creer des emplois, tout en vous disant qu'il y avait du gras dans la gestion du monopole qui permettrait de baisser les rpix à la vente , en meme temps que les couts à la ...

à écrit le 23/07/2013 à 14:27
Signaler
Prévisions: Si SFR et BOUYGUES s'allient, alors ORANGE n'aura plus qu'a s'allier avec FREE pour rester le leader.

à écrit le 23/07/2013 à 5:46
Signaler
Et voilà ce qui se passe lorsqu'il y a entente et qu'on y prend gout pendant des années, on ne sait plus ce qu'est la compétitivité. Le seul gagnant pour le moment dans l'arrivée de Free, c'est Orange. Mais pour combien de temps encore?

le 23/07/2013 à 9:53
Signaler
Le commentaire du dessus traduit la méconnaissance des français sur le secteur des télécoms. Free bénéficie de conditions extrêmement avantageuse grâce à l'ARCEP et le gouvernement, dans le sens où il n'est pas obligé d'investir lourdement dans le r...

le 23/07/2013 à 10:49
Signaler
Il y a largement a place pour 4 operateur voir plus>>>> CONCURRENCE c est le seul moyen pour faire baisser les prix... En Europe les marches des telecoms sont ouverts a la concurrence depuis un bail, et c est ca qui fait peur a nos 3 cher GROS, et c ...

le 23/07/2013 à 11:36
Signaler
Quelle est votre source pour dire que Free n'a pas d'obligation d'investissement ? Car l'ARCEP dis le contraire, et oblige Free à augmenter à échéances régulières sa couverture du territoire, tandis que l'autorité de la concurrence compte mettre fin ...

le 23/07/2013 à 12:01
Signaler
quelque chose me laisse penser que tu bosses pour un des 3 autres !

le 23/07/2013 à 15:10
Signaler
Non il n'y a pas la place pour 4 opérateurs dans une situation ou la concurrence est complètement faussée et que l'un des quatre opérateurs fonctionne sur le crochet des autres ! Les conditions d'entrée de Free ont été extrêmement bien plus avantageu...

le 23/07/2013 à 15:41
Signaler
Alcatel et les autres n'ont pas attendu Free Mobile pour être sinistrés. Cela date de l'éclatement de la bulle Internet il y a plus de 10 ans maintenant. Mais Free a bon dos, et une organisation très éloignée de celle des mammouth (en train de maigri...

le 23/07/2013 à 17:52
Signaler
Allez je te donne un exemple pour mieux comprendre : - Une antenne Free est panne -> Orange prend le relais - une antenne SFR ou Bouygues tombe en panne -> besoin d'intervenir très vite La différence : le coût de maintenance bien à l'avantage de ...

le 23/07/2013 à 18:46
Signaler
oui c'est sur Free a vecu sur le crochet des numericable, orange et autres SFR quand il a INVENTE la box triple play ..... oui c'est sur cela a derangé les bonnes habitudes des abonnes a 600 francs par mois d'un cableur et les délires de meme nature...

le 23/07/2013 à 19:01
Signaler
@Realite a répondu le 23/07/2013 à 10:49: Vous revez tout de debout . la concurrence chérie? comme pour les radios libres de 1982 qui ont finit dans des groupes de rattachement des anciennes stations FM ? comme les chaines TNT dont le nombre delirant...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.