« En France aussi, nous voulons un Internet à une vitesse »

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Sébastien Soriano, le nouveau président de l'Arcep, le gendarme français des télécoms.
Sébastien Soriano, le nouveau président de l'Arcep, le gendarme français des télécoms. (Crédits : Arcep)
Pas de bridage, pas de blocage et pas de voie express payante : voilà, en résumé, les principaux points de la nouvelle réglementation sur l’Internet ouvert, adoptée jeudi par la FCC, le régulateur américain des télécoms. La Federal Communications Commission consacre ainsi le principe de la neutralité du Net, à savoir la non-discrimination des contenus et de l'accès en général, tant pour l'utilisateur que pour les sociétés de services, considéré comme fondateur de la Toile. Le vote de la FCC est perçu comme une victoire des géants du Web et un revers pour les opérateurs. Sébastien Soriano, le président du gendarme français des télécoms, l’Arcep, livre en exclusivité à La Tribune sa première réaction à chaud, sous réserve d’un examen plus approfondi du texte par l’ensemble du collège du régulateur.

La Tribune. Que vous inspirent les nouvelles règles du régulateur américain ?

Sébastien Soriano : Ces règles sont bienvenues et font avancer la cause de la neutralité du Net. J'ai eu à cœur d'affirmer, dès mes premières prises de parole en tant que président de l'Arcep, que la neutralité du Net est une valeur cardinale des réseaux. Lors de mes auditions devant les parlementaires, j'ai insisté sur trois valeurs, la compétitivité du secteur, l'accessibilité, c'est-à-dire la couverture la plus large possible du territoire, et la neutralité, parce qu'Internet n'est pas un réseau comme les autres, il devient un bien commun.



Pourquoi est-ce si important ?

Nos réseaux télécoms ont une grande valeur par rapport à l'écosystème numérique : leur universalité. Concrètement, c'est la capacité à joindre tout le monde, permise par exemple par la mise en place d'un plan de numérotation dans la téléphonie. Cette valeur est supérieure : il faut savoir dépasser les enjeux et les intérêts de court terme des opérateurs télécoms. Ces derniers peuvent être tentés d'instaurer un Internet à deux vitesses, de faire payer un accès plus rapide à certains services, ce qui pourrait être la voie la plus créatrice de valeur à court terme. Mais on affaiblirait cette universalité des réseaux. En France aussi, il ne faut pas avoir peur de dire que nous voulons construire un Internet à une vitesse.


Mais vous avez récemment soulevé la nécessité d'une neutralité respectée par tous les acteurs, y compris les géants du Net...

Il faut penser la neutralité du Net pour la défense des petits, des plus faibles : il faut veiller à ce que des citoyens, des blogueurs, des startups ou des sites de médias ne soient pas empêchés d'accéder à Internet dans les mêmes conditions que des majors, des géants du Net qui auraient des moyens considérables pour bénéficier d'un traitement de faveur. Il ne faut pas être naïf et prendre garde à ce que, sous couvert de neutralité du Net, on ne cherche pas en définitive à défendre les forts plutôt que les faibles.


Les nouvelles règles de la FCC s'imposent-elles comme un modèle pour l'Europe ?

La position de la FCC arrive peu après les déclarations de Barack Obama sur le protectionnisme européen et au moment où se tient un dialogue à trois entre la Commission, le Parlement et le Conseil européens sur le futur Règlement de l'UE en matière de neutralité du Net. On peut s'interroger sur ce hasard ou pas de calendrier. Nous devons veiller en Europe à ce qu'il n'y ait pas d'instrumentalisation de ce débat.

>> Pour aller plus loin :

"Obama à la rescousse de Google et Facebook contre le protectionnisme européen"

"Régulateur des réseaux numériques, le nouveau rôle que veut jouer l'Arcep"

"La neutralité du Net consacrée aux États-Unis"

"Dans la bataille Internet contre télécoms, les opérateurs gagnent une manche"

"La France arbitre la guerre des tuyaux du Net"

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Commentaires
a écrit le 02/03/2015 à 0:36 :
Il m'arrive parfois de me demander comment on faisait "avant", quand on ne connaissait pas Internet, même pas le Minitel, que les produits étaient fabriqués en France, qu'on prenait ses vacances en France...C'était les 30 glorieuses, il n'y avait pratiquement pas de chômage, on vivait sans trop se poser de questions. Tout n'était pas parfait, mais le stress, l'agressivité, l'isolement n'avaient rien à voir avec ce qu'est devenu le "vivre" aujourd'hui.
Réponse de le 02/03/2015 à 4:08 :
après la guerre mondiale , les français survivants ont fait des enfants pour rattraper le retard... et puis y a eut la guerre d'indochine, la guerre d'algérie ...les gens faisaient tout pour oublier vichy et la guerre mondiale. mais rien n'a vraiment changé, au fond.
a écrit le 01/03/2015 à 9:17 :
Et comme d'hab on va dépenser du fric pour les canards boiteux plutôt que d'investir dans les entreprises dynamiques.
a écrit le 01/03/2015 à 0:43 :
Moi je suis pour le minitel ! C'est mieux qu'internet !
a écrit le 28/02/2015 à 14:01 :
Quel menteur !!

La France a Bruxelles milite pour l abandon de la neutralité.
Réponse de le 01/03/2015 à 10:52 :
exact
a écrit le 28/02/2015 à 13:41 :
il suffit de facturer aux gens ce qu'ils consomment, en plus de la location du reseau! le consommateur fait les bons choix tt de suite quand il s'agit de son argent!
comme avec le gaz, l'electricite ou la voiture consommatrice de carburant!
pas sur que les geants du web y soient gagnants !
Réponse de le 28/02/2015 à 15:38 :
On fera payer le débit garanti. L'internet c'est la liberté, la gratuité...mais aussi au plan technique le "best effort". Si le tuyau est saturé parce que mobilisé par quelqu'un qui aura payé, ce sera tant pis pour vous mais vous en aurez eu pour votre argent...
Réponse de le 01/03/2015 à 10:54 :
faire son choix, bien mais quand plus de la moitie de la facture est composée de taxes et impots et que sur certains territoire on a pas le choix du fournisseurs le choix n'existe que pas
a écrit le 28/02/2015 à 11:36 :
Et pourquoi ne pas revendiquer une INTERNET FRANÇAISE tout court ? pourquoi ne pas avoir un réseau français comme les Américains ont leur réseau internet (adopté par presque tous les pays du monde et surveillés jusqu'à au cou), ou les Iraniens et les Chinois ? de quoi ont-ils peur nos dirigeants et nos entrepreneurs ?
Réponse de le 28/02/2015 à 21:44 :
l'avenir c'est la Corée du Nord ou l'Iran, c'est évident!
Réponse de le 01/03/2015 à 10:57 :
la reponse est dans tafta, la France, les pays européens sont diriger par la commission europeenne. elle meme manipuler par les usa pour leur unique interet.
a écrit le 28/02/2015 à 10:50 :
Une vitesse ne peut que pousser a l'investissement pour l'amélioration du système!
Réponse de le 28/02/2015 à 15:42 :
OK mais qui investira ?...s'il n'y a pas de business derrière. Le contribuable ?
a écrit le 28/02/2015 à 10:45 :
La différence , c'est que les USA sont une démocratie. En France, nous sommes en monarchie républicaine, il va falloir attendre le fait du prince pour avoir une info sur sa philosophie d'internet.
Réponse de le 28/02/2015 à 10:52 :
Le fait du prince s'appelle Bruxelles! Les USA une démocratie?
Réponse de le 02/03/2015 à 4:10 :
au moins là bas, ils ont un président métis ...et des quotas pour les hispaniques ou les noirs...y a pas de discriminations comme en france.

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