Les Etats-Unis ont révoqué des licences d’exportation au géant chinois des télécoms et des smartphones. Celles-ci concernent notamment la vente de puces électroniques pour les smartphones et les ordinateurs portables. Des domaines où Huawei s’est récemment relancé, lui permettant de retrouver des couleurs sur le plan économique.Washington a décidé, une nouvelle fois, de hausser le ton à l'égard de Huawei. Comme l'a révélé le Financial Times la semaine dernière, l'administration américaine a décidé de révoquer des licences d'exportation, qui permettaient, notamment, jusqu'alors à Intel et Qualcomm de vendre des semi-conducteurs au géant chinois des télécoms et des smartphones. De quoi affecter, selon le FT, citant des sources anonymes, la fourniture de puces électroniques pour les mobiles et ordinateurs portables du groupe de Shenzhen.
En marge de cette décision, le ministère américain du commerce s'est bien gardé de critiquer frontalement Huawei. Il affirme « évaluer en permanence la manière dont (ses) contrôles peuvent protéger au mieux la sécurité nationale et (ses) intérêts en matière de politique étrangère ». Et ce en tenant compte de l'« évolution des menaces » et du « paysage technologique ». Il arrive, sous ce prisme, que des révocations interviennent, renchérit-il, soucieux de présenter ces initiatives comme quelque chose de commun.
Les Etats-Unis inquiets du renouveau de Huawei
Mais ces explications officielles s'avèrent peu convaincantes. Cela fait des mois que la grogne à l'égard de Huawei va crescendo aux Etats-Unis. La « renaissance » récente du groupe dans les smartphones y est pour beaucoup. D'après le cabinet IDC, Huawei disposait, en 2023, d'une part de marché « inférieure à 5% » dans ce domaine, contre 2% en 2022. C'est certes moins qu'en 2019, où un terminal sur dix vendu dans le monde, portait sa griffe. Mais le groupe de Shenzhen est clairement de retour aux affaires après avoir vu, les trois années suivantes, ses ventes de terminaux s'écrouler. Accusant Huawei d'espionnage pour le compte de Pékin - ce que le groupe chinois a toujours démenti -, les Etats-Unis lui ont interdit, il y a cinq ans, de s'approvisionner en technologies américaines.
Face à ce coup de massue, Huawei, qui s'est diversifié, se présente aujourd'hui comme un partenaire tout-terrain de la numérisation des entreprises. Mais il n'a jamais enterré ses ambitions dans les smartphones. En témoigne la sortie fracassante, au mois d'août dernier, de son Mate 60 Pro, qui a surpris son monde avec un processeur 5G maison, le Kirin 9000, doté d'une finesse de gravure de 7 nanomètres.