Très haut débit : le PDG d'Orange tacle SFR

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Stéphane Richard, le PDG d'Orange.
Stéphane Richard, le PDG d'Orange. (Crédits : Reuters)
Stéphane Richard, le patron de l'opérateur historique, estime que la volonté de SFR d'apporter le très haut débit seul dans toute la France "n'a pas de sens".

Lors de la présentation des résultats du premier semestre d'Orange, ce jeudi, Stéphane Richard s'en est donné à coeur joie. Le PDG de l'opérateur historique est revenu sur les déclarations de son rival SFR, qui affirme aujourd'hui vouloir fibrer seul la France. Et ce sans argent public, quitte à torpiller le plan Très haut débit, lequel vise à apporter un Internet ultra-rapide à tous les Français à horizon 2022. Commentant l'initiative de SFR, Stéphane Richard n'y est pas allé de main morte: "Tout ça n'a pas de sens", a-t-il fusillé. Avant de juger que les règles du jeu du plan Très haut débit permettront d'atteindre l'objectif de 2022.

"Nous pensons que le cadre de régulation, tel qu'il existe aujourd'hui, fonctionne. Il faut peut être l'ajuster à la marge pour gagner en temps et en efficacité. Mais globalement, il n'y a pas lieu de le remettre complètement en cause", insiste le patron d'Orange. Pour appuyer son propos, Stéphane Richard argue que "si on [le] chamboulait aujourd'hui", les déploiements "[prendraient] du retard". Le PDG tacle aussi SFR, qui menace, dans les campagnes et les zones peu denses, de construire des réseaux en parallèle de ceux déployés grâce aux subsides de l'Etat. "Dans les régions peu denses, ça n'a aucun sens [économique, NDLR] de construire en parallèle plusieurs réseaux", affirme-t-il.

Amélioration de la couverture mobile

Sur le front du mobile, Stéphane Richard a pris bonne note du souhait du gouvernement d'améliorer sensiblement la couverture du territoire. Car si les opérateurs affichent de bons chiffres en termes de couverture de la population (en mai, Orange affichait un taux de couverture 4G de 90%, contre 88% pour SFR et Bouygues Telecom), ce n'est pas du tout le cas en termes de couverture du territoire. En juin dernier, selon l'Arcep (le régulateur des télécoms) SFR, Bouygues Telecom, Orange et Free affichaient des taux de couverture de respectivement 59%, 58%, 55% et 45%.

Stéphane Richard affirme qu'Orange est prêt à participer à l'amélioration de cette couverture du territoire. Mais si tel est le cas, il faut, selon lui, que ces "investissements additionnels" soient "[compensés] par des financements de la part de l'Etat". Parmi les solutions envisagées, les opérateurs songent, par exemple, à des allègements fiscaux, où à un allongement de la durée d'utilisation des licences mobiles. Aucune d'entre elles n'a encore été arrêtée. Même si, d'après le PDG d'Orange, l'Etat serait d'accord avec le principe d'une compensation. Pour Stéphane Richard, "il faudrait, selon les études, entre 6.000 et 12.000 antennes mobiles supplémentaires" pour améliorer correctement la couverture du territoire. Cela représente "entre 600 millions et 1,2 milliard d'euros d'investissements à répartir entre les opérateurs", précise-t-il.

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Commentaires
a écrit le 03/08/2017 à 12:42 :
Les 600 millions à 1,2 milliard d'euros d'investissements nécessaires à l'amélioration de la couverture du territoire ne représentent qu'une fraction de l'argent qui va être gaspillé pour les Jeux Olympiques de 2024.
Ces JO vont être financés par les opérateurs puisqu'ils vont être partenaires officiels. Au lieu de dépenser de l'argent pour des événements éphémères ne générant que des déficits, ils feraient mieux d'investir à long terme dans leurs réseaux.
a écrit le 30/07/2017 à 16:34 :
Laissez moi vous expliquer : Orange a accru ses bénéfices en tuant ses entreprises sous traitantes qu'il fait travailler quasiment gratuitement . En effet ceux ci travaillant exclusivement pour le groupe n'ont d'autre choix que d'accepté des prix toujours plus bas pour des objectifs inatteignable . La preuve regarder l'état de délabrement du réseaux et l'exaspération de leurs techniciens a 2 doigts du suicide . Tous cela depuis l'invention du SAVBB qui consiste pour un agent a réparé une ligne de bout en bout en une seul opération pour un cout réduit , bilan le minimum est fait sur le réseaux pendant que nos cher actionnaires se gavent de milions .
a écrit le 28/07/2017 à 16:48 :
La zone administrative qu'est l'UE de Bruxelles ne tolérera pas la formation d'un monopole!
a écrit le 28/07/2017 à 8:02 :
Ordonner le désordre ?
L'information est tout au plus volontariste et se limite la plupart du temps à un état des lieux et des priorités.
Qui fait quoi ?
Et où?
Qui paie ?
Tout ceci reste confidentiel et très limité.
Tout ceci reste incompréhensible.
Cela est encore le cas à Paris intra muros. En très proche banlieue fraîchement urbanisée, Les informations sont nombreuses mais je vous défie de trouver une information réelle : où, quand, comment.
C'est pour cela qu'on en parle tant.
2022 ? Où ça ? Comment ? Qui ?
Quelle belle pagaille

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