Victoire de Trump, les craintes de la high-tech

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De manière générale, Donald Trump n'a guère les faveurs de la Silicon Valley. Dans une lettre ouverte signée par de nombreux patrons, il est considéré comme un potentiel « désastre pour l'innovation ».
De manière générale, Donald Trump n'a guère les faveurs de la Silicon Valley. Dans une lettre ouverte signée par de nombreux patrons, il est considéré comme un potentiel « désastre pour l'innovation ». (Crédits : Statista*)
Alors qu’Hillary Clinton affichait un programme complet concernant l’avenir de la high tech et des télécoms aux Etats-Unis, Donald Trump a fait montre de peu d’intérêt en la matière, s’opposant au coup par coup à certaines mesures et deals pour alimenter son moulin politique.

A quelle sauce seront-ils mangés ? C'est ce que se demandent aujourd'hui nombre de fleurons américains de la high tech et des télécoms après l'élection de Donald Trump à la tête du pays de l'Oncle Sam. Hillary Clinton, en bonne élève, avait passé au peigne fin ce secteur clé de l'économie. La candidate démocrate s'était notamment positionnée en faveur de la neutralité du Net, souhaitait lutter contre la fracture numérique concernant le haut débit, ou encore accompagner les investissements dans la 5G. A l'inverse, Donald Trump n'a pas affiché de programme clair. Le futur président des Etats-Unis s'est contenté de prendre position contre certains deals, politiques industrielles, et décisions gouvernementales lorsqu'il y trouvait un gain politique immédiat.

Concernant la neutralité du Net, par exemple, il s'est positionné contre dans un tweet :

tweet trump

S'il évoque ici une « attaque d'Obama contre Internet », Donald Trump compare la neutralité du Net au principe d'impartialité, qui n'a pourtant rien à voir. Abandonné depuis longtemps, le principe d'impartialité obligeait les médias à faire de la place à différents points de vue à l'antenne, lors des grands débats d'intérêt général. Ce qui est très différent de la neutralité du Net, qui suppose que toutes les données en ligne soient traitées de façon équitable, sans discrimination. Sous ce prisme, on peut penser que le futur président a simplement saisi l'opportunité d'envoyer une pique à Barack Obama, sans trop se poser de question...

Apple en punching ball

Si Hillary Clinton s'est positionnée en faveur d'un Internet libre et ouvert, Donald Trump, lui, a indiqué y être opposé dans certains cas, notamment lorsqu'il est question de terrorisme. Sachant qu'à ce sujet, il a notamment accusé Barack Obama d'avoir « créé » Daech.

« Nous perdons beaucoup de gens à cause de l'Internet, et nous devons faire quelque chose », a-t-il dit lors d'un meeting, selon Le Figaro. Avant d'enchaîner : « Nous devons aller voir Bill Gates et beaucoup d'autres gens qui comprennent vraiment ce qui se passe. Nous devons leur parler de la possibilité de fermer cet Internet, peut-être dans certaines zones. »

Toujours en lien avec le terrorisme, il s'en est pris à Apple au début de l'année. Donald Trump a appelé à boycotter les produits de la marque à la pomme. Celle-ci était engagée dans un bras de fer avec le FBI, qui souhaitait son aide pour débloquer un smartphone impliqué dans une affaire de terrorisme.

« J'utilise des iPhone et des Samsung, a-t-il lancé. Si Apple ne donne pas les informations nécessaires aux autorités sur les terroristes, je n'utiliserai plus que mes appareils Samsung. »

Pendant sa campagne, la firme de Tim Cook a d'ailleurs constitué un punching ball de choix. Alors que Donald Trump a souvent indiqué qu'il voulait faire d'abord tourner les usines du pays, il a critiqué le fait qu'Apple produise ses smartphones et autres tablettes en Chine. « Je veux forcer Apple à arrêter de fabriquer des iPhones en Chine », a-t-il affirmé. Ces propos ont largement inquiété les cadors américains de la high tech, qui sont pour beaucoup dans la même situation. Ils redoutent notamment que des taxes à l'importation voient le jour, et mettent à mal leur business.

Un « désastre pour l'innovation » ?

De manière générale, Donald Trump n'a guère les faveurs de la Silicon Valley. Dans une lettre ouverte signée par de nombreux patrons, il est considéré comme un potentiel « désastre pour l'innovation », en se montrant notamment hostile à l'immigration ou à « l'échange des idées, notamment sur Internet ».

Enfin, l'opérateur AT&T, numéro deux des télécoms aux Etats-Unis, ne voit probablement pas l'arrivée de Donald Trump d'un bon œil. Et pour cause, le mois dernier, celui-ci s'est opposé frontalement à son souhait de racheter le géant des médias Time Warner pour 85,4 milliards de dollars. « C'est beaucoup de concentration de pouvoirs dans les mains de peu de personnes », a-t-il lancé, avant d'indiquer qu'il ferait son possible pour faire capoter l'opération. Reste que Donald Trump est loin d'être le seul à critiquer ce mariage. Dans le camp adverse, Hillary Clinton a également émis de sérieuses réserves.

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*Graphique réalisé par Statista

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Commentaires
a écrit le 10/11/2016 à 9:35 :
Trump est un pantin grotesque mais si vous parlez des objets connectés et de la quête de la vie éternelle, franchement comme innovations on a vu mieux, beaucoup mieux.
a écrit le 09/11/2016 à 20:42 :
Allez les gars, vous en avez pour quatre ans. Avec un peu de chance, il ne fera pas la moitié du quart de ce qu'il a raconté.
a écrit le 09/11/2016 à 17:43 :
Les laboratoires des entreprises de la Silicon Valley seront les bienvenues en Europe, où il ne manque pas d'ingénieurs d'aussi bonne (sinon meilleure) qualité que ceux qu'on peut recruter aux USA. Aux pays européens de prendre toutes initiatives utiles pour les y attirer. Avec l'élection de Trump, l'Europe a une occasion en or de reprendre le leadership technologique mondial, à elle de savoir la saisir. Vite et sans atermoiements.
Réponse de le 10/11/2016 à 6:38 :
La CGT et Bercy feront ce qu'il faut pour les faire regarder ailleurs.
Réponse de le 10/11/2016 à 23:03 :
vas y Mimille

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