L'assurance "perte d'emploi" redevient à la mode

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Avec la hausse du chômage, la souscription à des assurances privées reprend tout son sens. Cette couverture permet de compléter les indemnités versées par Pôle Emploi.

Après une année noire pour l'emploi en 2009, les perspectives restent sombres. Le taux de chômage devrait atteindre 9,4 % de la population active en France métropolitaine pour les trois derniers mois de 2009 et 9,8 % au deuxième trimestre 2010, selon l'Insee. Soit son plus haut niveau depuis 1999. L'observatoire des défaillances de Coface le confirme : en novembre, les défaillances d'entreprise menaçaient encore 20.000 emplois.

Alors que les salariés craignent pour leur poste et les travailleurs non salariés pour leur entreprise, l'assurance « perte d'emploi » revient sur le devant de la scène. Signe des temps, les souscriptions ont explosé. Depuis son lancement en 2008, l'assurance individuelle perte d'emploi du courtier Cafpi a enregistré plus de 1.000 souscriptions. Mais l'assureur table sur 10.000 dossiers à fin 2011.

Le principe de cette garantie ? Deux formules existent. Soit le contrat sert à améliorer ses revenus lorsqu'on est au chômage, en complément des indemnités chômage. Soit il est lié à un emprunt et prend en charge tout ou partie des mensualités. Plusieurs assureurs, tel que la Cameic, April ou Swiss Life sont déjà sur le créneau depuis longtemps. Mais, depuis quelques années, les banques se sont également positionnées (la Banque Postale, BNP Paribas, CIC, etc.). Et plus récemment, le Crédit Immobilier de France et CNP Assurances se sont associés pour proposer leur propre contrat. Même Toyota n'est pas en reste ! L'assurance du constructeur couvre les mensualités de remboursements du prêt auto et les dépenses liées au fonctionnement du véhicule.

Au vu de son coût annuel (plusieurs centaines d'euros par an), souscrire à de telles assurances est-il vraiment avantageux ? Si Pôle emploi indemnise à hauteur de 75 % du salaire brut, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Pour les cadres, en revanche, cela mérite réflexion : les allocations chômage peuvent atteindre 57,4 % du salaire et être plafonnées à 6.366 euros par mois. Enfin, l'assurance perte d'emploi est primordiale pour les travailleurs non salariés (professions libérales, chefs d'entreprise...), car ils ne cotisent pas à l'assurance chômage.

Attention, les conditions et les restrictions fourmillent souvent dans les conditions générales de vente des assurances perte d'emploi. Tout d'abord, il faut être titulaire d'un CDI et avoir un minimum d'ancienneté chez le même employeur (six à douze mois selon les contrats). Il faut également répondre à des critères d'âge (plus de 25 ans, moins de 55 ans...) pour pouvoir souscrire. Par ailleurs, pensez à vérifier la durée du « délai de carence », une période de six, neuf, voire douze mois pendant laquelle la garantie ne joue pas. Histoire d'éviter que des salariés souscrivent quelques semaines avant d'être licencié... Le « délai de franchise », lui, correspond à une latence entre le moment où l'on touche les indemnités et celui où l'on perçoit les remboursements de l'assureur. Vérifiez aussi les plafonds de durée et de montants, souvent très restrictifs. À noter : l'assuré doit obligatoirement être licencié par son employeur. L'assurance perte d'emploi ne fonctionne pas en cas de démission.

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