Assurance de prêt  : que va changer le dispositif Lagarde pour les emprunteurs  ?

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Laurent Monarque directeur stratégie et développement chez April assurances, détaille les nouveautés de la réforme de Christine Lagarde.

Le dispositif annoncé par Christine Lagarde en 2009 et mis en place en 2010 déconnecte l'assurance emprunteur du crédit immobilier. Les banques ont désormais l'obligation d'informer leur client de la possibilité de souscrire l'assurance de prêt auprès d'un autre organisme et d'accepter les contrats concurrents. À condition, toutefois, que le niveau de garanties proposé soit au moins équivalent. Jusqu'alors, les établissements bancaires avaient toute latitude pour refuser.

Plus de transparence

Pour aider l'emprunteur dans son choix, la Banque de France a élaboré une fiche standardisée diffusée par l'ensemble des acteurs depuis le 1er juillet 2009. Son objectif : offrir au consommateur une meilleure information et une plus grande transparence. Elle facilite en effet la comparaison entre les garanties proposées par les différents contrats.

Dans un récent avis consultatif, l'Autorité de la concurrence a demandé un suivi de l'application de ces dispositions. Le projet de loi, lui, sera bientôt examiné par l'Assemblée nationale dans le cadre de la réforme du crédit à la consommation.

Si les emprunteurs négocient pied à pied le taux nominal de leur crédit, nombre d'entre eux se désintéressent du taux de l'assurance. C'est un tort. L'assurance décès-invalidité pèse pour 5 % à 15 % dans le coût total du crédit. Passer par un assureur autre que celui de sa banque (on parle alors de délégation d'assurance) peut faire gagner jusqu'à 0,3 point d'intérêt. Pour un jeune couple en bonne santé empruntant 100.000 euros, l'économie représente jusqu'à 9.000 euros. Passer un peu de temps à comparer les contrats s'avère donc souvent très rentable sur le plan financier.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2010 à 12:47 :
Enfin un peu de souffle dans le marché de la garantie emprunteur !
Espérons que les assurances de prêt profitent pleinement aux emprunteurs, aux jeunes bien sûr, mais aussi aux plus âgés... qui pourraient se trouver être les grands gagnants de la nouvelle règlementation. En effet, si pour les jeunes, les tarifs des compagnies se tiennent (sauf certaines qui ont la main lourde), le public des + de 40 ans présente des "risques" qui font régulièrement l'objet de surprime. C'est donc le moment pour eux de comparer prix et garantie pour dénicher les courtiers spécialisés en assurance de prêt ou les compagnie d'assurance qui offriront le meilleur rapport qualité/prix !
a écrit le 19/03/2010 à 19:48 :
l'important pour les clients est de comparer la couverture ( accidents sportifs et autres ) de l'assurance déléguée avec l'assurance groupe de la banque et la quotité sur chaque emprunteur en fonction de leur situation matrimoniale et de leur désire de prévoyance
a écrit le 15/02/2010 à 17:22 :
De l'arnaque....
Lorsque vous demandez à votre banquier de prendre une autre compagnie d'assurance moins chère, celui-ci augmente son taux initial qu'il vous a proposé initialement.Réponse de celui-ci;je ne suis pas obligé de vous préter

Vous êtes donc obligé d'accepter et de pprendre comme les conccurents le gans.... CNP
a écrit le 15/02/2010 à 8:21 :
Mutualisation des risques (=assurance) et tarification de ces risques.
Une des conséquences inévitables de cette modification réglementaire, c'est l'approche tarifaire des Banques qui va nécessairement changer : en mieu pour certains (les "bons risques" : les jeunes couples en bonne santé notamment, comme le précise L. MONARQUE dans l'article), mais en moins bien pour d'autres (les emprunteurs plus âgés, ceux qui ont des facteurs de risque - tabac, poids, vie sédentaire, etc. - ou ceux qui ont des antécédents).
Car les banques (celles que je connais tout au moins) n'appliquent pas ou peu de différentiation tarifaire selon l'âge actuellement : celà va nécessairement changer !
Avec des gagnants et des perdants : pour le reste, ça restera du business et, ne nous leurrons pas, la bagarre tarifaire ne portera que sur la clientèle jeune (les "bons risques"); et quelque soit l'assureur, le but de la compagnie sera bien de gagner de l'argent : nous ns sommes pas dans un régime collectiviste que je sache !
S'assurer pour les plus âgés va devenir cher, voir parfois impossible : des perspectives nouvelles pour la convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé cf. http://www.aeras-infos.fr/). A quand la prochaine loi ?
a écrit le 11/02/2010 à 19:29 :
Cela va beaucoup plus protéger les particuliers qui souscrivent un crédit à la consommation.
a écrit le 11/02/2010 à 8:16 :
Vous écrivez que nombre d'emprunteurs se désintéressent du taux de leur assurance. Certes mais de moins en moins. Par contre 100 % se désintéressent des garanties à l'intérieur de leur contrat d'assurance ce qui est plus grave.
a écrit le 10/02/2010 à 12:21 :
L'approche de l'assurance des emprunteurs par le seul canal du moindre coût est une approche très restrictive. La nature des garanties offertes au regard des activités ou du profil de l'assuré mérite d'être plus sérieusement prise en compte car enfin, on parle là d'une composante essentielle du patrimoine, de la sécurité d'une famille. La signature d'une assurance emprunteur est un acte essentiel dans la mise en place d'un crédit aussi structurant dans un budget que celui servant à une acquisition immobilière.

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