Loyers impayés : la garantie des risques locatifs ne convainc pas

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Copyright Reuters (Crédits : Guy Fourmont)
Malgré ses atouts, la « GRL » tarde à décoller. A Saint Mandé, Benoist Apparu est venu jouer les VRP de luxe pour promouvoir ce dispositif d'assurance.

La scène se déroule dans la salle des mariages de la mairie de Saint-Mandé, jeudi dernier. Des dizaines de personnes s'affairent autour d'une septuagénaire, sur le point de signer un document. Benoist Apparu lui-même, secrétaire d'État au logement, a fait le déplacement. La raison ? Cette propriétaire s'apprête à souscrire la première Garantie des risques locatifs (GRL) de la ville, un dispositif pour se prémunir contre les loyers impayés lancé en 2007 par le gouvernement.

Si Benoist Apparu tient autant à défendre le bien fondé de la GRL, c'est que cette assurance est loin de faire l'unanimité, même parmi les professionnels de l'immobilier présents dans la salle. « Il faut comprendre les assureurs. Dans les conditions actuelles, elles privilégient logiquement les contrats loyers impayés plutôt que la GRL » assène Jean-Pierre Bonnargent, directeur général de DAS (filiale de MMA) qui a été la première à mettre en place un contrat GRL. « Le bébé n'est pas aussi beau qu'on aurait pu l'espérer » concède Benoist Apparu.

Sur le papier, le dispositif GRL possède pourtant de solides atouts. En effet, cette garantie offre aux propriétaire une protection complète contre la défaillance d'un locataire. D'abord, l'intégralité des loyers est remboursée jusqu'à l'expulsion du locataire, et sans franchise. Ensuite, un forfait de 7.700 euros est accordé pour réparer les éventuels dégâts. Même les frais de justices sont pris en charge. Cerise sur le gâteau, le prix de la GRL est déductible fiscalement des revenus issus des loyers. Elle coûte 2,5 % du loyer charges comprises, contre 2,75 % à 3,5 % pour une assurance loyers impayés classique. Pour bénéficier d'une GRL, le locataire doit respecter une condition : avoir des revenus au moins 2 fois supérieurs au loyer charges comprises, contre 3 fois ou plus pour une assurance classique.

Détracteurs déloyaux

Selon Gérard Deray, co-fondateur du site GeranceCenter.com, le produit est excellent et ses détracteurs de mauvaise foi. « Au moins, la GRL a le mérite de tirer vers le bas les prix des assurances loyers impayés » complète-t-il.

Comment faire en sorte que le dispositif décolle ? Pour les uns, instaurer des quotas de bailleurs « à risques » pour chaque assureur du marché. Une solution un peu radicale pour Benoist Apparu, qui souhaite privilégier un accord à l'amiable.

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Commentaires
a écrit le 12/12/2010 à 17:15 :
Extraordinaire chronique d'un échec annoncé. En tant que multi propriétaire bailleur,je fais partie des demandeurs de cette GRL. Un constat: les raisons avancées pour expliquer l'échec sont uniquement celles des assureurs. Quand demandera-t-on aux propriétaires, pourtant premiers concernés, pourquoi ils n'ont pas pu mettre en oeuvre une assurance pourtant appelée de leurs voeux ? Mais veut-on les entendre ? La réponse est certainement non...

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