Pour Prêt d'Union, un autre crédit à la consommation est possible

Par Julien Bonnet  |   |  452  mots
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Un mois après son lancement, ce site de prêts entre particuliers a déjà recueilli plus de 2.500 demandes de crédit à la consommation.

Redonner du sens au crédit à la consommation. » C'est ainsi que les dirigeants du site Prêt d'Union (pret-dunion.fr) présentent leur projet. Lancé depuis la mi-octobre, cet établissement de crédit entre particuliers 100 % internet, une première dans l'Hexagone, reprend le concept des sites de « peer to peer lending » anglo-saxons. « Avec internet, Prêt d'Union revient aux sources du modèle traditionnel mutualiste : on utilise les liquidités des particuliers, que l'on rémunère à des taux très attractifs, pour financer des ménages français solvables à des taux compétitifs », explique Charles Egly, cofondateur et président du directoire de Prêt d'Union. Cet ancien de BNP Paribas a pris conscience en 2008 des dérives du secteur, lui-même « victime » d'un crédit revolving à 14 %, un déclic. Pour monter leur projet, Charles Egly et son équipe ont dû accomplir « deux exploits » : parvenir à lever près de cinq millions d'euros de fonds en amorçage, « ce qui est assez exceptionnel dans le contexte actuel », et obtenir un agrément d'« établissement de crédit prestataire de services d'investissement » auprès de l'Autorité de Contrôle Prudentiel, qui n'avait pas, en 15 ans, accordé un tel sésame à une entreprise autre qu'une filiale de banque.

Taux attractifs

Prêt d'Union ne perçoit pour se rémunérer qu'une commission de 2 % du montant du prêt, soit 100 euros pour un crédit accordé de 5.000 euros. Résultat pour les emprunteurs : des taux attractifs, inférieurs en moyenne de 1 à 1,5 point à ceux pratiqués par la concurrence. « Pour un prêt sur 3 ans, le TAEG s'établit à 5,85 % », présente Charles Egly. En un mois à peine, le site a déjà enregistré plus de 2.500 demandes de crédit à la consommation et compte en satisfaire entre 10 et 20 %. Mais pour Charles Egly, la véritable innovation est du côté des prêteurs, en proposant un placement alliant rendement et sécurité. Une offre cependant réservée à des « investisseurs qualifiés », ayant travaillé dans la banque ou la finance pendant au moins un an par exemple, une contrainte imposée par la Banque de France. « Le produit Prêt d'Union se base sur trois axes : un processus d'octroi des crédits particulièrement exigeant, une mutualisation du risque à l'ensemble des prêteurs et une gestion complète par le site du recouvrement au niveau juridique en cas de défaut ». La vocation du site n'est donc pas d'ouvrir le crédit à la consommation à des personnes qui n'y ont pas accès mais plutôt d'être une alternative au financement bancaire dans un contexte de resserrement du crédit. « Nous ne sommes pas soumis à un risque de liquidité ou de transformation, précise Charles Egly.