Quel est ce placement miracle sur lequel les Français ont investi 1 milliard en six mois ?

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Les particuliers sont en train de redécouvrir les vertus d'un placement décrié il y a une quinzaine d'années. Sa collecte a bondi de 60% en six mois.

Difficile dans le contexte actuel de trouver un placement à la fois sécuritaire et rémunérateur. Le livret A à 2,25% ? Oui, mais il est rapidement plafonné. L'assurance-vie ? Son rendement ne cesse de s'éroder depuis plusieurs années au point que la collecte sur le "placement préféré des Français" est en chute libre depuis sept mois. La Bourse ? Difficile de savoir quand cela va repartir. L'immobilier d'habitation ? Le niveau des prix plombe le rendement locatif et l'espérance de plus-values est incertaine, d'autant que sa fiscalité va être alourdie.

Alors, que reste-t-il ? Une partie des épargnants semble avoir répondu à cette question en investissant presque un milliard d'euros en l'espace de six mois dans... les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier). Ce placement consiste à acheter des parts d'immeubles, le plus souvent de bureaux, via un véhicule financier, afin de percevoir des revenus correspondant aux loyers. Il conserve pourtant la valeur du patrimoine, procure un revenu régulier dans le temps, est accessible à moindre coût, offre une relative liquidité et... a rapporté en moyenne 5,63% en 2010. Et les SCPI présentent l'avantage de la régularité : depuis 1997, elles ont rapporté, à deux années près, plus de 6% l'an en moyenne. Certaines SCPI affichent même plus de 9% par an en moyenne depuis 1995 (cliquer ici pour découvrir lesquelles).

Grâce aux SCPI, il est donc possible d'investir pour quelques milliers d'euros dans l'immobilier de commerce et de bureaux, dont les cycles sont souvent décorrélés de ceux de l'habitation alors qu'il est presque impossible pour un particulier d'acheter seul un immeuble. Le dernier avantage réside dans la diversification puisque les SCPI sont réparties dans une dizaine d'immeubles au minimum.

Pas étonnant, donc, à ce que les Français redécouvrent ce placement qui a eu son heure de gloire au début des années 90. La collecte entre le 1er janvier et le 30 juin 2011 a ainsi atteint 962 millions d'euros, en progression de 60% par rapport au premier semestre 2010. Un semestre qui avait déjà constitué un record. Au total 139 SCPI existent sur le marché, gérées par vingt-quatre groupes. Et la capitalisation globale atteint désormais les 23,44 milliards d'euros.

Placement miracle ?

Les SCPI ont mis du temps à se relever des nombreux scandales dûs à leur gestion souvent opaque, vers la fin des années 90. Il aura fallu attendre plus de dix ans pour les voir revenir en grâce. Il n'empêche, les SCPI ne sont pas non plus le produit miracle. D'abord, le mode de calcul du rendement dépend beaucoup de la valeur de la part qui n'est jamais une science exacte mais une évaluation de la valeur d'un immeuble à l'instant T. Ainsi, la rentabilité affichée peut bondir si le prix de la part baisse et pas le loyer. La rentabilité réelle de l'opération ne peut être calculée que lorsque la part est vendue.

Et c'est là que le bât blesse : le marché secondaire (revente de parts) n'est pas très liquide. Malgré les efforts faits par les gérants, il reste difficile de vendre ses parts au moment où on le souhaite. A moins, bien sûr, d'accepter une forte décote et donc d'écorner la rentabilité de l'opération. C'est en particulier le cas pour les SCPI dites "fiscales" qui procure une réduction d'impôts (loi Scellier) au premier acheteur mais pas au second.

Dernier inconvénient des SCPI : le niveau des frais, souvent élevé. Mais la recherche et l'entretien d'un immeuble de bureaux, la négociation avec le locataire, le recouvrement de créances, etc. exigent du temps et des compétences.

Mieux vaut donc acheter des parts de SCPI dans une optique long terme. En misant dessus pour obtenir des revenus réguliers sans intention, a priori, de les revendre. Idéal pour compléter sa pension de retraite par exemple. Pas forcément pour un jeune couple qui devra revendre rapidement ses parts en cas de pépin.

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Commentaires
a écrit le 08/09/2011 à 19:15 :
la pauvreté ça part toujours de la tête; il ne suffit pas toujours d'y penser après avoir vérifier que l'on a bien les pieds sur terre;c'est terrible qu'on finit toujours par dégringoler...;un placement ,ça fait rêver mais à l'heure des constats...,ouhhh! Ah demain si tu pouvais te faire connaître ...!
a écrit le 08/09/2011 à 19:15 :
la pauvreté ça part toujours de la tête; il ne suffit pas toujours d'y penser après avoir vérifier que l'on a bien les pieds sur terre;c'est terrible qu'on finit toujours par dégringoler...;un placement ,ça fait rêver mais à l'heure des constats...,ouhhh! Ah demain si tu pouvais te faire connaître ...!
a écrit le 08/09/2011 à 11:31 :
Attention, il s'agit de 962 millions et pas milliards.

D'autre part, il n'existe pas de placement à rendement élevé sans risque.
a écrit le 08/09/2011 à 11:14 :
faudrait éviter de confondre milliards et millions!!
paragraphe 4, 3ème ligne
a écrit le 08/09/2011 à 9:25 :
je suis détenteur de parts de SCPI depuis 25 ans environ et j'en suis satisfait, même si les années 90 furent moins bonnes. En lisant vos commentaires, je suis amusé en voyant que les rendements de l'assurance vie plombés en fonds viciés - obligations et autres - sont plus rentables que les SCPI. Bien sûr que ce n'est pas un support où il faut tout mettre, c'est un outil de diversification. Non ce n'est pas un placement miracle mais vos commentaires sentent la déception de ne pas avoir découvert ce support d'épargne avant. En tout cas j'en suis plutôt content.
a écrit le 08/09/2011 à 9:16 :
Je me souviens du temps pas très lointain où c'était la règle dans les Banques à pousser les gens à placer leur argent dans le PEA, composé d'actions françaises et européennes! TOus les catalogues avec des graphiques "démontraient" qu'il y avait là un placement rentabe à l'horizon de 5 ans! Que le risque était quasi nul! Que constate-t-on depuis 1998, les avoirs placés dans le PEA ont fondu de 50% en moyenne puisque le CAC 40 a fondu de 50%, et ce n'est pas encore le fond du précipice. Disons un grand merci à nos gouvernements successifs et à nos Banques qui nous ont bien pigeonné et piégé!
a écrit le 07/09/2011 à 22:58 :
Que faut il faire aujourd'hui, acheter pour se loger, ou rester locataire. Je suis logé (en tant que locataire dans un 3 pièces + cuisine) garage, parking privé et cave dans un petit immeuble de 4 étage, avec ascenseur, terrasse 12M2 moyennant un loyer de 947? charges comprises. Serait il rentable, et préférable d'acheter pour se loger pour un prix d'achat de 250.000?. Compte tenu de mon âge (68 ans); faut il rester locataire ou devenir propriétaire ????; j'ai besoin de conseils.
Réponse de le 09/09/2011 à 11:36 :
vous avez raté le coche de l'accession à la propriété, sauf à avoir en cash le montant de votre achat qui est à conseiller sauf si vous voulez faire supporter le cout de votre futur dépendance à vos enfants. Si vous n'en avez pas, restez locataire, la société se chargera de payer votre maison de retraite.
a écrit le 07/09/2011 à 18:57 :
Les FCPI fiscales sont un leurre
Les OCPI devrraient être un peu plus liquides, mais encore rares (boutiques) Voir "Capital", "Investir" ou "Le Particulier"
a écrit le 07/09/2011 à 18:04 :
Interessant mais ce n'est pas très clair en 6 mois 1milliard ou presque 1000 milliards

Un journal sérieux comme La Tribune ne doit pas en donnant des chiffres mélanger les pédales.
a écrit le 07/09/2011 à 17:00 :
Le meilleurs placement c'est l'épargne.
En période de crise on peut supporter l'inflation,
en période de prospérité le pouvoir d'achat est décuplé.

Aujourd'hui le bon comportement c'est d'être locataire ( ou d'avoir acheter avant 2004 ) et d'épargner. Depuis 2004 l'immobilier n'est pas rentable et ceux qui ont un crédit immobilier ne sont pas sur d pouvoir le solder à la revente. (cf CGEDD et J. Friggit ).
a écrit le 07/09/2011 à 16:48 :
Oui mais il faut quand même avoir les moyens, pour placer là dedans, de plus ça devrait être considéré comme une niche fiscale car je pense que s'en est une.
a écrit le 07/09/2011 à 16:14 :
Tout à fait d'accord avec ce qui précède : cela sent le communiqué publicitaire ...avec une grosse coquille : pas 900 et quelques milliards mais millions.
Réponse de le 08/09/2011 à 10:30 :
Exact, la fiscalité va en plus changer en février 2012!!
pour le bon plan c rapé.
Réponse de le 08/09/2011 à 19:49 :
Bonjour,
Merci à tous pour vos commentaires et pour avoir relevé cette malencontreuse coquille. Il s'agit bien évidemment de 962 millions et non milliards, soit environ 1 milliard comme indiqué dans le titre.
Non, il ne s'agit bien évidemment pas d'un communiqué publicitaire. Si les journalistes de "La Tribune" n'étaient pas indépendants, nous n'aurions pas été parmi les premiers médias à alerter, en avril dernier, sur le risque de bulle immobilière. Depuis, le FMI lui-même a évoqué ce risque et les premiers chiffres de baisse apparaissent (voir article du jour sur le sujet).
Les SCPI, longtemps délaissées à juste titre pour leur opacité, ont changé. Il s'agit désormais d'un placement qui apporte de solides revenus complémentaires, ce qui en fait un bon produit de retraite. Nombre d'entre vous soulignent que le risque 0 n'existe pas sur un placement. Ou alors, il s'agit d'une arnaque à la Madoff. Ils ont raison !
Le plus gros risque, sur les SCPI, est celui de la revente. Dans une optique retraite, de rendement, l'objectif n'est pas la revente. Ce qui amoindrit considérablement le risque. Encore faut-il que cela corresponde à votre stratégie patrimoniale. Une SCPI est beaucoup moins intéressante pour un jeune couple qui envisage d'acheter une résidence principale 4 ou 5 ans plus tard...
Toutefois, j'ai estimé que ce placement méritait d'être redécouvert car ces performances sont excellentes. Et, comme il s'agit essentiellement d'immobilier de commerce et de bureau, une baisse de l'immobilier d'habitation n'aurait pas un impact direct sur le rendement. La question à se poser est plus celle de l'activité économique qui a du mal à repartir.
Toute la fin de l'article située en-dessous de l'intertitre "Placement miracle?" me semble donner aux lecteurs les clés pour comprendre les risques et inconvénients de ce placement.
En termes de placements, j'estime que le journaliste ne doit pas se contenter d'exposer mais aussi de "prendre des risques" en s'engageant. Nous avons alerté à plusieurs reprises sur les dangers de certains FIP et FCPI, de certains investissements en Dom-Tom, de la possibilité d'une bulle immobilière. De la même manière, nous essayons aussi de mettre en avant des placements qui nous paraissent intéressants. L'avenir peut nous donner tort, ou nous donner raison bien sûr.
Il serait beaucoup plus confortable de ne pas prendre position : nous aurions moins de réactions virulentes à la fois de la part des lecteurs et des professionnels. Mais, j'en suis persuadé, ce n'est pas le meilleur service à rendre à nos lecteurs.
Comme a dit Goethe : "les idées audacieuses sont comme les pièces qu'on déplace sur un échiquier : on risque de les perdre mais elles peuvent aussi être l'amorce d'une stratégie gagnante".
Cordialement,
a écrit le 06/09/2011 à 21:13 :
1) Il n'y a pas de placement miracle, cela n'existe pas. En cas de crise immobilière (comme aux USA ?Espagne, Irlande, Japon, etc), la valeur des SCPI s'effondrerait (d'autant plus qu'il y a de l'effet de levier). Ce n'est donc en aucun cas un miracle mais c'est un placement RISQUE. 2) D'autre part il me semble avoir déjà lu cet article il y a quelques mois dans ce journal.
Réponse de le 07/09/2011 à 9:04 :
" Il conserve pourtant la valeur du patrimoine":totalement faux!
Je suis d'accord avec vous Jean c'et un placement risqué qui n'est à utiliser que comme outil de diversification patrimoniale....
Réponse de le 07/09/2011 à 22:05 :
D'ailleurs en général le mot "miracle" est utilisé pour attirer les gogos naifs qui croient au père noèl. La terminologie utilisée dans cet article incite à la plus grande méfiance.
a écrit le 06/09/2011 à 17:05 :
"une collecte de 962 milliards d'euros entre le 1er janvier et le 30 juin 2011"?
cela parait eleve au regards des autres donnees chiffrees de l'article.
Réponse de le 07/09/2011 à 14:47 :
il s'agit d'une "coquille" ..... il s'agit de millions et non de milliards
a écrit le 06/09/2011 à 15:02 :
Bonjour,

Pourquoi tous les commentaires postés ne sont-ils pas publiés ?

Merci de publier le mien posté hier soir, si c'est mon adresse mail qui gêne vous pouvez l'enlever.
a écrit le 06/09/2011 à 9:48 :
Les placements assurance vie en Euro en 2010 ont malgres tout offert un rendement plus securise que ces scpi a 4% net, et superieur au livret A.
a écrit le 06/09/2011 à 9:35 :
Pourquoi pas tremper son porte-monnaie à lourdes dans l'eau bénite !
Les billets en euro seront bientôt du papier hygiénique !
Réponse de le 06/09/2011 à 14:39 :
Ouais, ça me rappelle mes emprunts russes !
a écrit le 06/09/2011 à 6:54 :
Ou comment creuser sa propre tombe !!
a écrit le 05/09/2011 à 21:02 :
En cas de krach immobilier, ils vont être heureux les gogos qui auront investi dans des scpi
a écrit le 05/09/2011 à 15:58 :
Votre argumentaire est stupide, déjà dans les banques ily a 20 ans nous vendions des parts de scpi en nous bouchant le nez car nous savions que le pauvre client était plombé pour plusieurs génèration.
Réponse de le 06/09/2011 à 8:27 :
j'adore les banksters .. ils vendent des produits à leurs clients tout en sachant que ces produits sont complètement toxiques ...
Réponse de le 07/09/2011 à 8:52 :
Exact, comme le buraliste qui vend des cigarettes. Un banquier est un vendeur avant tout.
a écrit le 05/09/2011 à 15:17 :
Donc les français qui râlent sur l'immobilier, entretiennent de leur propre chef la bulle. Intelligent ça.

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